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Claudine Douville

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Splendeurs et misères de la gymnastique

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Claudine Douville Catégorie : JO Mots-clés : gymnastqiue
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Magnifiques compétition en gymnastique artistique. Les dernières journées nous ont permis de découvrir des athlètes incomparables aux qualités diverses dont les exploits nous coupent le souffle. On se demande jusqu’où on pourra aller. Y a-t-il une limite aux mouvements que le corps humain peut faire? À la hauteur qu’un ou une gymnaste peut atteindre sans autre artifice que ses jambes et la propulsion de ses mollets? Aux défis que représente la haute voltige sur une poutre de dix centimètres de largeur?

L’Américaine Gabrielle Douglas a remporté la médaille d’or à la compétition toutes épreuves en survolant littéralement tous les engins…pour terminer à moins de trois dixièmes devant la Russe Komova, complètement effondrée devant les reflets d’argent de sa médaille. Gabrielle réalise tout un exploit. Sa première médaille internationale aura été la plus convoitée au monde au concours individuel. Comment expliquer la force et la puissance de cette jeune fille, presqu’encore une enfant, et qui porte admirablement bien son surnom d’ « écureuil volant »? C’est effectivement ce petit rongeur qu’elle évoque en volant d’une barre à l’autre, en défiant la gravité au-dessus de la poutre, deux appareils sur lesquels on la reverra à la finale aux engins.
Chez les hommes, le Japonais Kohei Uchimura a choisi la bonne journée pour retrouver sa touche magique, lui qui avait peiné en qualification et connu des ratés au concours en équipe. Mais hier, il était dans une classe à part. D’une remarquable constance, il a su éviter les erreurs et se donner le coussin suffisant pour ne plus être inquiété. Le triple champion du monde et médaillé d’argent à Beijing est allé chercher son dû. L’Américain Danell Leyva s’est accroché aux arçons et aux anneaux, et dans une telle compétition, ça ne pardonne pas. La surprise est plutôt venue de l’Allemand Marcel Nguyen, médaillé d’argent inattendu qui a su profiter des erreurs des autres, tout en allant chercher les meilleures notes aux anneaux et aux barres parallèles.

Au concours par équipe, les Américaines étaient intouchables. Elles n’ont jamais été inquiétées. Elles ont terminé en tête du classement avec un peu plus de cinq points d’avance, ce qui est gigantesque. Derrière la Russie et la Roumanie, une Chine défaite, dans tous les sens du mot. Mais derrière ce carré d’as attendu, une cinquième position qui a presque des allures de médaille. Le Canada termine devant la Grande-Bretagne, l’Italie et le Japon, améliorant de trois positions sa place de qualification. Un résultat inespéré, la meilleure performance canadienne aux Jeux Olympiques. Oui, en 1984 à Los Angeles, le Canada avait aussi terminé au 5e rang, mais la compétition était sous un autre format à l’époque, n’amenant pas les équipes en confrontation directe dans une finale. Et puis, rappelez-vous, les Russes n’étaient pas là. Ce que les filles ont réussi cette année est remarquable.

Si je termine sur la compétition masculine en équipe, c’est sciemment. À l’instar des Américaine, les Chinois s’étaient mis hors de portée avant la dernière rotation, mais derrière, trois équipes étaient à l’intérieur d’un point. Tout se jouait donc dans la dernière rotation. Aux arçons, Uchimura réussit une belle performance mais en entrant dans son mouvement de sortie, il vacille et descend en catastrophe de l’engin en faisant ce qui ressemblait beaucoup à une chute. Les points sortent et au tableau d’affichage on peut lire : Chine, Grande-Bretagne, Ukraine. C’est le délire dans la salle. Tout le public hurle, jamais les Britanniques n’ont remporté une médaille d’argent olympique et il faut remonter à 1912 pour une médaille de bronze. Mais ce bonheur sera douché quelques instants plus tard quand le tableau indique que les Japonais, mécontents du pointage accordé à Uchimura, ont déposé un protêt. Il faudra attendre quelques minutes de plus pour apprendre que le protêt a été reçu par les juges et que le Japon récupère 0.7 points, suffisamment pour le faire passer devant la Grande-Bretagne et pousser l’Ukraine hors du podium.

Après quelques huées compréhensibles, le public se reprend et salue chaleureusement le podium où les Japonais ont élégamment célébré sobrement leur triomphe. Mais plusieurs se seront demandé comment on pouvait gagner malgré une chute évidente… La réponse est dans le fragile équilibre entre le risque et l’exécution. Les efforts de la fédération internationale de gymnastique pour établir un code compliqué qui décortique chaque mouvement ont créé un problème inattendu. Il devient « payant » pour un gymnaste de prendre des risques de plus en plus grands, qui le récompensent au niveau de la difficulté d’exécution, quitte à encaisser une chute de temps à autre, chute pénalisée par seulement .10 point. Ça devient alors une question mathématique. Mais c’est là un débat délicat et un problème épineux sur lequel devra un jour se pencher la fédération internationale de gymnastique.

Trouver l’équilibre entre le risque et l’exécution est certes le défi le plus grand que rencontrent les athlètes de gymnastique artistique. Jusqu’où aller pour marquer des points? Jusqu’où pousser son corps avant le point de rupture? Jusqu’à ce qu’on réponde à ces questions, profitons des performances éblouissantes de ces magnifiques athlètes aux Jeux Olympiques.

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Louise Charpentier a dit...

@Claudine Excellent billet 5***** . Quel beau résumer de ce qui se passe en gymnastique. Un protêt car les Chinois ne sont pas contents, on enlève l'Ukraine du podium. Je n'avais pas compris comment on pouvais gagner en tombant de la poutre mais vous expliquez tellement bien la raison., que j'ai bien compris.

Puis poussez son corps pour atteindre la perfection c'est plus qu'incroyable.

Merci Claudine, pour ce magnifique texte qui nous résume à la perfection, ce qui s'est passé en gymnastique.

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