Les leçons de l’Euro
1) Ne jamais douter de la Squadra Azzura lorsqu’elle affronte les Allemands. 2) Se méfier doublement des Azzuri quand un scandale ternit l’image du calcio. 3) C’est connu, les Italiens sont des stratèges tactiques et ils ont une mentalité gagnante mais ils sont rendus beaux à voir jouer!
En plus ils sont doués pour faire ravaler les paroles des experts qui ne les croyaient pas capables de faire un bon tournoi. Je dois faire mon mea culpa car j’ai plus d’une fois remis en question les choix de Cesare Prandelli. Le sélectionneur italien connaît un tournoi exceptionnel avec ses variantes tactiques étonnantes. Son projet de jeu permet de tirer le meilleur des joueurs de son effectif et, sous sa gouverne, la Nazionale semble éviter le type de controverses qui ont miné le camp des Bleus ou des Oranje.
Mister Prandelli

Après le récital d’Andrea Pirlo face aux Anglais en quart, le onze italien s’est brillamment farci une Mannschaft à laquelle il semblait manquer un ou deux boulons. D’ailleurs, je ne peux m’empêcher de penser que les Allemands de Joachim Löw sont les nouveaux Français : une équipe remplie de talent qui n’arrive pas à gagner le gros match pour s’emparer du titre!
Oui, oui, j’ai bien dit la France! Mais avant que vous ne m’envoyiez une pléthore de commentaires à la défense des Bleus de l’ère Black-Blanc-Beur, je précise que je fais plutôt référence à l’équipe de France des années 80 avec Platini, Giresse et Tigana. Même si cette équipe avait remporté l’Euro 84 chez elle, on se souvient surtout d’elle pour ses défaites en demi-finales des Coupes du Monde 1982 et 1986 devant la RFA. À cette époque, la Franc n’avait jamais gagné de titre mondial en sport collectif et le pays en faisait une psychose.
Une Roja tiède
En finale, la Squadra Azzura retrouvera l’Espagne qu’elle avait tenue en échec lors de la phase de groupe. Il est à souhaiter que le dernier match du tournoi soit à la hauteur de ce premier épisode de grande qualité.
Un duo dynamique

La Roja a perdu de sa superbe durant cet Euro. Confrontée à des adversaires qui tentent de reproduire la recette de Chelsea face au Barça en Ligue des Champions, l’équipe de Vicente Del Bosque semble parfois à court de solutions. C’est peut-être l’effet de nouveauté qui s’estompe, mais le jeu des Ibères n’affiche plus autant de créativité qu’auparavant. Avec Torres, ou Negredo, on dirait que la Roja fonce dans le mur tandis que la variante Cesc congestionne un milieu qui étouffe déjà. Si la paire Iniesta-Jordi Alba donne satisfaction sur le côté gauche, l’Espagne devient de plus en plus prévisible en abusant des combinaisons sur ce flanc – ce qui ne l’a pas empêché de battre deux défenseurs français alignés là spécifiquement pour les contrer.
J’espère donc un match digne d’une finale entre deux équipes capables d’offrir un grand spectacle. Et comme le soccer est souvent injuste, je souhaite une victoire méritée pour la nation qui aura le mieux déployé ses atouts. Bon match!



