Londres 2012 - Premières impressions
Londres 2012- Premières impressions
Après bien des péripéties, retard de l’avion dû aux orages violents, report du départ d’heure en heure jusqu’à l’annulation pure et simple sur le coup de minuit pour cause d’équipage manquant (!) nous avons finalement atterri à Londres il y a deux jours. L’arrivée en soirée, plutôt qu’au petit matin après une nuit inconfortable dans l’avion, nous a permis d’apprivoiser plus sereinement le décalage horaire, ce comme quoi « à quelque chose malheur est bon ».
Nous sommes débarqués, c’est le cas de le dire, à notre hôtel en bordure de la Tamise, après avoir franchi l’un des célèbres ponts de Londres, le « Tower bridge » que nous apprécierons plus à la lumière du jour le lendemain. Lorsque je suis entrée dans ma chambre, j’ai eu le souffle coupé. Moi qui aime l’eau, j’étais servie à souhait. Par la grande fenêtre, les lumières chaudes de la rive opposée se reflétaient doucement dans les eaux sombres de la Tamise, dérangées à l’occasion par l’un des nombreux bateaux qui la sillonnent à toute heure du jour et de la nuit. Ce sera un rendez-vous quotidien, entre ce fleuve mythique et moi, que j’honorerai chaque jour en le saluant du balcon qui le surplombe.
Nous passons aux choses sérieuses dès le lendemain. Hier? Avant-hier? Je m’y perds déjà. Un premier contact au IBC (International Broadcast centre) dans le vaste parc olympique, pour y récupérer quelques effets, rencontrer les collègues déjà arrivés et nous partons tous ensuite pour notre site respectif, celui où se déroulera la compétition que nous décrirons. En ce qui me concerne, avec mon analyste Bernard Petiot, ce sera le North Greenwich arena, où les épreuves de gymnastique et de trampoline seront tenues. Le bâtiment est immense et à l’intérieur, avant d’entrer dans l’aire de compétition, il y a même des « rues » bordées de boutiques et de restos. Pour l’instant il n’y a personne à la porte, les pratiques ne sont pas ouvertes au public. Les athlètes s’exécutent donc devant nous seulement, un privilège dont je me sens bien chanceuse de pouvoir profiter.
Une journée les hommes, le lendemain les femmes. Même si la plupart des athlètes ne font pas leur routine entière de compétition, nous avons déjà un bel aperçu de ce que ce sera quand les choses seront sérieuses. Comme dans tous les sports, la progression de la discipline est incroyable. On se demande jusqu’où les athlètes se rendront. Les capacités du corps humain ne semblent pas avoir de limites… Ils réalisent devant nous des prouesses qui nous laissent pantois d’admiration, et déjà j’ai très hâte que ça commence pour vrai. Chez les hommes, attention aux Japonais, aux Russes, aux Chinois, aux Allemands, aux Américains. L’impression de force et de puissance qui se dégage de leur entraînement est incroyable. Le jour des qualifications, où les plateaux des six engins seront occupés en même temps, on ne saura plus où donner du regard.
Les femmes étonnent par leur agilité, leur grâce et leur contrôle absolu. Les Américaines, championnes du monde en titre, seront celles à surveiller. Plus que les Chinoises et même les Roumaines qui démontrent des faiblesses à certains appareils. Les Canadiennes, qualifiées pour la compétition en équipe, tenteront de terminer les qualifications parmi les huit pays qui pourront prendre part à la finale. Simplement de s’y retrouver serait un magnifique accomplissement tant la compétition est forte. Chez les hommes, un Canadien, Nathan Gafuik, esseulé dans une compétition féroce où il tentera de tirer le meilleur parti de son expérience olympique.
Les journées sont remplies et filent à grande allure. La découverte de Londres viendra plus tard, lorsque la compétition se réduira à une séance par jour. Demain peut-être, puisqu’il y a « congé » pour la journée de la cérémonie d’ouverture. En attendant, je vais aller saluer le fleuve avant de tirer les rideaux sur ma chambre, et essayer d’effacer les dernières traces du décalage horaire. Dormir…quelle perte de temps!








