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Blues en série, Blues en série! Wouhou!!!
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Haute spéculation (actions en Bourse/joueurs de la LNH)

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Cette chronique sera l’avant-dernière de la saison. Au lieu de parler de politique et de hockey, elle mêlera plutôt le hockey et la finance. La dernière chronique reviendra à la politique, après quoi je prendrai une pause avant de réfléchir à l’orientation future de mon blogue.

Auteur inconnu. Récupéré de : http://www.jokesy.com/2009-01/

Cette année, pour la première fois, j’ai participé à un pool. Je n’ai pas encore déterminé avec certitude l’équivalent français adéquat pour ce terme, mais les pistes les plus prometteuses sont poule et hockey de fantaisie. Je vous reviendrai là-dessus si mes recherches sont concluantes. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le concept de pool, en voici les règles de base : chacun des participants sélectionnent un certain nombre de joueurs pour se bâtir une équipe fictive; chaque joueur vaut un certain nombre de points selon ses statistiques de la saison précédente; chaque participant a un nombre maximum de points en banque pour intégrer des joueurs à sa liste; à la fin de la saison, le participant dont les joueurs sur sa liste ont collectivement amassé le plus grand nombre de buts et de passes gagne les sommes ou le prix mis en jeu. À mon bureau, par exemple, le gagnant s’est fait payer un dîner à la Cage au Sports. L’autre façon de bâtir son équipe est de procéder par « repêchage » : chaque participant, à tour de rôle, choisit un joueur parmi ceux disponibles, et on recommence jusqu’à ce que chaque participant ait atteint le nombre maximal de joueurs; évidemment, les joueurs les plus prisés seront sélectionnés les premiers.

Outils et spécialistes à votre disposition

Dès que je suis rentrée dans le monde des pools, j’ai été fascinée par sa complexité et sa frénésie. En fait, les poolers me faisaient tout simplement penser aux spéculateurs en Bourse. Toute une industrie s’est développée autour des pools de plusieurs sports. Au début de la saison, plusieurs revues publient un numéro spécial consacré aux pools, en plus des guides annuels. Chaque joueur y est décortiqué selon ses forces et ses faiblesses, son âge, ses blessures, son ardeur au travail, sa tendance à produire de façon régulière ou bien par séquences, etc. Des sites Web offrent des services de gestion de pool. Vous pouvez également télécharger des logiciels de gestion de pool et d’aide au repêchage. Enfin, en août dernier, le magazine Pool Pro a été lancé pour tous les amateurs de pools de hockey.

Droits d’auteurs : The Hockey News. Récupéré de http://www.thehockeynews.com/listings/60-Special-Issues.html.

Ce travail d’analyse me fait penser à celui des revues financières spécialisées qui analysent dans le moindre détail les entreprises cotées en Bourse : le chiffre d’affaires, les investissements dans la recherche et développement, l’état des infrastructures, l’appartenance à un secteur aux performances régulières ou volatiles, les projets d’expansion, les membres du conseil d’administration, etc.

De plus, tout comme des analystes financiers gagnent leur vie à écrire des articles pour vous recommander tel titre ou vous déconseiller tel autre, des journalistes et chroniqueurs sportifs profitent du début de chaque saison pour vous recommander de prendre certains joueurs et d’en éviter d’autres. Certains joueurs, comme Sidney Crosby (Penguins de Pittsburgh) et Alex Ovechkin (Capitals de Washington), sont considérés comme des « blue chips », des joueurs de premier ordre, qui vous rapporteront à coup sûr beaucoup de buts et de passes, mais qui vous coûteront beaucoup de « points d’achats ». D’autres, comme Marian Gaborik (Rangers de New York), étaient considérés à éviter à cause de leur propension à rater des matchs pour cause de blessures. Les recrues sont évaluées comme des entreprises en démarrage, en fonction de leur réussite dans les rangs mineurs.

Certaines entreprises en difficulté ont mauvaise réputation et sont dédaignés des investisseurs. Certains acheteurs, cependant, prévoient une reprise des affaires et achètent les actions de ces entreprises à un faible prix pour ensuite les revendre lorsque l’entreprise va mieux et que son cours est remonté. Les poolers expérimentés repèrent également les joueurs qui ne coûtent pas cher parce qu’ils ont connu une mauvaise saison à cause de circonstances sur lesquelles ils n’avaient aucun contrôle. C’est le cas de Tomas Plekanec (Canadiens de Montréal), qui avait connu une saison misérable en 2008-2009, subissant les contrecoups d’une saison épouvantable pour toute son équipe. Il s’est joliment rattrapé cette année, se hissant au premier rang de son équipe et au vingt-huitième de la LNH, au grand bonheur des poolers qui avaient flairé la bonne affaire en l’intégrant à leur équipe.

Droits d’auteur: AP Photo/Richard Drew. Récupéré du site http://www.livescience.com

Ça prend du flair

Évidemment, une fois la saison commencée, il arrive que des événements viennent contrecarrer les plans des poolers. Un joueur se blesse, un autre ne produit pas autant que prévu. Les investisseurs craignent aussi de telles catastrophes : l’incendie d’une usine, une poursuite intentée contre une entreprise, tout peut influencer les titres boursiers. Il faut alors décider s’il vaut mieux vendre les actions de cette entreprise ou attendre patiemment que la situation s’améliore. Dans de nombreux pools, un mécanisme permet d’échanger des joueurs, mais il y a une limite au nombre d’échanges. Vient alors l’angoisse de la décision. Tout comme l’investisseur se demande quel est le bon moment pour vendre telle action et d’acheter telle autre, le pooler se demande s’il doit laisser partir un joueur improductif qui pourrait très bien se réveiller, ou prendre tel autre qui connaît une saison extraordinaire mais pourrait se blesser à tout moment. On comprend ainsi les poolers qui, chaque jour, se jettent frénétiquement sur les statistiques des joueurs qui viennent d’être mises à jour, pendant que les investisseurs consultent fiévreusement les cotes boursières. Les uns comme les autres sont soumis aux aléas de la fortune.

