Mathieu Gallant

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Homme | 28 ans
Asbestos

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Parce que les couleurs de l’avenir sont le bleu, le blanc et le noir

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En ce premier jour du mois des morts, je marche tranquillement en direction du PEPS de l’Université Laval. Contrairement à l’ambiance maussade et pluvieuse qui règne sur la ville, j’ai plutôt le cœur à la fête. Non seulement mon nouveau blouson aux couleurs de l’Impact me protège des résidus de la colère de la destructrice Sandy, mais c’était hier jour de bilan pour le Onze montréalais et nul besoin de préciser que les commentaires des dirigeants du club furent plutôt positifs tant au plan sportif qu’au plan corporatif – après tout, un troisième rang au niveau de la moyenne d’assistance pour une équipe d’expansion, c’est impressionnant!

En tant que partisan enthousiaste de notre équipe nouvellement promue en première division nord-américaine, je ne peux que corroborer les propos de nos gouverneurs et me réjouir de la première saison que nous ont fait vivre nos favoris.

Les performances sur le terrain, bien que somme toute très satisfaisantes pour une équipe d’expansion, ont quelques fois laissé un goût amer dans la bouche des partisans. Cependant, ce n’est pas sur ces prestations en dents de scie que j’aimerais revenir, mais plutôt sur l’histoire d’amour qui est née entre le club et moi en ce printemps « érable » de 2012. Récit tantôt comique, tantôt tragique, la première saison de l’Impact en MLS m’a certes permis de faire connaissance avec un sport que je ne connaissais qu’en surface et surtout avec une culture partisane dont j’ignorais jusqu’à là les tenants et aboutissants.

Depuis ma tendre enfance, le sport est le moteur de ma vie. À 3 ans à peine, j’étais la coqueluche du Parc Châtelaine à Trois-Rivières-Ouest alors que les enfants plus âgés du voisinage s’amusaient à me cuisiner sur les numéros des joueurs de mes Nordiques de Québec. « Joe Sakic? » demandaient-ils? « 19! » m’empressais-je de répondre. « Ok, une plus dure, Curtis Leschyshyn? » renchérirent-ils, « Pff, facile, 7! » leur disais-je avec fierté! Deux ans plus tard, ce fut les premiers coups de patins craintifs à l’aréna locale. L’été suivant? Les premiers roulants captés à l’arrêt-court et les premiers coups gagnants au tennis. Un peu plus tard, au début du secondaire, vinrent la première commotion cérébrale au football et les premiers buts au soccer. À 16 ans vint enfin l’âge des premières balades en voiture, des premiers « road trips » aux Expos. En 2004, maintenant âgé de 18 ans, j’étais parmi les derniers irréductibles à assister religieusement aux partis de Nos Amours. Avec deux valeureux compagnons, nous utilisions même « la voie de service » afin d’éviter le trafic destiné à nous faire manquer le premier lancer de Livan Hernandez ou le premier coup d’éclat de Vladimir Guerrero. Ensuite ce fut le temps des premiers vrais emplois, des premières vraies entrées d’argent. Grâce à elles, j’en profitai pour parcourir le nord-est américain et assister aux miracles du grand Derek Jeter à la Cathédrale du baseball, aux exploits de Sidney Crosby dans l’Igloo, au 2000e coup sur d’Alex Rodriguez dans les murs hostiles du Rodgers Center et même aux prouesses athlétiques de Vince Carter, celui qui est vu comme un traître à la nation (toute torontoise soit-elle), dans les marais du New Jersey.

J’ai grandi en applaudissant les Joe, Mats, Owen, Deliano, Vladimir, Anthony et Ben, j’ai vieilli et j’ai pu aller observer en personne les Sidney, Derek et Vince, mais au printemps dernier, pendant qu’une bonne partie des gens de ma tranche d’âge manifestaient dans les rues de Montréal, moi, quelques rues plus loin, je vivais un sentiment que je n’avais pas vécu depuis le départ de mes précieux Nordiques en 1995. Pendant qu’on débattait de l’avenir de l’éducation post-secondaire, je tombais en amour avec les Patrice, Felipe, Zarek, Bernardo et Matteo. Quelques mois plus tard, je découvrais avec bonheur les grands joueurs que sont Marco et Alessandro. Pendant qu’on entendait pour la première fois parler de l’agent 728 au Téléjournal, je savourais, avec 58 000 autres curieux, le premier match local de l’Impact en MLS. Alors que l’on se demandait si la session était en péril, je vivais l’extase du premier triomphe en MLS face à nos ennemis de Toronto. Puis arrivé en juin, on en vint à oublier les revendications étudiantes et à plonger dans nos activités estivales régulières. Une chose n’avait cependant pas changée avec l’arrivée du beau temps : mon nouvel intérêt pour ce club qui faisait ses premières armes dans le circuit Garber ne s’était pas amenuisé. Au contraire, il s’était plutôt transformé en une passion brulante qui prise encore plus d’ampleur lorsque j’eus la chance de prendre place aux côtés des Ultras lors d’un match face à Thierry Henry et au Red Bull de New York. Leurs chants entrainants et leur énergie contagieuse me fit prendre connaissance de ce qu’est une VRAIE culture partisane. À côté de cela, un match de séries entre les Canadiens et les Bruins au Centre Bell, c’est de la petite bière! 90 minutes de pur plaisir ponctuées par le premier but dans l’uniforme montréalais de notre premier joueur désigné, Marco Di Vaio. Contre Kansas City, j’ai même eu droit à mon petit moment de gloire personnelle alors que j’ai eu la chance d’être responsable du tirage au sort d’avant-match. J’ai fièrement apporté la pièce de monnaie à l’arbitre et j’ai pu serrer la main de notre capitaine Davy Arnaud.

