Luc Beaudry

Luc Beaudry

Homme |
Magog

280
coéquipiers
32
abonnés


visites

Bravo aux équipes de hockey masculine et féminine, Alexandre Bilodeau, Mikael Kingsbury, Justine et Chloé Dufour-Lapointe,Charles Hamelin
140 caractères

Dernière connexion:

Minimiser
Mes Groupes
Minimiser
Mes Coéquipiers
Minimiser
Mes blogueurs préférés
Minimiser
Mur de commentaires
Minimiser
Mots-clés populaires

ROULER AU COEUR DU MONDE, RENÉ OUELLET.

Vues: 3 votes
154554_large

Les calepins des aventuriers Récit de voyage ROULER AU CŒUR DE MONDE PAR RENÉ OUELLET

L’été avant son départ,l’an 2000, René Ouellet se prépare et fait 4,000 km d’entraînement. La 1ère ville passée la frontière c’est Détroit, la désolation. Aux États-Unis, il est bien reçu, comme quelqu’un de la famille; les américains réalisent qu’il peut voyager dans le monde en sécurité puisqu’il n’est pas accompagné de l’image d’arrogance et d’ingérence de leur pays, étant Canadien. René a confiance : il couche près des cimetières, pénètre dans des commerces ou il n’y a que des noirs, confie son vélo pour surveillance à des groupes de jeunes./

/
En roulant seul, il retrouve le calme et la sérénité souhaités : il remet de l’ordre dans ses idées. En Louisianne, il échappe à son 1er danger : attaquer par un prêtre homosexuel de 150 kg. René est peu attaché au tourisme : il ne s’intéresse pas beaucoup à l’Histoire, la Culture ou la Musique des lieux qu’il visite. En revanche il est très près des gens et sent leur âme. Au Texas, il est attaqué par 4 chiens errants. Au Mexique, étant blanc, il est appelé gringo : quand il répond qu’il est Canadien, il devient amigo. Toute une différence qu’il affiche comme drapeau sur son vélo, celui du Canada et du Québec./

/
La route est étroite; 2 camions se rencontrent et la turbulence le projette dans un ravin; il est chanceux, plus de peur que de mal. René a souvent l’impression que ses rencontres et les incidents du voyage ne sont pas fortuits : serait-il né sous une bonne étoile ? Cette réflexion va le suivre son voyage durant.

/.
Il a quand même 50 ans; il se fait un claquage, éprouve de la difficulté à marcher mais pas à rouler ! Bienvenu dans le club, moi je marche tel un dromadaire mais je roule tous les jours ! René passe le Noel avec une famille mexicaine à Veracruz avec vue sur le Golfe du Mexique; la pinâta fera partie de la Fête. À Ventosa, des vents de 150km l’obligent à pousser son vélo pendant 6km. Au Guatemala plus qu’au Mexique, il est frappé par la pauvreté; mais il est toujours reçu comme un invité et les gens se privent pour lui donner bonne hospitalité. Il ne peut camper à l’improviste; il dort à l’abri près de résidences grillagées protégées par des gardiens armés ou des dobermans, près d’un hôpital et même dans entrepôt fermé à clé avec les rats. Au Salvador, le pays vient d’être ravagé par un tremblement de terre : les conditions y sont horribles. Un soir, il dort dans une arrière-cour et monte sa tente dans les excréments de poules et de chiens; mais il est aussi invité dans un hôtel au bord de l’océan et retrouve seul client, commande au bar puis fait la sieste dans un hamac. À l’entrée du Honduras, dans une chaleur étouffante, une nuée de changeurs lui offrent le meilleur taux pour convertir ses colons salvadoriens. À Managua, au Nicaragua, il passe près d’un dépotoir ou vivent de nombreux pauvres. Au Costa-Rica, il zigzague pour monter des côtes; mais la sécurité y est plus grande et il en profite en paix. Le soir, il se fait à manger sur son réchaud à essence, qui d’autre oserait ? Au Panama il donne une mini-conférence aux élèves de l’Alliance française; ils sont étonnés de son accent, il leur confie de c’est le plus beau français du Monde. Il rencontre le président de l’Association canadienne; celui-ci est propriétaire d’un magasin de sports import-export. Il lui offre un emploi pour trouver des sous pour un vol vers l’Équateur; en plus, il lui propose d’être commanditaire pour les vélos Schwinn et les vêtements Louis Garneau avec plein de revenus qu’il lui enverra jusqu’au bout de son étape africaine, wow. Il passera ainsi 3 mois comme représentant avant de s’envoler pour un autre continent : il aurait aisément pu y séjourner plus longtemps, s’intégrer à cette activité commerciale et développer des circuits de cyclotourisme, mais tel n’est pas son destin./

http://www.youtube.com/watch?v=
http://www.youtube.com/watch?v=

/
Il se ressent beaucoup de l’humidité qui règne; il faut avouer qu’il voyage avec 70 kg de matériel. C’est à prendre en considération pour évaluer sa route rendue au Pérou et ses distances parcourues en montagnes. Le sable blanc des sommets lui offre comme compensation parmi les plus beaux paysages du voyage. Souvent il roule à côté d’un ravin avec ses sacoches qui font opposition au vent, assez déséquilibrant et dangereux. Ce pays de 3,000 km lui a été assez difficile à traverser. Au Chili, les ennuis ne disparaissent pas pour autant; dans une épicerie, il ne reste plus rien, c’est le vide total. Puis il connaît des ennuis mécaniques : les rayons de sa roue arrière brisent. Il doit prendre un camion jusqu’à la ville voisine. Il traverse ensuite le désert d’Atacama, le plus sec au monde. Il roule, roule encore et avant de passer en Argentine pour atteindre la Terre de Feu, le temps devient enneigé./

