Martin Achard

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Dierry Jean-Juan Jesus Rivera : Une description complète de la carte

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J’ai assisté hier, le 16 février, à la carte de boxe professionnelle présentée au Casino du Lac-Leamy de Gatineau par l’organisation Eye of the Tiger Management, en association avec Hennessy Sports. Il s’agissait de la première carte professionnelle présentée en Outaouais depuis les trois galas organisés par le Groupe Yvon Michel en 2005-2006. Voici mes remarques et observations sur les huit combats ayant été disputés lors de la soirée.

Premier combat : Hussain-Walczak

Mian Hussain (3-0-0, 3 KO), un gaucher de 22 ans boxant chez les supers mi-moyens, affrontait le Polonais Sylwester Walczak, 3-3-1 (0 KO), dans un combat prévu pour quatre rounds. Grâce à ses meilleures habiletés physiques, Hussain a facilement dominé le combat, l’emportant par trois pointages identiques de 40-36. Hussain a bien attaqué au corps tout au long de l’affrontement, et il a réussi à sonner Walczak au deuxième round d’un beau crochet de la droite à la tête, mais il peut encore améliorer la façon dont il construit ses attaques, notamment par une meilleure utilisation de son jab. Pendant tout le combat, Hussain a aussi boxé avec la bouche ouverte, un défaut qu’il aurait avantage à corriger.

Notons que Hussain évolue pour l’instant dans la même catégorie que Francesco Cotroni, Sébastien Bouchard, et Glisandy Mejia, trois autres jeunes boxeurs talentueux, d’un niveau d’expérience similaire, basés au Québec. Si Cotroni s’empare de la couronne canadienne en défaisant Rory Coveney le 2 mars prochain à Moncton, une série de combats intéressants entre ces quatre boxeurs pourrait donc s’ensuivre dans un avenir rapproché au Québec pour la ceinture. Il serait toutefois aussi possible que Hussain, qui s’est présenté hier dans le ring à 150,7 livres, choisisse dans l’avenir de descendre chez les mi-moyens.

Deuxième combat : Lafrenière-Seliga

Appelé en remplacement suite à une blessure à Chris Plaitis, le poids moyen Francis Lafrenière (2-3-2, 1 KO), un protégé des frères Grant, affrontait le Polonais Pawel Seliga (4-0-0, 1 KO), dans un duel prévu pour six rounds. Le Polonais, au physique trapu, s’est lancé à l’attaque au son de la cloche, se montrant relativement efficace pour entrer à l’intérieur et lancer des crochets qui forçaient Lafrenière à se protéger. Mais alors que, après deux minutes de combat, le Polonais semblait en voie de remporter la reprise, Lafrenière a explosé en puissance avec un magnifique crochet de gauche à la tête qui a touché la cible de plein fouet, et envoyé Seliga lourdement au tapis pour le compte. Ce magnifique KO saura donner confiance à Lafrenière, qui a jusqu’ici connu une carrière en dents de scie.

Troisième combat : Cook-Saiz

Dans un duel prévu pour six rounds, le super mi-moyen ontarien Brandon « Bad Boy » Cook, 8-0-0 (4 KO), un habitué depuis deux ans des nombreuses cartes présentées au Hershey Centre de Mississauga, livrait un premier combat en sol québécois, contre Raul Saiz, 8-7-1 (7 KO), un boxeur espagnol âgé de 36 ans. Cook a brillé pendant les trois rounds qu’a duré le combat, démontrant des frappes vives (incluant d’excellents uppercuts des deux mains en corps à corps), de beaux mouvements de la tête et du tronc, un bon rythme, et des attaques méthodiques et disciplinées. Son impressionnant travail de sape a poussé Saiz, dont le visage commençait à être visiblement tuméfié, à capituler dans son coin entre les troisième et quatrième rounds. Il apparaît clair que Cook possède les habiletés requises pour exceller dans sa catégorie au niveau national, et peut-être même au-delà. Il se pourrait donc que nous le revoyions bientôt au Québec, entre autres lors de galas d’importance à Montréal.

Quatrième combat : Hyppolite-Ntetu

Pour la première fois depuis son combat riche en émotions et sa défaite par décision partagée en novembre 2012 contre Francy Ntetu, Schiller Hyppolite, 5-1-0 (2 KO), remontait dans l’arène, dans un affrontement prévu pour six rounds chez les super-moyens. De son côté, son adversaire, le français Hassene Azouz Neffati, 8-4-1 (5 KO), livrait pour la première fois un combat en dehors du territoire français. Dès le début de l’affrontement, Hyppolite a pris possession du centre du ring et dicté le combat par ses coups rapides et explosifs. Malgré sa prudence, Neffati a été ébranlé à plusieurs reprises à partir du deuxième round, au cours duquel il a dû mettre un genou au tapis pour se donner un répit, puis a visité le plancher suite à un coup au troisième, poussant son coin, dans une décision justifiée, à lancer la serviette. Même s’il n’a pas modifié essentiellement son style, dont l’un des éléments consiste à porter les mains basses, Hyppolite a quand même paru plus discipliné et concentré contre Neffati que lors de sa performance contre Francy Ntetu, ce qui constitue un correctif qu’il devait apporter pour pouvoir maximiser son indéniable talent.

