Claudine Douville

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Los Jaguares, ra, ra ra!

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Claudine Douville Catégorie : Soccer Mots-clés : soccer mexique

Que fait un amateur de soccer en voyage au Mexique et plus précisément à Tuxtla-Gutierrez, Chiapas? Assister à un match de soccer bien sûr! Je ne pouvais résister à la tentation d’aller voir l’équipe locale, los Jaguares, recevoir les meneurs au classement général de la première division de la ligue mexicaine. Étouffés au milieu du classement, les Jaguars n’avaient pas gagné depuis quelque temps.

Le soccer est élevé au rang de religion au Mexique, et le Chiapas, l’état le plus au Sud du pays, reconnu pour ses attraits géographiques et archéologiques, n’échappe pas à la règle. En se rendant au stade Zoque , on croise la « porra », les « Ultras » de Tuxtla-Gutierrez, qui se réunit à quelque distance du stade pour entamer une marche d’une vingtaine de minutes durant laquelle les membres s’échauffent déjà la voix. Ils arriveront sur place chauffés à bloc.

Le vent soufflait avec force sur le stade Zoque composé de quatre estrades oranges, aux couleurs du club. Les sièges y sont coulés en béton, sauf pour la tribune aux places réservées, protégée des éléments. Les joueurs n’étaient pas encore sur le terrain que l’ambiance montait doucement dans le stade. Des slogans sont peints un peu partout : « Chiapas naturalmente jaguar », « El futból nos une » (Le football nous unit)... une pub de bière des plus intéressées : le support envers l’équipe locale a un effet direct sur la consommation de ce liquide dans le stade…

Le terrain est en très bon état, ce qui ne peut manquer de surprendre quand on voit la nature desséchée des alentours, le gazon réduit à l’état de chaume et les herbes jaunes dans les champs. Au début, les vendeurs de toutes sortes paraissent plus nombreux que les spectateurs, mais bientôt les gradins seront pleins et une rumeur enthousiaste se met à flotter sur le stade.

Le Jaguars s’amènent sur le terrain, ils font face aux « Cholos », dont l’emblème à tête de chien est sans équivoque : ce sera un match où on va montrer les dents! La sarabande des vendeurs commence... mais le menu offert ici est très différent. Graines de citrouille, fèves de Lima et cacahuètes grillées et assaisonnées de piment fort, pistaches, autres noix avec de la lime, maïs soufflé (le moins bon investissement du groupe à 25 pesos pour un sac minuscule) et surtout de la bière. De la Sol bien sûr, commanditaire oblige. Offertes dans des verres dont le rebord est enduit d’une sauce piquante, les prix sont loin de ceux négociés dans nos temples sportifs québécois : un litre (oui, un litre!) pour 50 pesos (plus ou moins 5 $) et un demi-litre à 25 pesos (vous comprenez pourquoi je dis que le maïs soufflé n’offre pas un bon rapport quantité/prix). L’alcool coulera à flots durant tout le match. La « porra » est infatigable. Tout le monde saute et hurle sans relâche, peu importe l’action sur le terrain. Et tout à coup, une autre porra lui répond. Et une troisième à l’autre bout du stade... et une quatrième avec tambours et trompettes. Méchante ambiance!

À la mi-temps, c’est toujours 0-0. Mais il y a de l’espoir, les Jaguars ont eu de belles chances en première mi-temps et jouent sans complexe devant le meneur de l’heure. À l’intermède, nous avons droit à un mini-match entre des mascottes, commenté dans le stade, mais qui ne soulèvera pas de grandes passions.

La deuxième mi-temps débute. Les Jaguars sont plus déterminés que jamais. À la 49e minute, l’arbitre siffle : pénalty! Un joueur de Tijuana est expulsé. Luis Gabriel Rey s’ajuste, tire... et marque! C’est le délire dans le stade de béton! Les quatre porras ne se contiennent plus. Privés d’un homme, les Cholos tirent de la patte. Les Jaguars flairent le sang... et Florin remet ça : 2-0!!!

Dès lors, on sent la panique dans les rangs des Cholos. L’entraîneur fait des changements rapides tandis que celui des Jaguars (surnommé « el Profe »… un prophète mexicain?) patiente. Il ne fera les siens que dans les dix dernières minutes du jeu. La victoire est au bout du coup de sifflet final de l’arbitre et le chant officiel de l’équipe est hurlé dans les haut-parleurs et repris à pleins poumons par les partisans en délire. L’équipe a accompli ce que l’hymne demandait : « Vamos a ensenarles, que somos muy fuertes, que hasta los campeones, aqui perderan »… Nous allons leur montrer que nous sommes très forts, que même les champions perdront ici!
Mais après ce match épique, les Jaguars se sont assoupis et traînent maintenant au bas du classement. J’aurai assisté à leur seule victoire en sept matches de la seconde moitié de saison. Souhaitons, pour toutes les « porras » du Chiapas, qu’il y en ait d’autres à venir!

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