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Stéphane Morneau

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Rudy Gay et les Raptors : All-In

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En 2006, Bryan Colangelo avait l’heureux problème de posséder le premier choix d’un repêchage difficile à prévoir.

Faible pour plusieurs, la cuvée 2006 était tout de même celle où le DG des Raptors devait se faire les dents en sélectionnant un visage pour son équipe. Une figure phare pour espérer sortir des perpétuelles années de transitions et de reconstruction.

Parmi ses notes, deux noms se répétaient sur presque toutes les pages : Andrea Bargnani et Rudy Gay. Le soir du repêchage, Colangelo jonglait encore avec l’idée de sélectionner l’un ou l’autre. Un choix déchirant.

Le géant italien aura finalement gagné le cœur de Colangelo, devenant ainsi le premier européen choisi au premier rang global du repêchage de la NBA. Sept ans plus tard, le manitou des Raptors efface l’ardoise et revient sur sa première décision majeure en carrière (ou presque)

Les Raptors ont lancé la période des transactions dans la NBA en créant les premières vagues depuis la saga James Harden. En obtenant Rudy Gay des Grizzlies, et en laissant partir Jose Calderon et Ed Davis, les Raptors volent une page des Blue Jays qui ont mis l’argent aux services de leurs ambitions.

À défaut d’avoir une analyse sans faille de la transaction – on peut affirmer sans se tromper que Rudy Gay est un gros nom, un joueur étoile et un coup de marketing intéressant pour les Raptors.

Mais la facture est proportionnelle à l’ambition de Colangelo.

Rudy Gay était sur le marché en raison de son contrat albatros qui polluait les livres des Grizzlies, qui se cherchaient une alternative bon marché pour poursuivre leur belle saison. Deux ans et 37 millions de dollars, c’est l’en-tête du pari risqué de Colangelo.

Par contre, on ne peut pas dire que le DG des Raptors se soit vraiment mouillé au niveau du talent offert. Jose Calderon, après une belle carrière à Toronto, vivait sur du temps emprunté en raison de son contrat qui vient à échéance à la fin de la saison. Ed Davis connaissait une saison intéressante, mais on ne parle pas ici d’une future vedette. Le risque, au niveau des joueurs, est minime pour les Raptors. Le problème réside ailleurs.

Avec le contrat de Gay dans les livres, les Raptors payent très cher les périmètres de la formation. DeMar DeRozan, Rudy Gay et Landry Fields forment un trio dispendieux pour poursuivre l’aventure, sans parler de Bargnani qui n’est pas une aubaine non plus. S’il s’agit du seul mouvement de Colangelo cette saison, l’avenir à court terme des Raptors sera lourd et pénible.

Sauf que la porte est grande ouverte pour compléter un véritable virage de l’équipe torontoise.

Colangelo peut effectuer une autre transaction et relancer la carrière de Bargnani ailleurs. Avec le surplus sur les périmètres, il pourrait décider d’abandonner le projet Landry Fields, même s’il est peu probable qu’une équipe réclame son lourd contrat. Par contre, DeRozan pourrait être un appât intéressant pour attirer un véritable Power Forward à Toronto, denrée rare depuis le départ de Chris Bosh.

C’est là que les possibilités deviennent intéressantes pour Toronto. Sinon, c’est plus un coup d’épée dans l’eau et l’aveu peu subtil d’un Colangelo qui regrette la sélection du centre italien en 2006.

Pour l’instant – mention partielle aux Raptors qui ont dégainé rapidement.

Les Grizzlies et les Pistons, par contre, peuvent se vanter d’avoir flairé une fichue de bonne affaire.

Memphis allège la facture pour la saison prochaine tout en conservant un noyau très intéressant avec Tayshaun Prince qui se glisse dans l’alignement partant et le banc qui se bonifie avec Austin Daye et Ed Davis. Les Pistons, eux, se libèrent une tonne de masse salariale pour l’année prochaine alors qu’ils tenteront de construire autour du très beau noyau formé par les jeunes Greg Monroe, Andre Drummond et Brandon Knight. Qui plus est, Calderon pourrait aider leur tentative de se faufiler en séries cette saison alors que la huitième place n’est pas inaccessible à la suite des blessures de Rajon Rondo à Boston et de Lou Williams à Atlanta.

Bref, les Raptors ramassent la facture et le pari risqué tandis que les deux autres équipes concluent une transaction économiquement viable et logique pour l’avenir.

Si vous avez besoin d’une image pour représenter la transaction, imaginez Bryan Colangelo qui dépose doucement sa tête dans l’encolure d’une guillotine bien verrouillée. Le danger n’est pas imminent, mais la position n’est certainement pas confortable.

Ça passe ou ça casse.

Feed

Stéphane Morneau a dit...

@ Pierre

Le problème avec Ed Davis, c'est qu'il n'a aucun « skill » d'élite. Il travail bien, progresse de façon constante mais il n'y a rien de spectaculaire dans sa prestation. Il devrait devenir un partant convenable, mais pas un joueur étoile.

Je le préfère à Bargnani pour l'aspect défensif et le travail « down low », mais des Ed Davis, il y en a dans tous les repêchages, à chaque année. Ce n'est pas dramatique de le sacrifier, malgré tout.

Pierre Bergeron a dit...

Je ne suis pas vraiment daccord avec toi quand tu dis qu'Ed Davis ne deviendra pas un joueur d'Impact. Depuis la blessure à Bargagni, Davis était vraiment meilleur. Une bonne dizaine de points facile et beaucoup de rebound. Le même genre de Statistique qu'un certain Ed Davis...

poboivin a dit...

Excellent billet! J'ajouterais aussi aux noms de fields, derozan et gay, ceux de Anderson et Ross.

Les raptors ont donc 5 joueurs qui peuvent virtuellement jouer un rôle semblable dans l'équipe. C'est vraiment beaucoup. Je ne veux absolument pas voir Ross partir, mais Derozan pourrait s'avérer une solution de transaction intéressante. Au centre, avec Amir Johnson et Jonas Valančiūnas, les Raps peuvent se permettre d'échanger Bargnani le plus rapidement possible (c'est probablement un des joueurs que je hais le plus!) pour faire l'acquisition d'un power forward ou d'un 6e homme capable de changer l'issue d'un match!

Dany Roy a dit...

très bonne analyse du dossier, il était évident que Calderon allait se retrouve dans n'importe quel Package deal de transaction car le dg et les coach qui sont passé, lors du règne de l'espagnol à toronto, n'ont jamais reconnu ou bien apprécié le dévouement et les performance de celui-ci. l'Équipe offrait de bien meilleure performance lorsque Calderon jouait de grosse minute. on parle ici d'un vrai meneur de jeu, un gars d'équipe avec un bon pourcentage du périmètre mais ses légères lacunes en défensive l'auront fait passé au cours des années en arrière des Ford, Jack, Bayless et Lowry. avec le peu de reconnaissance que l'organisation avait envers lui c'était écrit dans le ciel qu'il ne resignerait pas avec Toronto cette été.

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