Daniel Aucoin

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Une autre médaille canadienne non payante

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Daniel Aucoin Catégorie : JO

Allo tout le monde !

Mark de Jonghe a gagné la cinquième médaille canadienne au bassin olympique de Eton-Dorney. Après deux médailles en aviron (le huit masculin et le huit féminin), l’équipe de canoë-kayak en a gagné trois individuelles (Adam van Koeverden K-1, 1000 m; Mark Oldershaw C-1, 1000 m et de Jonghe, ce matin, en K-1 200 m).

Et si j’écris non payante dans mon titre, c’est qu’une lectrice me parle d’argent dans le sport. Qu’on se comprenne bien ici, je ne veux pas passer pour un chiâleux parce que les gens de sport faisons le choix de vivre de notre passion. Personne ne nous y oblige.

Au Canada, un athlète olympique qui fait partie de l’équipe nationale de son sport reçoit automatiquement 18 000 $/an du gouvernement fédéral et, au Québec, les athlètes peuvent recevoir un supplément du gouvernement provincial pouvant aller jusqu’à 10 000 $. Ce type de supplément est moins généreux dans les autres provinces. Nos athlètes ont aussi droit à autant d’années universitaires gratuites que d’années au cours desquelles ils ont fièrement représenté le Canada. De plus, celles et ceux pratiquant des sports à fortes dépenses obtiennent presque tous des bourses ici et là. Au Québec, le plus grand pourvoyeur de bourses aux athlètes est la Fondation de l’athlète d’excellence du Québec.

Comme nos athlètes n’ont pas à déclarer leur 18 000 $ d’Ottawa comme salaire imposable, on peut dire qu’ils font autour de 30 000 $/an net. Ça semble bien, très bien même. Mais évidemment, il n’y a aucun fonds de pension ou bonus à la performance. Et quand tu accroche ta rame, ta pagaie ou tes patins de vitesse, tu perds tous tes revenus. That’s it, that’s all. Et parfois, tu accroches à cause d’une blessure ou d’une contre-performance lors de sélection nationale. La fin peut être joyeuse aux jeux olympiques, mais elle peut aussi être très pénible.

Tout ça est correct puisque les athlètes le savent très bien. Ils vivent donc de leur passion et peuvent s’éduquer gratuitement. Le hic, c’est que lorsqu’ils se retirent à 25-30 ans, ils n’ont aucune expérience professionnelle ni ancienneté.

Voilà pour les athlètes.

Pour les entraîneurs nationaux, des salaires de 50, 60 ou même 70 000 $ peuvent être encaissés au Canada. La plupart de ces entraîneurs signent des contrats de quatre ans, de Jeux olympiques en Jeux olympiques. Ton équipe a du succès, on te réembauche. Ton équipe ne gagne pas ? Eh bien, tu te cherches un autre emploi.

Là où le bât blesse plus, c’est plutôt pour les entraîneurs de club. Ceux-ci sont presque tous des bénévoles «déguisés». J’écris «déguisés» parce que la plupart d’entre eux reçoivent un salaire. Mais ce salaire est souvent un 4 ou 5 000 $/an, mais avec 3 ou 4 000 $ de dépenses et de congés non-payés par l’employeur. Bref, les entraîneurs de club ne peuvent vivre de leur enseignement. Et dans bien des cas (je pourrais donner des noms), puisqu’ils occupent un bon emploi de jour, ils refusent leur salaire pour permettre au club de fermer les livres à la fin de l’année.

Ils font donc le bénévolat qu’ils veulent bien faire. Et qui serait bien placé pour les blâmer de ne pas vouloir en faire plus ?

Et c’est là que c’est dommage. Parce que si nos entraîneurs de club pouvaient vivre de leur passion, tous les clubs de sport du Québec offriraient de bien meilleurs services. Ces entraîneurs pourraient sortir 1001 jeunes de la rue ou de leur sous-sol et entraîneraient aussi des adultes trop sédentaires.

Un apport monétaire aux clubs de sport serait donc une économie en soins de santé et surtout en vandalisme et en délinquance. Un seul délinquant, un seul, coûte une fortune à la société en policiers, procureurs, travailleurs sociaux, juges, gardiens de centre jeunesse, etc. Et ce, sans compter qu’il y a de forts risques que ce délinquant devienne un adulte coûteux. Si un entraîneur de sport garde dans le droit chemin un seul adolescent qui est à la limite de prendre le bon ou le mauvais chemin, il vient de faire économiser des milliers de dollars à la société. Un seul adolescent par année et la société est gagnante.

Juste en aviron, demain matin, l’Association québécoise d’aviron pourrait embaucher une dizaine de passionnés à temps complet. En moins d’un an, des dizaines et des dizaines de jeunes seraient initiés et pourraient rêver de devenir des champions. Mais non seulement cela : des dizaines et des dizaines de jeunes et d’adultes de tous les âges pourraient s’adonner à un sport sécuritaire et agréable où les blessures sont rarissimes. Mais actuellement, il n’y a pas d’emplois permanents sûrs. Il n’y a donc que des bénévoles et quelques fous comme moi qui acceptons des salaires de crève-faim pour faire le travail.

Mais c’est NOTRE choix, nous n’avons donc pas le droit de chiâler. C’est comme ça.

Mais si par hasard, vous connaissez un millionnaire qui cherche à changer la vie de certaines personnes, donnez-lui mes coordonnées avec plaisir.

Et un jour, à la télévision, un médaillé olympique pourrait dire : « Je veux remercier mes parents et mes entraîneurs. Mais aussi monsieur X qui payait mon premier entraîneur, celui qui m’a initié à mon sport; qui m’a formé aux bonnes habitudes de vie et qui m’a donné le goût de me dépasser.»

Salut
-
Les opinions exprimées sur ce blogue sont les miennes et ne reflètent pas nécessairement celles du Consortium médiatique canadien de diffusion olympique.

Daniel Aucoin, présentateur Aviron et Canoë-kayak – RDS

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luc pruneau a dit...

bravo et vrai les solutions sont simples

manning #18 a dit...

30 000 $ pour étudier et faire du sport pas pire... pendant ce temps certain vont s'endetter d'autant pour leur études et payer pour le gym ou jouer dans une ligue de garage

ringuet denis a dit...

Bon billet.
Dans le G-8, voici les classements. U.S.A:1-JAPON:11-Allemagne:6-Angleterre:3-France:7-Italie:8-Canada:36-Russie:4.
Je pense que le Canada doit faire ses devoirs avant de faire des prédictions qui ne sont pas réalistes.L'angleterre avec sa lotterie pour le sport est l'exemple que le Canada doit suivre.

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