Comme l’Impact se prépare à affronter l’Union à Philadelphie dès demain, l’occasion me paraissait idéale pour faire une rencontre avec un ancien porte-couleurs du club de la cité de l’amour fraternel: l’ailier gauche du onze montréalais, Justin Mapp.
J’ai rencontré l’élégant dribbleur originaire du Mississippi à la suite de l’entraînement de jeudi au Centre Claude-Robillard. Rares sont les joueurs professionnels issus de cette région des Etats-Unis et j’étais curieux d’apprendre de quelle façon Mapp était parvenu à faire carrière dans le domaine. Voici l’essentiel de l’entrevue que nous avons réalisée ensemble.
Mapp a déjà fait sa marque cette saison pour l’Impact

PL: Peux-tu me décrire l’environnement dans lequel tu as grandi au Mississippi?
JM: C’est un endroit tranquille que j’aime bien. [Mapp considère encore le Mississippi comme son véritable chez-soi]. C’est un état rural avec un rythme de vie plus lent. À l’époque, le soccer était en croissance – pas aussi gros que le football ou le baseball – mais il y a de plus en plus de joueurs qui jouent là-bas.
PL: Où as-tu joué?
JM: Dans un club local nommé Jackson Futbol Club. Il n’y avait pas des tonnes d’équipes au Mississippi. J’ai eu la chance de me mesurer à de bonnes formations des états voisins et j’ai fait partie du programme ODP (Olympic Development Program) vers 13 ans. Par la suite, j’ai été sélectionné pour faire partie de !l’Académie de Bradenton!:http://www.imgacademies.com/soccer-academy/ en Floride avec les meilleurs U17 du pays.
PL: À quel âge as-tu quitté la maison?
JM: J’ai déménagé à 16 ans en Floride où j’ai fait partie du programme de Bradenton pendant deux ans, jusqu’à ce que je sois repêché par DC United en 2002. [Mapp faisait alors partie du défunt programme de formation appelé Project-40 qui est devenu Génération Adidas.
Mapp a joué en équipe nationale à 8 reprises

PL: Comment se sont passé tes premières années en tant que pro?
JM: Je ne jouais pas beaucoup. Je me suis joins à l’équipe au milieu de l’été une fois que j’ai terminé mes études secondaires. J’avais 17 ans. Puis, j’ai fait partie d’un échange qui m’a envoyé à Chicago. [Mapp a joué avec le Fire pendant 8 saisons de 2003 à 2010].
PL: De quelle façon as-tu changé en tant que joueur depuis tes débuts professionnels?
JM: J’ai appris beaucoup après toutes ses saisons. J’ai côtoyé plusieurs bons joueurs et j’ai toujours essayé de m’inspirer de ce qu’ils faisaient de bien pour m’améliorer.
PL: Tu as toujours joué sur le flanc gauche? [Mapp a été utilisé pour la première fois dans l’axe face à Columbus en raison de la suspension de Felipe].
JM: Oui, j’ai toujours été un milieu gauche. À l’occasion, on m’a fait joué à droite au cours des années, mais surtout sur le flanc gauche.
PL: Tu parles de grands joueurs que tu as eu la chance de côtoyer. Ça se passe bien avec Di Vaio, Nesta et Ferrari?
JM: C’est spécial. On connaît leur palmarès et on espère pouvoir apprendre d’eux. Ça fait longtemps que je suis dans le milieu mais c’est toujours spécial.
PL: Ça t’aiderait de parler l’italien?
JM: Je pense que oui! Je pensais apprendre le français mais je m’interroge sur laquelle des deux langues me servirait davantage dans le contexte actuel.
PL: En plus d’être dans une équipe d’expansion, le club a fait plusieurs nouvelles acquisitions durant la saison. Comment fais-tu pour t’adapter aux changements de personnel et au changement de système?
JM: Ça fait assez longtemps que je suis dans le circuit et j’ai appris que rien n’est coulé dans le béton. Les changements sont constants, que ce soit les joueurs, le staff, la façon de jouer ou les blessures. On est toujours en train de s’adapter. Sur le plan personnel, il faut se concentrer sur son rendement, s’assurer d’être à son meilleur niveau de façon régulière en espérant que l’équipe tourne bien.
PL: As-tu des objectifs personnels pour le reste de la saison?
JM: Je n’aime pas trop me mettre des chiffres en tête. J’ai eu plusieurs blessures dans les dernières années qui ont interrompu de bonnes séquences. J’aimerais rester en santé pendant les 14 matchs qu’il nous reste à jouer et aider l’équipe à s’approcher d’une place en séries. C’est un objectif encore atteignable.
PL: Que penses-tu de Montréal? Que fais-tu quand tu n’es pas sur le terrain?
JM: J’ai déjà dit qu’il faisait froid – il faut dire que je viens du Sud! – mais je trouve maintenant que c’est plus agréable en été. En général, quand je ne suis pas sur la pelouse, je cherche à prendre du repos. Mais je suis allé au Cirque du Soleil dans le Vieux-Port. C’est près d’où j’habite. Je suis passé au Festival de Jazz deux fois. J’observe les gens, c’est agréable.
PL: Si tu pouvais apporter une chose des Etats-Unis à Montréal, qu’est-ce que ce serait? De quoi t’ennuies-tu?
JM: De la cuisine du Sud. Celle de ma grand-mère. Par exemple, de la Jambalaya, des mets Cajuns. Je suis sûr qu’on en trouve ici, mais je m’ennuie de la cuisine de ma grand-mère.
PL: Si tu pouvais rapporter une chose de Montréal au Mississippi, qu’est-ce que ce serait?
JM: Du temps plus frais! Je trouve ça trop froid en hiver ici, mais c’est trop chaud là-bas. Ça ferait du bien de se rafraîchir.
PL: Merci Justin.