Roland Laurendeau

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La semaine dans la vie de Tiger Woods : éthique, jaunisme et coups de poing sur le nez

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L’expression « journalisme jaune » décrit le journalisme qui vise par l’exagération ou le sensationnalisme à attirer le lectorat. – Roland Laurendeau

Ce qui a commencé par un simple « accident » de la route (même pas sur la route d’ailleurs, un « accident de l’allée privée », devrions-nous dire) devient lentement mais sûrement le scandale sportif de cette fin d’année, dont se pourlèchent les revues à potins – à juste titre. Car il s’agit bien ici de cela : du potin sportif, le sport en moins. À l’exposant mille.

Ainsi donc, le modèle de la réussite à l’américaine serait moins droit que son image le laisse croire; moins droit et rigide, apparemment, qu’une partie spécifique de son anatomie. Woods n’aurait de bois que le nom et n’en serait pas fait ; et ne garderait pas son bâton le plus utilisé dans son sac de golf ; il serait dorénavant commandité par « Nique » plutôt que « Nike ».

Trève de calembours douteux, relevons ceci : une certaine presse s’est emparée de l’affaire pour en faire ses choux gras, au grand dam de la presse sportive dite « sérieuse ». « Jaunisme ! », se sont écriés certains. Avec raison. S’emparer d’une affaire privée sous prétexte que les participants sont des personnalités publiques et en pousser l’interprétation à la limite de l’acceptable, voilà bien une forme de journalisme dit jaune.

Par contre, nous pouvons en dire tout le mal que nous voulons, les journalistes jaunes en question, à défaut d’avoir une morale, ont une qualité – intrinsèquement liée au travail qu’ils font et sans laquelle ils passeraient autant de temps en cour civile que devant un clavier – à laquelle de nombreux commentateurs dits « sérieux » devraient s’intéresser : de l’éthique journalistique. Avant d’avancer quoi que ce soit, ils demandent des preuves, tentent de valider leurs sources. Ils savent qu’ils marchent en eaux troubles (et nagent sur des oeufs) et peuvent facilement être exposés à des poursuites en diffamation, alors ils se protègent.

Trop souvent dans la couverture sportive dite « sérieuse », une certaine promiscuité existe : les équipes et circuits professionnels ont autant besoin de couverture pour assurer des recettes au guichet et dans les boutiques de souvenir que les médias ont besoin de ces équipes pour vendre de la copie ou attirer de l’auditoire. Que seraient RDS ou Corus Sports sans Canadien ? Est-il vraiment besoin de répondre à cette question ? Le fait que Québecor appuie la venue d’une équipe de la LNH à Québec n’est pas non plus étrangère au fait que TVA s’apprête à lancer une station de télévision consacrée au sport et se cherche désespérément une propriété sportive de cette envergure.

Par contre, de cette promiscuité naît un certain laisser-aller : certains « média-tiques » laissent leur éthique au vestiaire, et les clubs, voire les athlètes acceptent de vivre avec une certaine diffamation.

Nous ne parlons pas ici de juger de la performance d’un athlète ou d’un groupe d’athlètes. Que l’on juge du mauvais positionnement, d’une passe ratée ou d’un choix de jeu douteux, voilà des éléments d’analyse qui, à défaut d’être quantifiables, ont le mérite d’être visibles et qualifiables.

Là où le bât blesse, c’est que certains analystes qui ne sont pas dignes de ce titre (certains ont même été professionnels de leur sport, voilà qui est d’autant plus choquant !) se contentent, qui par paresse, qui par incompétence, de juger de l’intention des athlètes, et se rabattent sur des excuses telles que le manque d’effort, l’ émotion ou l’ intensité.

Répétons-le, à tout hasard : l’émotion, l’intensité et l’effort ne sont pas mesurables. Ainsi, expliquer une (contre-)performance en vertu de ces critères révèle non seulement les limites, mais souvent l’incapacité du commentateur à analyser adéquatement la performance en question, et constitue ni plus ni moins une forme de diffamation à l’endroit de l’athlète. Traiter quelqu’un de paresseux, de lâche ou de gagne-petit, sans autre preuve qu’une télédiffusion , est, au mieux, risible, au pire, diffamatoire.

Sans compter ceux qui associent certaines nationalités à certains critères : parlez-en à Jean Perron !

Il y a suffisamment d’éléments à analyser dans la performance sportive pour éviter de tomber dans cette forme déguisée de « jaunisme ».

Pendant ce temps, le compte de maîtresse de Tiger Woods a atteint la demi-douzaine. Les paris sont ouverts : à quel nombre s’arrêtera ce compteur ? Vos réponses plus bas, et nous publierons les résultats de cette étude dans 7 jours.


En vrac

Entendu en fin de semaine lors d’une entrevue, à propos de Canadien : « L’équipe est difficile à évaluer, en raison de la blessure à Markov. Je crois qu’il faudrait attendre le retour de Markov pour avoir une idée juste de la qualité de cette équipe. » Et qui a dit cette phrase ? Un fefan ? Un partisan aveuglé par l’équipe de marketing de Canadien ? Hmmm… vous nous connaissez, nous ne vous ferions pas languir si c’était le cas ! Non, il s’agit d’une citation de nul autre que Scotty Bowman , sommité s’il en est une.

Ainsi donc, Carcillo écope de 4 matchs de suspension pour son coup de poing à l’endroit de Bradley. La LNH veut ainsi clairement indiquer qu’ elle ne fait pas partie de ses circuits mineurs ou amateurs où on règle ses comptes à coups de poings sur la gueule .

