Pascal Ferland

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Un pays en voie de développement

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Pascal Ferland Catégorie : Soccer Mots-clés : soccer

Non, nos jeunes joueurs ne seront pas parrainés par de riches philanthropes étrangers. Nos infrastructures ne seront pas non plus construites par des groupes de travailleurs humanitaires venus d’un autre continent. Au surplus, aucune campagne internationale ne sera lancée pour soutenir le financement de notre fédération sportive. Pourtant, au Québec, nous faisons en quelque sorte partie du Tiers-monde du soccer. Pour utiliser une terminologie plus contemporaine et représentative de la situation actuelle, il serait plus juste de qualifier notre nation comme étant “en voie de développement”. En effet, malgré le nombre de joueurs et l’intérêt des amateurs toujours croissants depuis plusieurs années, le soccer fleur-de-lysé participe plus souvent qu’autrement aux grands rendez-vous mondiaux en tant que spectateur. Bien qu’au pays du hockey la neige continue à neiger, tous les espoirs ne gisent pas gelés comme dirait l’autre: une petite révolution tranquille semble poindre à l’horizon.

Partons sur de solides bases. Le développement durable doit être la pierre angulaire des efforts déployés pour rehausser notre niveau de jeu et assurer la pérennité d’un succès à venir sur la scène internationale. À cet égard, mieux vaut pour nos équipes professionnelles résister à la tentation de se gaver de talents européens, sud-américains et africains, car cela cause souvent des ravages dans la culture d’espoirs locaux. À preuve, l’importation massive de joueurs étrangers en English Premier League par les richissimes propriétaires de clubs dans la dernière décennie coïncide avec le déclin qualitatif de l’Angleterre sur l’échiquier mondial de la FIFA, en raison de la baisse de débouchés possibles pour les joueurs amateurs. Soyons donc certains de ne pas asphyxier notre soccer en se lançant dans une surenchère pour augmenter le calibre pro qui se joue sur le gazon québécois. Cela dit, l’expertise internationale est toujours la bienvenue, tant qu’elle nous apprenne à pêcher au lieu de seulement nous donner le poisson.

N’oublions pas non plus ce que nous a dit William Richardson: “Everything is Political; Politics is everything”. Cela nous amène à nous demander s’il est possible que le financement public du sport le plus pratiqué au Québec soit un jour à la hauteur de la passion que celui-ci suscite. Comment expliquer que certaines régions en province n’ont toujours pas de terrains règlementaires pour qu’y jouent des clubs affiliés? Pourquoi certains parents doivent dépenser plusieurs centaines, voir plusieurs milliers de dollars pour permettre à leurs jeunes de jouer à un niveau élite ou d’excellence? De quelle façon pouvons-nous mieux encadrer les bénévoles et employés à faible rémunération qui tiennent le soccer à bout de bras dans leur ville? Il ne faut pas se leurrer, si l’investissement privé est nécessaire à tous les niveaux au soccer, on ne peut espérer rivaliser avec les grandes nations du sport si l’on ne favorise pas plus financièrement nos espoirs et nos athlètes de haut niveau. En effet (faut-il le rappeler?), un dollar mis dans le soccer est un dollar mis dans la santé, dans la culture et dans l’éducation. Bref, donnons-nous les moyens de réaliser nos ambitions!

Fort heureusement, ce tableau plutôt sombre devrait s’éclaircir pour la jeune génération de footballeurs d’ici; voici l’aube d’un jour nouveau pour le Québec Soccer! Pendant que les pros débarquent à Montréal, les tournois amateurs d’envergure se multiplient un peu partout en régions. Le métissage culturel de notre époque permet maintenant aux “pures-laines” de se tricoter à un tissu social plus coloré qui, sur un terrain de soccer, parle un langage commun rythmé par les passes, les dribbles et les frappes au filet. Au fond, c’est comme ça que doit se développer le foot québécois: patiemment, de façon collective, en utilisant les forces de chacun de ses éléments…pour finalement atteindre le but. Notre but.

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