Nicolas J.

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Hockey aux J.O 2014 de Sotchi : rêves et certitudes

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Jeux Olympiques. J’imagine que, dès lors que vous avez lu ces deux mots, des images se sont mises à tournoyer dans votre tête. Quel que soit votre âge, quel que soit votre nationalité, cela vous renvoie à vos souvenirs, à la fois proches et très lointains, et peut-être à vos rêves. Cette grande messe, elle nous accompagne depuis notre enfance et elle nous suivra jusqu’au bout. Comme un bon ami que l’on a toujours plaisir à revoir tous les quatre ans, été comme hiver, et qui nous raconte à chaque fois de nouvelles histoires, tristes ou joyeuses, que nous n’oublierons jamais.

Jeux Olympiques. Ces deux mots signifient énormément pour tout athlète. Chacun souhaite plus que tout y participer au moins une fois dans sa vie et seulement pour une infime minorité d’entre eux, ils les gagneront. Depuis 1998 et l’Olympiade de Nagano au Japon, le tournoi de hockey a pris du gallon grâce à l’entrée en piste des joueurs de la Ligue Nationale. Avec cette mesure, quatre Jeux Olympiques ont permis la mise en place d’une véritable épreuve-reine de hockey, celle qui mettra tout le monde d’accord, éclipsant une Coupe du Monde trop occasionnelle et dépendante de la volonté du patron Bettman et des Championnats du monde totalement boudés par l’Amérique du Nord. En cela, les victoires de la République Tchèque (1998), du Canada (2002 et 2010) et de la Suède (2006) sont incontestables, incontestées et nous donnent ce fameux goût de reviens-y.


La Russie, entraînée par le très rigoureux Bilyaletdinov et avec toutes ses stars LNH/KHL, a impressionné lors d’un tournoi en décembre et semble d’ores et déjà prête pour SES Jeux Olympiques.

Et ce ne sont pas les Russes qui vont me contredire, première nation mondiale, balayée sèchement en 2010 par le Canada 7-3, irrésistible en décembre dernier lors de la Coupe Channel One car renforcée par ses meilleurs éléments et hôte des Jeux de Sotchi en 2014 au cours desquels la victoire sera obligatoire. Le conflit de la Ligue Nationale ayant retardé la décision quant à la participation des meilleurs joueurs au monde, nous ne savons pas au jour d’aujourd’hui si ce sera le cas. Même si la totalité des joueurs sont pour. Même si les Russes sont persuadés d’y aller. Même si cela s’avère nécessaire pour l’image et la promotion de ce sport. Même si Alexander Medvedev, patron opportuniste d’une KHL qui s’étend dans toute l’Europe (République Tchèque, Italie, Croatie et de nombreux projets), se régalerait d’un tel refus. Au jour d’aujourd’hui, malgré les deux jours de négociation jeudi et vendredi, le dossier n’a pas été finalisé, les premiers échos semblant plutôt optimistes.

Alors que l’incertitude plane sur le tournoi de hockey, 24 nations se sont battues pour rejoindre les 9 déjà qualifiées. Car pour y participer, c’est un combat de chaque jour, la chance étant donnée à de petits et modestes candidats qui savent que leur chemin sera trop escarpé mais qui s’obstinent à une chose : rêver. Cela a commencé le 17 septembre lors d’un week-end où la Croatie s’est qualifiée pour la prochaine étape aux dépens du Mexique, de la Serbie et d’Israël. Les rêves des croates ont vite été balayés en novembre au cours d’une nouvelle étape qui a vu les Pays-Bas, l’Ukraine et la Grande-Bretagne poursuivre leur chemin. Et ce chemin a pris fin lors de la dernière phase de qualification organisée entre le 7 et 10 février.

