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Arcadio Marcuzzi

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Fake it like Beckham

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Le 31 janvier David Beckham débarque au Paris Saint-Germain faisant trembler la planète foot avec un coup de théâtre savamment calculé. Le Spice Boy annonce en grande pompe qu’il fera don de son salaire à une organisation caritative. Du jamais vu... selon lui. Résultat : les médias sont zlatanés, les réseaux sociaux s’enflamment et plusieurs voient en Beckham la réincarnation de Mère Teresa. En effet, le Britannique n’a aucun intérêt personnel dans l’opération sauf aider les enfants pauvres. #Not

Retour en arrière. Le 31 mai 2011 marque un point tournant dans l’histoire du PSG et de la L1. Le club parisien est racheté à 70 % par le fonds souverain du Qatar. En quelques mois, le président qatari du PSG Nasser al-Khelaïfi se fait livrer quelques-uns des meilleurs joueurs au monde : Javier Pastore, Zlatan Ibrahimovic, Thiago Silva, Lucas Moura. Les pétrodollars pleuvent sur le Parc des Princes qui n’aura jamais aussi bien porté son nom. A en croire la lecture de certains êtres vulnérables, contrairement aux autres, Beckham a le mérite d’avoir dit basta au pouvoir de l’argent en acceptant une pige au PSG sans rémunération, juste pour le fun de faire du travail humanitaire sur les Champs-Élysées.

Avant d’y aller d’une collecte de fonds ou d’un Idle No More en soutien à Beckham rassurez-vous : d’après mes recherchistes, le Britannique peut tenir un p’tit bout sans salaire. L’an passé, ses commanditaires – Adidas, H&M, Sansbury, Samsung, Pepsi et Coty – lui ont versé 27 millions d’euros. Sa société Footwork Productions qui gère la “licence Beckham”, lui a versé 90 millions d’euros entre 2002 et 2009. Selon le classement 2012 du magazine Forbes, le Spice Boy est le footballeur le mieux rémunéré au monde devant Cristiano Ronaldo et Lionel Messi. La beauté de la chose, c’est qu’entre une pub et un défilé de mode, il a même le temps de jouer un peu au ballon. Et au chapitre footeur, convenons que – quoiqu’il en dise – ce n’est pas à bientôt 38 ans qu’il va marquer l’histoire du PSG. Certes, il va bien mettre quelques coups francs majestueux et agrémenter le vestiaire de sa réputée belle énergie, mais la question est : pourquoi le dandy a soudainement envie de redonner à son prochain et why the fuck une monarchie absolue (qui pourrait se payer l’âme du diable en argent comptant) fait venir pour seulement cinq mois un joueur quasi retraité ?

Parce qu’en réalité, le vrai contrat de Beckham serait bien plus avec la famille royale qatarie qu’avec le PSG. Son transfert arrive à peine deux jours (deux jours!) après les révélations de France Football sur l’achat présumé du Mondial 2022 par les Qataris. Beckham aurait donc été engagé comme instrument de charme pour redorer l’image du Qatar et tuer dans l’œuf le ‘’Qatargate’’. En retour : un petit cachet de 20 millions d’euros sur deux ans, selon le tabloïd anglais The Sun. Pas pire. Rappelons que David Beckham a déjà pu démontrer ses qualités de lobbyiste à la solde de sa patrie dans la campagne des JO de Londres et du Mondial 2018, attribué finalement à la Russie. De plus, le Qatar lorgnerait vers les États-Unis, tenté par l’acquisition d’une des franchises de la MLS. Le Spice Boy serait naturellement l’homme idéal pour servir d’intermédiaire, lui qui a contribué à rendre attractif le championnat lors de sa parenthèse américaine au Los Angeles Galaxy (2007-2012). Il faut dire que ces dernières années le richissime Qatar est passé maître dans la géopolitique du foot. D’après le journaliste Arnaud Hermant coauteur du livre Le PSG, le Qatar et l’argent, ce petit pays d’1,8 million d’habitants se protège et tisse des alliances notamment via le soft power de ses investissements stratégiques à l’étranger.


Leonardo, Ancelotti et Al Khelafi lords de l’Open de tennis de Doha

En plus de faire diversion sur les manœuvres douteuses du Qatar, l’arrivée des Beckham à Paris représente bien évidemment une manne pour le club francilien. David Beckham c’est une marque évaluée à 260 millions de dollars et parlant de marques, le PSG est prêt à tout pour développer la sienne. Vrai, le Britannique va verser son salaire de 800 000 euros à une organisation caritative, mais ce « généreux » don fait partie d’un stratagème qui lui permettra d’être exonéré d’impôt sur l’ensemble de ses rémunérations annuelles soit entre 30 et 35 millions d’euros. C’est pour contourner le fisc français que la famille Beckham a élu domicile fiscal à Londres et décidé de séjourner moins de six mois et un jour dans l’Hexagone. En tant qu’employeur, le club de la capitale est contraint de verser un salaire à Beckham et ce sera le minimum permis par la Charte du football : 2200 euros mensuels. Des « peanuts », mais tout de même assez pour couvrir les dépenses en make up de Posh Spice…

Évidemment, le Britannique a négocié avec le PSG des juteuses royalties sur les ventes de maillot à son nom à hauteur de 20% ; bien moins que les 50% négociés à Los Angeles sur tous les produits à son effigie. Cela dit, au Real Madrid, il y a quelques années, le joueur a fait vendre un million de maillots et permis au club d’augmenter ses ventes de merchandising de 460 millions d’euros. Si les maillots ‘’Beckham 32’’ à 110 euros se vendent au même rythme que durant sa période madrilène, il récolterait près de 2,3 millions d’euros en cinq mois. Pour le PSG, ce sera une course contre la montre afin de siphonner au maximum les bénéfices commerciaux de sa présence, même comme figurant.

Effet collatéral des plus insolites, l’opération Beckham avantagerait politiquement le Parti Socialiste français. Un mois après l’affaire Depardieu, elle détruit les arguments de l’UMP sur la France qui n’attire plus les talents. Un cadeau inespéré pour la gauche de François Hollande même si sans le tour de passe-passe fiscal, les Beckham ne seraient probablement pas à Paris. Ironiquement, les actionnaires qataris du PSG sont venus en France avec la bénédiction du président Sarkozy. Ce qui serait vraiment zlatanant, c’est que Beckham finisse par claquer la porte du PSG et parte jouer en Russie. En tout cas, ça ne sera pas pour cause d’angoisse fiscale.

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Jason Lefebvre a dit...

Excellent billet , 5***** !!!

C'est sur et certain qu'il y avait un tour de passe passe salariale vu la troublante fiscalité Francaise , le socialisme et le sport font rarement bon ménage .

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