En plus des exploits de nos joueurs, j’ai eu la chance de voir en chair et en os, et ce pour la modique somme de 25$, deux légendes vivantes du soccer international. J’ai pu voir David Beckham marqué, comme il l’a fait si souvent, sur un coup franc à moins de 100 mètres de moi. J’ai aussi vu le grand Thierry Henry prendre un corner à 10 mètres de mon siège. Suite à cela, j’ai eu la chance de poser les yeux sur une autre légende, Alessandro Nesta, qui faisait à son tour ses débuts en MLS et cette fois-ci, elle portait nos couleurs!

Comme dans toute histoire d’amour, ma relation avec l’Impact eu aussi ses moins bons moments. Les échecs répétés à l’étranger, l’humiliation en championnat canadien face à Toroto, les nombreuses avances gaspillées en fin de rencontre, les accusations mensongères sur Marco Di Vaio, les rumeurs de dissension dans le vestiaire et la finale tragique de notre saison face à la Nouvelle-Angleterre constituent sans aucun doute les moments les plus noirs de cette première saison. Cependant ce sont ces bas qui m’ont permis d’encore plus apprécier les triomphes, ce sont ces heures sombres et la façon avec laquelle nos favoris les ont traversées qui me donnent confiance en l’avenir.

Plutôt que de critiquer les décisions des dirigeants ou de me pencher sur les résultats sportifs de l’équipe, j’aimerais profiter de ces quelques lignes pour remercier les gens qui ont fait de moi un fier supporteur de l’Impact de Montréal et qui m’ont poussé, pour la première fois de ma vie, à arrêter de jouer au vagabond et à établir résidence permanente au Stade Saputo, section 130, rangée F! Parce que, pour moi, c’est ça mon bilan. Après 17 ans à être un orphelin, j’ai finalement trouvé un club local auquel je peux m’identifier et qui fait vraiment vibrer le passionné en moi. Je suis un homme de sport, mais depuis le départ des Nordiques, j’avais oublié ce que c’était que d’être un partisan, un vrai SUPPORTEUR! C’est l’Impact qui m’a redonné cela et je ne lui en serai jamais assez reconnaissant.

Alors, un gros merci à…

… Joey Saputo pour votre passion et votre engagement. Vous êtes à l’écoute de vos partisans et vous l’avez démontré en baissant les prix en court de saison et en investissant massivement dans l’équipe. Vous n’acceptez pas de demi-mesure et cela se ressent dans le reste de l’organisation. De plus, grâce à votre engagement communautaire et votre vision, nous, partisans de l’Impact, avons pu avoir une proximité avec nos joueurs que l’on retrouve rarement dans le sport professionnel de nos jours. Vous êtes un homme passionné et vous êtes avant tout un partisan, vous pensez comme un partisan et vous comprenez notre réalité. C’est cela qui fait de vous un excellent propriétaire et l’homme qui saura mener l’Impact vers les plus hauts sommets.

… Jesse Marsch et à l’équipe technique pour votre passion et pour les beaux résultats que vous avez été en mesure d’aller chercher. On pourrait évidemment critiquer certains de vos changements, certaines de vos décisions de personnel, mais au final vous avez fait un excellent travail avec ce que vous aviez sous la main. Cette première saison est un succès et tout comme vos joueurs, vous prendrez l’expérience nécessaire à la consécration du club en tant qu’équipe championne. Vous avez une saison derrière la cravate, vous avez accumulé de l’expérience, il est maintenant temps de vous en servir.