Pourtant des surprises, il y en a eues. La Slovénie, sans sa superstar Anze Kopitar, mais faisant preuve d’une solidarité, d’une énergie et d’une efficacité aussi impressionnantes qu’insoupçonnées, a obtenu son billet en écartant notamment le Danemark, nation grandissante et organisatrice de son tournoi. Organiser son tournoi n’a pas été non plus utile à l’Allemagne. Présente depuis 1928 aux Jeux Olympiques (hormis ceux de 1948 auxquels elle n’a pas été invitée), il est absolument inconcevable pour les Allemands de ne pas voir leurs favoris défiler à la cérémonie d’ouverture. Pourtant, ils devront la regarder à la télévision, poussés en prolongation par leurs vaillants cousins autrichiens lors de l’ultime journée ce qui les a condamnés.



L’Autriche s’incline en prolongation contre l’Allemagne mais arrache un point à leurs rivaux qui les envoie à Sotchi. Pour l’Allemagne, habituée des Olympiades, c’est un cauchemar

On arrive au chapitre le plus difficile pour moi à aborder, cette dernière bouchée ayant encore du mal à l’avaler. Voyant l’Autriche, la Slovénie se qualifier, j’espérais une troisième surprise, la plus belle pour moi, pour l’équipe de France dont la dernière participation aux Jeux remonte à 2002 et passé près d’un quart de finale lors du Mondial 2012. Il est vrai qu’il y avait quelques points qui jouaient en sa défaveur. D’abord plusieurs absences : Stéphane Da Costa et Antoine Roussel (en LNH), Anthony Guttig et Nicolas Besch. D’autre part, cette qualification se jouait en Lettonie, quelque peu en déclin depuis quelques années mais poussée par plus de 10.000 spectateurs, habitués à encourager le Dinamo Riga. Enfin, il faut bien avouer que la France n’avait pas bien amorcé son début de parcours : défaite d’entrée contre le Kazakhstan (3-2) et victoire brouillonne contre la Grande-Bretagne (4-2).

Le dimanche 10 février 2013, un défi attendait les Bleus : vaincre dans une véritable fosse aux Lions la Lettonie de Ted Nolan par deux buts d’écarts ce qui les mèneraient au bord de la Mer Noire l’an prochain. Finalement, au cours d’un match héroïque, malgré un Cristobal Huet à son sommet et le courage de tous, les Français n’ont été aux Jeux Olympiques que la moitié du match. Le temps que Damien Fleury, qui fait actuellement un malheur en Suède, et Laurent Meunier, l’homme aux trois poumons, permettent à la maison bleue de prendre les devants 2-0 avant de céder à la mi-match. A la fin des 60 minutes, tandis que le score était de 2-2, score suffisant à la Lettonie pour aller à Sotchi, on vit alors une situation surréaliste : les Baltes se jetèrent sur leur gardien Edgars Masalskis alors qu’une prolongation était à jouer. Dans la période supplémentaire, Pierre-Edouard Bellemare, l’un des meilleurs joueurs français en activité à l’heure actuelle, donna la victoire à la France, sans esquisser un sourire, constatant les larmes aux yeux pour la majorité de ses coéquipiers. Ironie de l’histoire, c’est la première victoire en compétition officielle de la France contre cet adversaire. La Marseillaise retentit, “la plus triste que je n’ai jamais entendue de ma vie”, déclara Huet.

A nos yeux, le sport est parfois impitoyable tout comme il peut être grandiose. Ce pouvoir électrisant, décuplé aux Jeux Olympiques, qui nous fait frémir, pour le meilleur et pour le pire, c’est ce qui nous donne l’envie d’y revenir. Vivement Sotchi, n’est-ce pas Monsieur Bettman ?


Lettonie vs France, commentaires assurés par Nicolas Baillou et Philippe Bozon, ancien joueur des Blues et père d’un certain Tim


La victoire décisive de la Slovénie face au Danemark

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Nicolas J. a dit...

Un petit merci pour le carrousel !

Nicolas J. a dit...

@Amélie :

Merci de ton commentaire, bonne journée !

Amélie Delobel a dit...

Excellent billet comme toujours Nicolas 5*****


Vraiment dommage pour la France, j'aurais aimé moi aussi voir les Français aux Olympiques, sûrement parce que j'ai du sang français ;)

Encore une fois très bon billet et GO CANADA GO :)

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