Mais non, ce n’est pas ça ! En fait, ce serait une atteinte à leur virilité si les gars ne pouvaient régler ça avec un bon échange de coups sur le nez. Mais dans ce cas précis, l’adversaire n’avait pas jeté ses gants. Enfin oui, il les avait jetés, mais pas assez vite. Et il n’avait pas donné son accord oralement à un combat. Enfin, tout ça est très compliqué. Faut être connaisseur pour comprendre. Nous croyons que ça peut-être un lien avec l’intensité et l’émotion, on vous revient là-dessus sous peu.

Le jour où le singe est descendu de l’arbre et s’est mis à marcher, il est devenu Homme. Mais dans certains cas, il ne s’est pas trop éloigné de l’arbre, et y remonte à l’occasion. Le temps de « passer un message » ou « venger une mise en échec », par exemple.

Feed

fanfed a dit...

J'ai relu ton billet bien ficelé de subtilité sous les piques du sarcasme... belle plume vraiment. Tant que l'on fera des faveurs à d'anciens entraîneurs ou d'anciens joueurs qui sont parfois pertinents sur le sujet discuté, mais la vulgarisation du savoir fait défaut tout simplement parce que ce n'est pas leur créneau. La profession de journaliste retrouve souvent les meilleurs aux Jeux Olympiques parce qu'ils connaissent leur sujet et savent aussi comment nous le transmettre. Et merci pour la nuance que tu apportes à mon propos et dans cette perspective, je suis d'accord. Tiger Woods est victime du tempérament puritain toujours teinté d'hypocrésie, des résistants à la modernité sous des dehors bien "in" de certains Américains!Il semble que la "gloire" demeure le Dieu que l'on accepte de vénérer jusqu'à ce qu'il se mêle d'être "humain". Tes billets ont le mérite de nous faire discuter et c'est tant mieux. Aller, il y a pire dans ce beau monde!

fanfed a dit...

J'ai relu ton billet bien ficelé de subtilité sous les piques du sarcasme... belle plume vraiment. Tant que l'on fera des faveurs à d'anciens entraîneurs ou d'anciens joueurs qui sont parfois pertinents sur le sujet discuté, mais la vulgarisation du savoir fait défaut tout simplement parce que ce n'est pas leur créneau. La profession de journaliste retrouve souvent les meilleurs aux Jeux Olympiques parce qu'ils connaissent leur sujet et savent aussi comment nous le transmettre. Et merci pour la nuance que tu apportes à mon propos et dans cette perspective, je suis d'accord. Tiger Woods est victime du tempérament puritain toujours teinté d'hypocrésie, des résistants à la modernité sous des dehors bien "in" de certains Américains!Il semble que la "gloire" demeure le Dieu que l'on accepte de vénérer jusqu'à ce qu'il se mêle d'être "humain". Tes billets ont le mérite de nous faire discuter et c'est tant mieux. Aller, il y a pire dans ce beau monde!

Roland Laurendeau a dit...

fanfed, j'approuve ce que tu dis. Quant à l'émotion, je parlais surtout de ces analystes qui nous parlent de "manque d'émotion" pour expliquer une contre-performance. Ceci n'est pas quantifiable, et extrèmement subjectif ; il existe quantité de données et actions observables lors d'une compétition sportive, suffisamment pour qu'on puisse se contenter de déterminer les raisons d'une performance en vertu de ces éléments plutôt que se rabattre sur des excuses subjectives.

Je ne parle pas de colère ou de joie, qui sont effectivement observables.

Roland Laurendeau a dit...

Effectivement Raphaël, il y a beaucoup de hasard, de fractions de secondes, de fractions de centimètres et d'impondérables qui font que deux équipes / athlètes peuvent s'affronter deux fois en deux jours et obtenir des résultats tout-à-fait différents.

fanfed a dit...

Je me permettrai de te dire en vrac, que les athlètes puisqu'il s'agit de sport, sont avant tout des êtres humains et plusieurs de leurs réactions qui leur sont nuisibles, se font spontanément et sur le coup d'une émotion cher ami et même si cette émotion n'est point quantifiable, elle est à tout le moins "observable" enfin,quelqu'un qui a un minimum de compréhension de l'être humain. Quand à la médiocrité de plusieurs animateurs de sport, l'égo et l'adage du "vrai gars" sont mis à l'avant du propos, ce qui ne peut que résulter à de piètres discours puisque l'objectivité, l'élément essentiel est toujours absent du contenu. Quant à Tiger Wood, l'humain a sérieusement entamé l'athlète n'est-ce pas?...

Raphaël Duchesneau a dit...

Excellent billet! Je ne partage pas tous les opinions énoncés, mais je trouve ce billet drôle, intelligent et nuancé. Je partage très fermement ton avis concernant "l'éthique journalistique". Sans avoir à nommer qui que ce soit, (car la plupart d'entre nous reconnaitrons de quelles personnes il s'agit) nous pouvons facilement faire le lien ce que tu dis et ce que nous entendons en écoutant les matchs du Canadien à RDS (entre autres). Ce ne sont pas tous les journalistes qui le font (heureusement) mais c'est là un fléau fort répandu que ces jugements grossiers de commentateurs tels que "manque d'effort, manque d'intensité, manque d'émotion etc." Sans parler du fait qu'ils refusent très souvent d'évoquer le hasard pour parler des performances des athlètes. Alors que le hasard, il y en a partout dans le sport.

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