Auteur inconnu. Récupéré dans http://www.sentences.org/stock-market-mentality/

Le pool peut prendre une importance démesurée dans la vie des participants. On peut citer comme témoignage la publicité radio de la compagnie d’assurances Essor à CKAC. Un homme un raconte qu’il est en train de devenir quelqu’un d’important et d’acquérir des chose : il a une nouvelle maison, une nouvelle voiture, une conjointe avec qui il attend son premier enfant… et il est au premier rang des poolers à son travail! Si j’étais sa conjointe, je ne serais pas excitée d’apprendre que mon conjoint met son pool de bureau au même rang que la fondation d’une famille.

La loi de la jungle

S’il y a une leçon que j’ai tirée de ma participation au pool de mon travail, c’est qu’à la Bourse comme dans les pools, mieux vaut ne pas parier gros si on n’est pas un vrai connaisseur. Peu importe les chroniqueurs, les revues, les statistiques : la constitution d’un pool ou d’un portefeuille n’est pas aussi scientifique qu’il n’y paraît, et de nombreux joueurs comme de nombreuses actions sont sélectionnés à cause d’une réputation surfaite et non en raison d’une analyse rigoureuse. Combien d’investisseurs ont fait faillite parce qu’ils ont dépensé une fortune sur un « coup de cœur »? Combien de poolers sont-ils passés à côté d’un joueur d’un excellent rendement parce qu’ils n’aimaient pas son arrogance?

Et les résultats? me demanderez-vous d’un ton narquois. Ils ont été pitoyables. Anze Kopitar (Kings de Los Angeles) s’est révélé une heureuse surprise, mais Michael Cammalleri (Canadiens de Montréal) a produit en deçà des attentes en plus de manquer six semaines à cause d’une blessure au genou, Jonathan Cheechoo (Sénateurs d’Ottawa) a été médiocre, et tous mes échanges se sont avérés des fiascos. Après m’être maintenue en milieu de peloton une bonne partie de la saison, j’ai misérablement coulé au dernier rang des poolers de mon bureau. Ça m’apprendra.

Varia :

- Autre indice que le hockey ressemble à la politique : les entraîneurs, comme les politiciens, parlent pour ne rien dire. Ceux qui comprennent l’anglais pourront apprécier la démonstration qu’en fait Mike Boone, de La Gazette, à l’aide de la retranscription d’un point de presse de Jacques Martin, entraîneur-chef des Canadiens de Montréal.

- S’il y a une chose, une seule, qui me dégoûte dans le hockey, c’est la fierté que retirent certains joueurs de se faire casser les dents, comme si cette « blessure de guerre » leur faisait mériter une médaille. Jeudi dernier, Claude Giroux, des Flyers de Philadelphie, a perdu deux dents après un double-échec de Josh Gorges (Canadiens de Montréal). Il a déclaré qu’il avait « toujours rêvé de perdre une dent en jouant au hockey, et là [il en a] perdu deux ».
Le journaliste Luc Gélinas a vanté le courage de Ian Laperrière, des Flyers de Philadelphie, qui, après s’être fait casser sept dents en bloquant un tir, a demandé la permission à son soigneur de retourner au jeu.
Hier, le défenseur Duncan Keith, des Blackhawks de Chicago, a bloqué un tir… et a reçu la rondelle en plein sur la bouche, se faisant fracasser sept dents. L’une d’entre elles s’est logée dans sa gorge, le forçant à tousser pour la recracher. Malgré tout, il s’est fait injecter suffisamment d’analgésiques pour retourner au jeu avant la fin de la période et récolter une aide sur le but qui a permis aux siens d’égaliser la marque avant de l’emporter 4-2 sur les Sharks de San José.
Ma mère a toujours été d’une insistance maniaque pour que ses enfants prennent un soin jaloux de leurs dents. C’est probablement la raison pour laquelle ces fractures de dents me lèvent le cœur, et encore plus le « courage » primitif de ces joueurs qui en font si peu de cas.

- En relations publiques, chaque détail compte. Samedi, les billets pour assister au match de séries entre les Canadiens de Montréal et les Flyers de Philadelphie comportait la photo de Carey Price accompagnée de Jacques Plante et de Ken Dryden. Banal, direz-vous. Les billets étaient imprimés depuis trois mois, explique l’organisation des Canadiens.
Peut-être. Sauf qu’étant donné l’historique de la controverse des gardiens, Allan Walsh, l’agent de Jaroslav Halák s’est permis un rappel à l’ordre à l’endroit de l’organisation, qui a souvent traité son client comme un bouche-trou, alors qu’il est maintenant le héros des séries dans son équipe. Walsh, qui assume sans complexes son personnage d’agent arrogant et baveux, se sert de cette réputation pour faire le travail ingrat de « chialage » nécessaire à la défense des intérêts de son client, qui peut ainsi demeurer le gentil garçon poli que Montréal a toujours apprécié.

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mr_taz a dit...

Un peu long mais quand même intéressant! 5*****

À+

pascal desrosiers a dit...

un peux trop long

buzzz29 a dit...

Excellent billet moi J achète ACHÈTE...J ACHÈTE*****

QcFan a dit...

Wowo, très bon billet! *****

:)

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