Rémi Villemure

Rémi Villemure

Homme | 19 ans

206
coéquipiers
73
abonnés


visites

Merci à tous. Au revoir.
140 caractères

Dernière connexion:

Minimiser
Mes blogueurs préférés
Minimiser
Mur de commentaires

« La pression vient des propriétaires » - Raymond Bolduc

Vues: 11 votes
Rémi Villemure Catégorie : LHJMQ
126324_large

Qui aurait cru un jour que la discipline ferait autant jaser au hockey? Certains ont dit que c’était inévitable tenant compte de la vitesse, de l’équipement des joueurs et de leur gabarit. Tout ça a entraîné une médiatisation des coups à la tête et des gestes dits salauds. Les grands gagnants dans cette histoire? Les commissaires, peut-être. Gary Bettman est beaucoup moins sollicité que Brendan Shanahan ne l’est depuis le début de la saison. Dans la LHJMQ, le coup de genou de Jonathan Lessard à l’endroit de Nick Sorensen a placé Raymond Bolduc, préfet de discipline, à l’avant-scène. On a complètement oublié Gilles Courteau, pourtant commissaire du circuit junior majeur québécois.

Raymond Bolduc travaille pour la LHJMQ depuis maintenant 29 ans. Outre son poste de préfet de discipline, il occupe également un poste au comité hockey de la ligue et il est responsable, depuis un peu moins de dix ans, du calendrier régulier. Il en avait beaucoup à dire lorsqu’il s’est fait demander à quoi ressemblait une semaine typique de préfet de discipline :

« Disons que c’est supposé être un travail à temps partiel. Tous les matins, je reçois des e-mails de la ligue parce que je suis sur le comité hockey. Tous les lundis en après-midi, on a un appel conférence. On révise les dossiers de discipline et les punitions majeures décernées au cours de la fin de semaine. Je donne mon compte-rendu, de même que l’arbitre en chef, Gilles Courteau, Marcel Patenaude et Pierre Leduc. On fait ça le lundi parce que normalement, c’est durant la fin de semaine qu’on voit le plus de gestes à analyser. À tous les soirs, je vais voir les feuilles de matchs et je regarde s’il y a des codes 20 qui ont été signalés. S’il y en a, les arbitres m’envoient des rapports écrits et le lendemain matin, je révise ça au complet » mentionne Bolduc, au bout du fil.

Le règne de Colin Campbell a fait énormément couler d’encre ces dernières années. On a mis en doute sa compétence et surtout le fait qu’il semblait parfois amorphe devant des gestes pourtant lourds en conséquences. Raymond Bolduc se souvient de cet homme comme un préfet constant, mais peut-être pas assez sévère. La LHJMQ travaille avec la LNH quand la situation l’exige :

« Même si c’est à moi que revient la décision finale, je consulte tous les gens que je veux. Je reçois des recommandations, mais la décision finale vient de moi-même. On consulte même la ligue nationale. »

Mentionnons que cet été, la ligue a révisé sa politique de discipline à l’endroit de trois coups précis : les coups à la tête, les mises en échec par derrière et les coups de genoux. La LHJMQ a pris l’initiative d’envoyer des vidéos aux différents gouverneurs et a établi une série de grades et de critères d’évaluation. Toutes ces décisions n’ont pas empêché les critiques de se faire entendre. Patrick Roy a même qualifié Bolduc de « trop gentil » pour ses fonctions.

Le préfet blâme indirectement les équipes : « Malheureusement, les clubs ont tendance à oublier les critères d’évaluation quand des gestes se produisent. Est-ce que ce sont les émotions qui entrent en ligne de compte?» se demande Bolduc.

Beaucoup de pression

Ce métier a l’air de tout sauf d’une job évidente. On chuchote en coulisses qu’il y a beaucoup de lobbying dans les bureaux de la LHJMQ. Les propriétaires font-ils des coups de téléphone incitatifs? Les équipes tentent-elles de marchander des décisions avantageuses? Raymond Bolduc admet qu’il y a énormément de pression venant de l’extérieur :

« C’est sûr qu’il y a des gens qui essaient de mettre beaucoup de pression, mais je dois faire abstraction de tout ça. Moi, ce que je dois prendre en considération, c’est uniquement le geste. À chaque fois que je prends une décision, j’ai de la pression des deux clubs. Il y a le club dont le joueur est blessé et qui est frustré et il y a aussi le club qui aligne le joueur fautif. Si je ne suis pas capable de vivre avec ça, je ne suis pas à la bonne place » de dire Raymond Bolduc.

Selon le principal intéressé, le plus difficile c’est de ne pas avoir de tribune pour répondre aux critiques. Il n’aurait pas pu répondre à Patrick Roy, par exemple. Ça aurait été un manque de professionnalisme. Il estime que c’est la contrainte la plus difficile à accepter : « Tu ne peux pas faire l’unanimité. Il y a toujours des moments où tu deviens controversé. Ce n’est pas une science exacte, on juge tous les gestes selon des critères. Ce n’est pas un travail évident » admet-t-il.

D’ailleurs, il cite en exemple la situation actuelle de Brendan Shanahan. Ce dernier commence à se faire sérieusement critiquer depuis qu’il a décidé de blanchir Milan Lucic :

« Il donnait de grosses suspensions en matchs préparatoires, mais depuis le début de la saison, on en voit pas beaucoup de grosses suspensions de 8-10 matchs. C’est pour ça que je dis que la pression devient énorme. Elle vient des propriétaires.

Si Ovechkin ou Crosby est suspendu, les propriétaires doivent continuer à vendre des billets. J’ai cette même pression dans la LHJMQ, mais à un autre niveau. »

Feed
Avec la collaboration du Fonds Bell  |  Termes et conditions  |  Code de conduite  |  Contactez-nous
© RDS.ca 2010