http://www.youtube.com/watch?v=

/
En entrant en Argentine, il note la différence : la route est bordée de fleur. Il campe près d’un ruisseau et fait le grand nettoyage. Le jour d’après, il rencontre 2 Suisses avec qui il a roulé au Nicaragua et ensemble ils se rendent dans une Auberge de Jeunesse; ils partagent la soirée avec 7 cyclistes de nationalités différentes dont 1 Canadien.René n’aime pas faire le tourisme mais les contacts qu’il héritera dans les Auberges de Jeunesses propulseront son voyage à une autre dimension.

/.
La route de la pampa en Patagonie, au sud de l’Argentine, relève pour René de l’exploit : c’est l’étape à date la plus difficile du voyage et les forts vents ne sont pas indifférents à cet état de fait. Ces vents sont constants : il va maintenir une moyenne de 5km/h et pourtant parcourir 2,500 km. Certaines villes sont distantes de 200 km; heureusement les journées sont longues et René roule jusqu’à 10 heures par jour. Parfois, les villes indiquées sur les cartes n’existent plus. Il pénètre de nouveau au Chili, prend un traversier et atteint la Terre de Feu, le Détroit de Magellan. Quelques jours horribles de pédalage et il atteint Ushuaia à 21,000 km de Québec, le 15/12/01; il est de nouveau en Argentine. C’est la crise économique et les touristes sont bloqués aux banques; pas de moyen d’avoir de la liquidité. René séjourne quelques journées à une auberge de jeunesse pour récupérer et rebondir; il fait quelques sorties avec Greg, un belge qu’il compte revoir en Europe. Le 27 décembre, après avoir fêté Noel accueilli par une famille argentine, il part par Buenos Aires et compte prendre l’avion pour l’Afrique. Il est incapable de rouler; les vents l’immobilisent à 3 km/h. Il va faire de l’auto-stop pour se sortir de cette situation; il passe le jour de l’an avec la famille d’un camionneur. Étant donné la crise monétaire, René peut difficilement faire l’acquisition de son billet pour Cape Town en Argentine; il va opter pour Sao Paulo au Brésil et demande à son contact au Panama d’entreprendre les démarches. Il se rend à Sao Paulo en bus et prononce une conférence à l’Alliance Française dont il profite ensuite des facilités; son commanditaire lui a procuré $1,400 pour un vol sur Air Africa et de la liquidité pour ses besoins. Il prépare la suite de son périple dans le confort d’un hôtel; le transport des vélos sur une compagnie aérienne est une procédure assez compliquée. Pédales inversées, guidon dans le sens du cadre, roue enlevées puis le tout dans un sac de plastique parfois fourni par le transporteur, d’autre fois non. Certaines cies vont exiger une boîte de carton et des frais élevés à partir d’un certain poids; j’ai moi-même vécu ses contraintes et l’on n’est jamais sécurisé qu’avant les dernières minutes précédant le départ./

http://storage.canoe.ca/v1/dynamic_resize/sws_path/jdx-prod-images/-269313_ORIGINAL.jpg

/
Arrivé à Cape Town en Afrique du sud, il est hébergé à l’Auberge de Jeunesse; il prend contact avec les autorités canadiennes au sujet des avis politiques sur les pays africains. Il prend aussi conscience qu’on y roule à gauche. Il s’inscrit à la Cap-Argus-Pick Pay Tour auquel 35,000 cyclistes prennent part. On tourne un reportage sur lui à la télévision nationale : Fred un québécois le voit et lui envoie un courriel. Il ira chez lui passer quelques jours en écoutant de la musique québécoise et une partie de hockey olympique impliquant le Canada; son moral en est rehaussé et c’est dans cet état d’esprit qu’il entreprend le Tour. La distance est de 109 km et il fait 40 C : il n’y a plus rien à boire aux relais et 2 personnes mourront de déshydratation. René terminera en 4H30; le lendemain, il quitte Cape-Town en vélo./

http://www.youtube.com/watch?v=

/
Il laisse son équipement à une caserne de policiers et roule allège jusqu’au Cap Agualas, point de rencontre de l’océan Indien et de l’océan Atlantique, le 2ième objectif de son voyage.

Suite au prochain blogue : merci de votre lecture.

0+0+0+0+0+0+0+0+0+0+0+0+0+0+0+0+0+0+0+0+0+0+0+0+0+0+0+0+0+0+

Nous vous invitons à faire partie des FANS DU VÉLO : venez-y discuter de vos sorties, informez-vous du Tour du Silence ou du Great Five Boro Bile Tour, des vélo-péniches en Hollande, profitez-en pour nous montrer vos photos de voyage en bécane et même vos vélos. Et puis un jour, peut-être bien nous retrouverons-nous avec un groupe de cyclistes sur un autre continent, comme René. Pourquoi pas ? Hasta la Proxima ! LUC BEAUDRY
Feed

Luc Beaudry a dit...

joelle Cyr

Tu as raison mais attends de voir le chapître sur le continent africain...

Joelle Cyr a dit...

histoire inspirante!!

Avec la collaboration du Fonds Bell  |  Termes et conditions  |  Code de conduite  |  Contactez-nous
© RDS.ca 2010