Trop vite
Plus haut, plus loin, plus fort… j’ajouterais à la devise : trop vite. Je savais que ces Jeux de Londres passeraient trop vite. Nous sommes déjà dans le dernier droit et je vois se profiler la fin des Jeux avec un peu de mélancolie par anticipation. Ce sont mes 7e Jeux Olympiques, et ceux-ci sont certainement parmi mon top 3.
Tout comme à Sydney, ces Jeux sont admirablement bien intégrés dans la ville et la population très accueillante, indeed. J’ai eu la chance d’aller voir quelques autres sites de compétition, et c’est fascinant de voir les épreuves équestres tenues dans l’un des grands parcs de la city, plutôt que loin à l’extérieur (même à Hong-Kong pour les jeux de Beijing!) comme c’en est l’habitude, ou le terrain de volleyball de plage comme une éclaircie au travers des édifices gris du centre-ville.
Malgré un achalandage accru, le transport fonctionne très bien et il est facile de se déplacer grâce au tube, version anglaise du métro particulièrement efficace et facile d’utilisation. La Tamise ajoute un charme indéniable à l’ensemble. Ce fleuve mythique fut aussi source d’étonnement pour moi. J’étais loin de soupçonner l’ampleur de ses marées qui laissent de grands pans de plage à découvert devant notre hôtel, pour ensuite gonfler le niveau de l’eau de plusieurs mètres. Et c’est un fleuve vivant, utilisé autant pour le transport, le commerce qu’à des fins touristiques.
La gymnastique artistique
La gymnastique artistique nous aura fait vivre bien des émotions. D’abord l’excellente 5e position de l’équipe féminine qui avait d’abord pour objectif de se qualifier pour la finale et qui a fait beaucoup mieux. Puis cette médaille d’or, toujours la seule du Canada au moment d’écrire ces lignes, de Rosannah Maclennan au trampoline. Un moment de grande intensité, une performance solide qui lui a permis de battre la favorite de la compétition, la championne olympique de Beijing et championne du monde en titre He Wenna. C’était très émouvant de voir monter le drapeau du Canada au-dessus des deux drapeaux chinois…
Et aujourd’hui, en conclusion d’une semaine spectaculaire, quatre finales aux engins dont celle à la barre fixe où la performance du néerlandais Epke Zonderland a fait bondir la foule dans un même élan pour saluer une exécution extraordinaire dans une routine au niveau de difficulté inégalé. Lorsqu’il a atterri au terme d’un ultime envol, on savait déjà qu’il aura la médaille d’or accrochée autour du cou. C’est dans ces moments de grâce que le sport olympique est à son meilleur.
Le podium
Je vais vous faire humblement une petite confession en vous racontant une anecdote… Il y a un vocabulaire particulier à chacun des sports. On a beau faire ses devoirs et bien se préparer, certaines subtilités peuvent parfois nous échapper. Depuis notre arrivée, avant le début des compétitions officielles, Bernard Petiot me disait qu’il voulait aller à la pratique de podium. Il insistait beaucoup et moi je le trouvais un peu zélé… Je me demandais quel intérêt il pouvait y avoir d’aller voir les officiel pratiquer les remises de médailles avec des figurants qui montent sur les marches du podium et des bénévoles qui font semblant de leur remettre médailles et fleurs. Mais bon, il semblait y accorder de l’importance…
Jusqu’à ce que je me rende compte qu’en réalité, il parlait de l’entraînement aux engins et comme ils sont montés individuellement sur des estrades, on appelle ça des podiums. Avouez que c’est confondant… Bernard rit encore…
Différences culturelles
Au terme de la première séance d’entraînement, nous voulons prendre le métro, plutôt que l’une des navettes de l’organisation des Jeux. Je m’approche de l’un des nombreux bénévoles et lui demande :
-Excuse-me sir, where can we take the subway?
-The tube? me répond-il. You want to take the train?
-No, not the train. (il y a un système de « railway » également) I want to take the subway (j’insiste).
-You mean, you want to eat a sandwich?
-Euh, non, I want to take the metro, well like a train but not outside…
-Ha, underground! Go this way…
-The tube then?
-Yes, the tube…
Et permettez-moi de vous dire que ce tube porte bien son nom!
La gymnastique artistique maintenant terminée, je passerai les prochains jours à la piscine où je décrirai les épreuves de nage synchronisée en équipe. Une autre médaille? C’est réalisable. N’ayons pas de petites ambitions!




Claudine Douville a dit...
Bonjour Martin,L'Angleterre faisait bien partie du tournoi, elle a perdu aux tirs au but en quart-de-finale contre la Corée. Elle était présente comme nation hôte et avait été désignée par les quatre fédérations britanniques pour représenter le Comité national Olympique de Grande-Bretagne et d'irlande du Nord. C'est le championnat d'Europe U-21 de 2011 qui a servi de qualification olympique pour la zone UEFA. L'Espagne, championne, la Suisse, finaliste, et le Bélarus, troisième, étaient les autres représentants européens.
Voilà pourquoi l'Allemagne, la Suède et le Portugal n'y étaient pas!
Martin Crytes a dit...
Bonjour Mme Douville, j'aurais une petite question pour vous. Puisque vous êtes une très bonne analyste de soccer, je suis certain que vous serez en mesure de me répondre. Je regardais les équipes qu'il y avait au 1er tour du tournoi olympique de soccer masculin et je ne voyais pas l'Allemagne, le Portugal, l'Angleterre et la Suède. Pouquoi donc, est-ce que c'est parce qu'ils n'ont pas réussi à se qualifier pour les Jeux Olympiques?Merci
alain surget a dit...
Bravo et merci je vous donne un 9.5/10 et même un 10 .Bonne journée et bonne fin des jeuxLouise Charpentier a dit...
@Claudine Un texte parfait nous faisant revivre les beaux moments des JO en gymnastique .... Tes descriptions sont fantastiques. Pour moi tes descriptions sont parfaites.Je vais te retrouver en nage synchronisé, ou une la fille d'une amie de la famille se produira. Ce sont ces premiers JO et crois-moi j'envie ma sœur d'y être . Londres a toujours été une de ses villes préférées .
Merci Claudine pour les textes magnifiques que tu nous offrent . Passe un belle semaine et je te souhaite un bon retour .