Cinquième combat : Villeneuve-Lagarto

Le mi-lourd de Gatineau Pascal Villeneuve – détenteur d’une fiche de 52 victoires et 8 défaites chez les amateurs, et triple vainqueur de la Coupe du Québec – faisait ses débuts chez les professionnels, dans un affrontement prévu pour quatre rounds. Villeneuve affrontait Nuno Lagarto, un boxeur portugais n’ayant jamais combattu à l’extérieur de l’Europe et sans victoire depuis 2008, mais possédant quand même une expérience appréciable de 13 combats chez les professionnels (4-9-0, 2 KO), incluant une défaite par décision en 10 rounds pour le titre WBC Mundo Hispano des mi-lourds en 2010. Il faut également noter que 8 des 9 défaites de Lagarto avaient été obtenues jusqu’ici contre des boxeurs possédant des fiches largement gagnantes. Cette expérience n’a toutefois été d’aucune utilité à Lagarto, qui s’est fait faire mal par pratiquement toutes les frappes de Villeneuve et a visité le plancher dès les toutes premières secondes du combat. Le massacre a finalement pris fin après une minute et vingt-deux secondes du premier round, lorsque Villeneuve a envoyé Lagarto au tapis pour la troisième fois, d’une puissante droite qui a complètement assommé son adversaire. Cette victoire extrêmement convaincante et expéditive du héros local a suscité une bruyante explosion de joie dans l’assistance.

Le passage de Pascal Villeneuve chez les professionnels s’inscrit dans le processus de revitalisation de la boxe actuellement en cours dans l’Outaouais québécois. Rappelons que c’est le père de Pascal Villeneuve, Roger, qui avait fondé le club Les gants dorés à Gatineau il y a une douzaine d’années. Il y a environ un an, le club a été acheté par Éric Thibeault, qui a depuis multiplié les efforts pour donner un nouveau souffle à la boxe du côté québécois de la rivière, entre autres par l’organisation de plusieurs cartes amateurs de qualité. Un associé d’Éric Thibeault, Marcellin Gaumont, a également ouvert il y a quelques mois le Club de Boxe BG Buckingham. Grâce à ces initiatives, les prochaines années s’annoncent prometteuses et intéressantes pour la boxe en Outaouais québécois.

Sixième combat : Gardiner-Piternov

Dans un affrontement prévu pour huit rounds, Andrew Gardiner (6-0-0, 3 KO), un mi-lourd natif de Winnipeg et résidant actuellement à Ottawa, avait apparemment un bon défi à relever en la personne du Russe Konstantin Piternov. Gardiner, qui est passé chez les professionnels en 2012, n’avait en effet, avant Piternov, jamais affronté un adversaire possédant une fiche gagnante, et il n’avait jamais dépassé, dans un combat, le quatrième assaut. Or Piternov, même s’il revenait d’une période d’inactivité de 16 mois, détenait une fiche respectable de 13-2-0 (4 KO), fiche faisant état d’un règne de champion des super-moyens de la Russie entre 2009 à 2011, et de trois combats s’étant rendus à la limite de 10 ou 12 rounds.

Dans ce qui s’est sans doute avéré le meilleur combat de la soirée (une véritable guerre au corps à corps), Gardiner a maintenu sa fiche parfaite, en remportant la décision par des pointages de 80-72, 78-74, et 77-75, mais non pas sans subir deux coupures, l’une à l’œil droit au troisième round, et l’autre à l’œil gauche au huitième. Gardiner a commencé le combat en force, remportant clairement les cinq premiers rounds grâce à l’efficacité de son style, celui d’un pur « in-fighter » qui, penché vers l’avant et ne présentant que le haut de sa tête, se colle sur son adversaire pour le marteler de crochets, en utilisant entre ses frappes la technique du « bob and weave » (pensez ici, pour un exemple classique, à Joe Frazier). C’est seulement à partir du sixième round que Gardiner a commencé à ralentir un peu, ce qui a permis à Piternov de placer des combinaisons et d’offrir des rounds plus serrés. Malgré tout, Gardiner a su finir les septième et huitième rounds en force. Notons en effet cette très belle habitude chez lui, lorsqu’il ne reste que dix secondes à un round, d’augmenter l’intensité pour impressionner les juges. Le fait que Gardiner ait déjà servi de partenaire d’entraînement à Lucian Bute, Jean Pascal et Eleider Alvarez l’a probablement aidé à bien relever ce premier véritable défi en carrière.