… aux joueurs pour vos efforts et surtout pour votre attachement envers les fans. Contrairement à certains sportifs, la majorité d’entre vous ne se sont pas contentés de beaux mots, oh non! Votre disponibilité et votre attitude envers les supporteurs vous honorent. C’est en très grande partie grâce à cela que je suis aujourd’hui un si grand supporteur de l’Impact. Je me sens proche de vous, je sens que je fais parti de l’équipe. Oui, Messieurs Saputo et Légendre sont ceux qui ont instauré cette approche, mais c’est vous qui mordez dedans à pleines dents. Je n’oublierai jamais ma conversation avec Felipe, mon interaction avec Davy Arnaud ou encore mes quelques échanges Twitter avec Jeb Brovsky, Zarek Valentin et Patrice Bernier. Vous faites parti de la communauté et nous faisons parti de l’équipe. Dans cette ère du sport professionnel où joueurs, fans et propriétaires sont souvent à couteaux tirés pour une question de gros sous, ça fait du bien de voir une ligue où les joueurs ont les pieds bien sur terre. Mêmes les grandes vedettes comme Nesta et Di Vaio fréquentent sans gène les petits cafés de St-Léonard!

…aux Ultras pour votre enthousiasme et votre loyauté envers le club. Depuis plus de 10 ans, vous supportez corps et âme l’Impact de Montréal et c’est votre présence au stade, et dans les stades adverses, qui a donné à Montréal l’image qu’elle a maintenant sur la planète foot. Certains vous voient comme un groupe bizarre et exclusif, mais moi, je vous vois comme l’âme du club. Les gens auraient fort intérêt à vous suivre davantage, l’ambiance au stade n’en serait que meilleure. D’ailleurs, je serai très près de vous l’an prochain (section 130) et je continuerai de chanter avec vigueur et de supporter notre club. Vous êtes une inspiration pour moi et c’est avec votre leadership que l’Impact vivra vraiment ce qu’est une vraie culture de supporteurs.

En conclusion, nos hommes ont bien fait en cette saison inaugurale et l’avenir s’annonce plus que prometteur. Les bases sont maintenant construites et, à mon avis, elles sont solides. Le noyau de l’équipe est en place et les gens sont plus que jamais réceptifs au soccer. C’est maintenant le travail de tous, joueurs, dirigeants et supporteurs que de tout faire pour que l’avenir de l’Impact soit à l’image de sa première saison. Puis,un jour, qui sait, la ville qui a toujours été bleu, blanc rouge aura maintenant une place de choix pour son frère bleu, blanc et noir!

Tous pour gagner,

Mathieu Gallant

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Mathieu Gallant a dit...

Merci pour tes bons mots Joëlle.

Je suis 100% d'accord avec ton coup de coeur, c'est d'ailleurs un aspect que j'ai oublié dans mon billet. Voir les Marsch, Brovsky, Valentin, Felipe et Di Vaio faire tout ce qui est en leur possible pour apprendre notre langue, c'est quelque chose de sublime. Pour revenir à ce que je disais dans le billet, il est très émouvant que comparativement à certaines grandes vedettes d'autres sports (*tousse* Scott Gomez *tousse*, *tousse* Alex Kovalev *tousse*), les joueurs de l'Impact n'y vont pas seulement de mots vides et y vont des efforts nécessaires à l'apprentissage du Français. Certains ont mieux saisi la communauté québécoise en une seule année que plusieurs joueurs de hockey en toute une carrière. C'est une autre raison d'être encore plus fiers des joueurs de l'Impact!

Joelle Cyr a dit...

Un superbe billet, il a été proposé pour le carrousel.

Je suis encouragée aussi avec ce que nous avons vu de la première saison de l'Impact en MLS. Même les performances de l'équipe sont biens considérant qu'il s'agissait de l'année recrue.

Mon coup de coeur: le coach Jesse Marsch qui a su apprendre un français très bien en si peu de temps!

lekurosawa a dit...

Bravo! excellent le texte!

Mathieu Gallant a dit...

Merci pour l'invitation, Philippe. J'ai rejoint la page Facebook et je compte bien venir regarder un match avec vous au Pub Galway dès que l'occasion se présentera. Ça fait toujours plaisir de rencontrer des nouveaux fans de l'Impact. D'ailleurs, votre expertise est sans doute plus grande que la mienne, jeune néophyte que je suis, je compte donc en apprendre de vous :)

J'ai aussi quelques amis à Québec que ça pourrait intéresser, je leur en ferai part avec plaisir.

Merci encore et au plaisir!

Philippe Larivière a dit...

On a fondé un groupe de supporteurs à Québec. C'est Section Ludovica.
http://www.facebook.com/SectionLudovica

On regarde les matches au Pub Galway. Joins-toi à nous! Aussi, des gars du groupe ont des billets de saison. Ils s'organisent pour faire du covoiturage.

Quand l'horaire de 2013 va sortir, on va se mettre sur l'organisation d'un déplacement à Montréal pour voir un match. Autobus nolisé. Surveille ça!

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