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Frédéric Plante

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Le roi est mort

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Frédéric Plante Catégorie : Émissions RDS Mots-clés : marathon
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Je me souviens encore très clairement de ma première rencontre avec Richard Garneau. J’étais à RDS depuis à peine deux ans. Jeune lecteur de nouvelles, j’avais quand même eu l’occasion de voir plusieurs personnalités sportives défiler dans la salle des nouvelles. Certaines étaient fascinantes à rencontrer mais ne provoquaient chez moi souvent qu’une admiration polie. Il m’arrivait même d’être déçu en réalisant que la personnalité publique était bien différentes de celle que je retrouvais devant moi.

J’étais à mon bureau, travaillant sur le bulletin Sports 30, lorsque j’ai entendu cette voix tellement unique et reconnaissable entre toutes! En levant la tête, j’ai réalisé que le grand Richard Garneau était dans la salle des nouvelles. Il venait pour l’enregistrement d’un reportage spécial. Sa voix serait celle de la narration.

J’avais le cœur qui battait la chamade. Une règle non-écrite dans la salle des nouvelles veut qu’on ne doit pas importuner un visiteur célèbre pour lui demander un autographe ou se faire prendre en photo. Je voyais le célèbre journalistes pour la première fois en chair et en os. Lors de mes études en communication à l’université, la lecture de son autobiographie (À toi Richard…) m’avait convaincu que c’était le métier que je voulais exercer.

Je me suis levé et, voyant qu’il lisait tranquillement le texte qu’on venait de lui soumettre, me suis approché de lui. Mais comment aborder son idole sans tomber dans l’idolâtrie? Allait-il me décevoir en m’ignorant sans cérémonies?

Et bien c’est lui qui ma salué! Il a levé les yeux de son texte et, de sa voix grave, m’a simplement dit : « Bonjour Frédéric. Je suis heureux de te rencontrer ». Il savait qui j’étais! J’étais impressionné puisque je commençais à peine dans le métier.

Nous avons discuté une dizaine de minutes. Je lui ai parlé de mon parcours et de son livre dont j’avais adoré la lecture. Ça l’a bien fait rire. Je lui ai dit que je venais de Québec et que je faisais de la course à pied tout comme lui. Je me souviens surtout de lui avoir clairement dit qu’il était mon modèle et une inspiration.

Je ne me rappelle plus de façon précise quelles furent ses réponses tellement j’étais mystifié de l’entendre me parler. Cette diction si particulière que j’avais étudiée lors de mes cours de journalisme, et bien je l’entendais devant moi. Par contre, je me souviens très bien de la grande gentillesse et disponibilité dont il m’avait fait cadeau cette journée-là. J’essaie, depuis, de faire la même chose lorsque je rencontre des jeunes qui voudraient faire mon métier.

J’ai continué de croiser Richard Garneau occasionnellement au cours des 15 dernières années. Parmi les souvenirs les plus précieux que je garde de nos rencontres il y a bien sûr les Jeux olympiques de Vancouver. J’étais aux anges d’y participer avec le grand homme. Monsieur Garneau était assis devant moi dans l’avion nous menant à Vancouver. J’avais de la difficulté à réaliser que, pour mes premiers Jeux olympiques, j’aurais la chance de faire partie de la même équipe que lui.

Je l’aurai vu pour la toute dernière fois au lancement de la programmation de RDS l’automne dernier. Après nous être salués, nous avions longuement discuté de course à pied et de marathons. Je lui racontai mes plus récentes courses à Rome, Hawaii, San Diego et Alaska. Il ne courait plus depuis plusieurs années et me confia que ça lui manquait beaucoup.

Il aura travaillé jusqu’au bout. Il me semble l’avoir entendu à la radio de Radio-Canada juste avant les fêtes. Il était avec son ami, Joël Le Bigot. Sa voix était la même, sa diction aussi. Je le croyais immortel.

La grande confrérie des journalistes vient de perdre un géant. Moi, un collègue qui me fit comprendre qu’on pouvait être grand à la télé et dans la vie. Il suffit de rester le même.

Le roi Richard est mort.

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François Drouin a dit...

Très bel hommage à un homme de grande qualité! Il m'a influencé dans ma passion pour la course à pied.

Daniel Lequin a dit...

Un bel hommage pour ce grand personnage que j'admirais énormément.

Il fut une inspiration pour nous tous.

Jean-Philippe St-Louis a dit...

Un grand hommage pour un grand Homme! Quelle perte immense! Un exemple a suivre pour ceux qui, comme moi, aimeraient pratiquer ce métier dans un proche avenir. Peu de gens peuvent se targuer d'avoir eu une carrière semblable a la sienne. Avec les René Lecavalier, Gilles Tremblay, Lionel Duval et Claude Quenneville, M. Garneau aura fait les beaux jours de la Soirée du hockey a Radio-Canada. Il fait partie, au même titre que René Lecavalier ou Jacques Doucet au baseball, partie des immortels et des légendes du journalisme et des commentateurs sportifs. Aujourd'hui, Pierre Houde et Denis Casavant sont d'excellents commentateurs qui suivent ses traces.

Excellent billet Fred!

Reposez en paix M. Garneau. Vous resterez dans la mémoire des plusieurs pour encore plusieurs années.

Mathieu Bédard a dit...

Texte très touchant Frédéric. Le monde du journalisme sportif vient de perdre l'un de ses plus grands pioniers.

coliseum a dit...

Super texte pour un grand homme. Merci de partager tes sentiments.

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