Septième combat : Cheikho-Lauri

Dans la demi-finale, le mi-moyen Ahmad Cheikho, 8-4-2 (5 KO), faisait face dans un combat de huit rounds à l’expérimenté boxeur italien de 36 ans Giuseppe Lauri, 53-10-0 (31 KO). Lauri pouvait se vanter d’avoir détenu, au cours de sa carrière, cinq titres intercontinentaux ou européens, mais il paraît avoir ralenti depuis 2010, ayant perdu trois de ses quatre derniers combats, tous par TKO. De façon générale, Cheikho a boxé de façon disciplinée contre un adversaire qui semblait souvent plus soucieux de terminer l’affrontement sur ses deux jambes que de l’emporter. Cheikho (qui, tout au long du combat, a alterné entre les positions de droitier et de gaucher) a maintenu l’affrontement à distance, choisissant de retraiter rapidement ou d’accrocher après ses frappes. Lauri, qui se protégeait efficacement grâce à sa très belle garde, n’a jamais paru en difficulté, mais n’a pratiquement rien réalisé en attaque. Il a perdu un point au cinquième round pour avoir frappé en retenant, et Cheikho un point au huitième pour avoir poussé. Les juges ont remis des pointages de 79-71 (deux fois) et de 78-72 à la faveur de Cheikho.

Huitième combat : Jean-Rivera

Dans la finale de la soirée, Dierry Jean (23-0-0, 15 KO), l’aspirant numéro un au titre des 140 livres de la WBC, et champion NABA et NABF, défendait son titre de la NABF contre Juan Jesus Rivera (25-9-0, 16 KO), un boxeur mexicain ayant remporté ses trois derniers combats, ancien détenteur de titres jeunesse (WBC Youth) et hispaniques (WBC FECARBOX et Mundo Hispano). Rappelons que Rivera a été appelé, il y a une semaine, à remplacer Cosme Rivera, un autre Mexicain qui éprouvait des difficultés à obtenir son visa. Jean a d’emblée établi son jab et fait tomber Rivera au tapis à la fin du premier round, grâce à un crochet de gauche dont la rapidité a surpris son adversaire. Au deuxième, il a de nouveau envoyé Rivera au tapis grâce à une puissante droite, très « straight » et précise, qui s’est faufilée entre la garde de son adversaire. Il paraissait alors que Rivera n’arriverait pas à se relever, mais le Mexicain a été capable de battre le compte de justesse. Presque immédiatement, toutefois, il s’est fait de nouveau sérieusement ébranler par un crochet de gauche, ce qui a poussé l’arbitre (dans une décision parfaitement justifiée) à s’interposer pour arrêter le combat. Jean a donc offert une performance qui, clairement, confirme son statut dans l’élite de sa division.

Quel sera le futur immédiat pour Jean ? Il y a quelques jours, le patron d’Eye of the Tiger Management, Camille Estephan, s’est dit très confiant de pouvoir lui organiser un combat éliminatoire pour le titre mondial de la WBC dans l’état de New York vers le début mai, probablement au Turning Stone Casino. Estephan avait également déclaré que, si ce plan de combat aux États-Unis (visant entre autres à favoriser une diffusion du combat par le réseau HBO) tombait à l’eau, l’affrontement éliminatoire pourrait alors avoir lieu le 17 mai à Gatineau, encore une fois au Casino du Lac-Leamy, qui a quoi qu’il en soit déjà été réservé par sa firme pour la présentation d’une seconde carte de la série Fight Club.

Notons pour terminer que la très belle salle du Casino, pouvant accueillir 1200 spectateurs et idéale pour la présentation d’évènements de sports de combat (j’y avais également déjà vu une carte de boxe thaïlandaise l’année dernière), était remplie au trois quart environ, et que la carte a été diffusée sur WealthTV et The Fight Network Canada.

Feed

»Andre gallant a dit...

bravo a Dierry Jean, je le connais pour avoir deja joué au poker avec lui dans l'ancienne ligue la Ltpq, c"est un bon gars, je suis content pour lui

Adrien Meure a dit...

Merci pour ce très bon résumé!

marc normandin a dit...

Superbe travail!

Merci pour cet excellent comte rendu.

michel lefebvre a dit...

Merci pour ton résumé...sans toi ca passe inapercu..

Philippe Gougeon a dit...

Super

mario larouche a dit...

beau travail merci

martin boo a dit...

Merci Martin

Wow beau travail... J'ai dévoré ton texte...

Serge Gagné a dit...

merci pour ce bon resumé c'est tres apprecié

eric gagnon a dit...

Martin Achard

Certain que ton travail vaut la peine et de plus très bien livré. N'ayant pas pu voir cette carte ton résumé m'a très bien renseigné.

Merci et au plaisir de te lire encore.

Martin Achard a dit...

J'ai tâché d'offrir une description complète de la carte de boxe présentée hier à Gatineau. Comme ce type de billet prend du temps à écrire, j'aimerais sonder l'intérêt pour ce genre de description étoffée, afin de déterminer s'il vaut la peine de répéter l'expérience dans le futur. Merci de me faire part de vos commentaires !

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