Pierre Houde

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Adieu Le Grand

Vues: 23 votes
Pierre Houde Catégorie : Hockey
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Je suis incapable de commencer pour vrai la rédaction de ce texte… Écris, efface, recommence, arrête.

Je me sens comme un entonnoir. Rien ne passe dans le goulot d’étranglement. Il y en a trop. De le tristesse ? À la tonne. Mais tellement d’autres choses. Des souvenirs impérissables, faits de discussions passionnantes sur le sport, la politique, l’histoire mais aussi sur la vie, de grands éclats de rire aussi, de judicieux conseils ici et là et de ce petit baume de sagesse sur mes insécurités quand il le fallait…

Je bloque encore. Ça ne passe pas. Par instinct, j’appelle Baert. J’ai envie de parler à Jean-Paul et lui dire combien je m’en veux de ne pas avoir organisé ce lunch qu’on s’était promis de prendre ensemble pour se remémorer les Jeux de Londres, qui furent un pur plaisir pour nous. À la fin de ma brève conversation avec Jean-Paul, j’ai succombé à mes émotions, comme un bébé. L’entonnoir s’est libéré…

Pour René Lecavalier, j’avais et j’ai toujours une admiration sans borne. Notre « père » professionnel a littéralement inventé la façon de décrire le sport en français et il a ennobli notre métier dès ses premiers mots à la radio et à la télé, ensuite. Je suis honoré d’avoir brièvement œuvré à ses côtés, à mes premiers pas.

Pour Richard Garneau, j’avais et j’aurai toujours une admiration sans borne. Mais les coïncidences de la vie ont aussi fait que j’aurai toujours en plus, pour Richard, une très profonde affection. Nos chemins se sont souvent croisés depuis mes premiers Jeux à la télévision, en 1984, à Los Angeles, pour Radio-Canada. Mais ils se sont confondus à deux reprises, récemment. En partie, d’abord, à Vancouver en 2010 et en totalité, à Londres, l’été dernier. C’est vraiment à cette occasion que j’ai eu l’honneur et le privilège de partager la vie de cet homme remarquable, sur tous les plans. Je serai éternellement reconnaissant d’avoir eu cette chance.

C’est Serge Arsenault qui le surnommait « Le Grand ». Il disait toujours « Le Grand, j’aimerais te parler », « Le Grand, on va faire ceci ou cela »… J’ai toujours cru que Serge avait trouvé le plus beau sobriquet pour Richard.

C’était vrai dans la forme, bien sûr. Quel homme n’a pas rêvé de ressembler à Richard Garneau, même à 82 ans ? Il entrait quelque part et il dominait la place, mais toujours doucement, sans s’imposer. À table, à Londres, je lui ai dit, à la blague mais avec admiration, « Richard, ça m’écoeure, je suis jaloux, t’es encore le plus bel homme du Québec. Tu nous laisses aucune chance ! » Il a souri en me rappelant, un peu gêné, le concours qu’organisait à l’époque Madame Lise Payette et qui l’avait consacré sur le plan de l’éloquence physique.

C’était vrai aussi sur le fond. Richard Garneau était doté d’une très grande culture, il possédait une extraordinaire connaissance générale, qui allait bien au-delà du sport, tout comme ses collègues des beaux jours de Radio-Canada, René Lecavalier, Jean-Maurice Bailly, Raymond Lebrun et Pierre Dufault. Il était féru d’histoire, avait fait le tour du monde et rêvait de le refaire encore. Il avait lu les grands auteurs et était un mélomane averti. Quand venait le temps de livrer sa performance, devant la caméra, « Le Grand » maîtrisait ses dossiers avec une acuité parfaite. Il était aussi, encore de nos jours, doté d’une mémoire exceptionnelle. Plus important encore, il avait encore la passion.

Mais c’était aussi très vrai sur le plan humain. Lorsqu’il se sentait en confiance, il s’ouvrait complètement et acceptait généreusement, en retour, que vous fassiez la même chose avec lui. Il était aussi bon conteur qu’il était bon auditoire. Je ne compte plus les fois où nous avons été tordu de rire, tous les deux, dans la salle de travail de notre quartier-général, à Londres, ou à notre position de commentateurs, dans le grand stade. Mais je retiendrai surtout, éternellement, les discussions à « cœur ouvert » que nous avons eues. L’une d’elles s’est faite sur le quai de la Tamise, au café extérieur de notre hôtel, tard le soir, en sirotant tranquillement un verre de vin. Après une longue journée de travail, tout en admirant la splendeur des lumières de Canary Wharf sur l’autre rive, nous avons partagé plusieurs facettes de nos vies respectives. Il reconnaissait parfaitement mes angoisses personnelles et professionnelles, les ayant connues lui aussi. Il reconnaissait aussi le droit indéniable à jouir de la vie, à aimer et être aimé. Il m’a fait cadeau d’une dose extraordinaire de sérénité, comme il l’a fait pour d’autres dans son entourage.

Des Jeux de Londres, il a souvent dit qu’ils furent ses plus beaux. À chaque fois qu’il le disait, je me réjouissais pour lui. Je considérais que la vie lui rendait bien les choses, qu’elle lui offrait un cadeau qu’il méritait tellement, à cette étape avancée de son parcours. Ce fut un honneur que d’avoir fait partie de sa famille professionnelle immédiate, dans cette phase qui fut si heureuse pour lui.

Lorsque les roues du Airbus 330 d’Air Canada nous ramenant de Londres ont touché le sol, à Dorval, mon vénérable voisin de cabine m’a dit « et bien mon cher Pierre, je ne sais pas si on va se revoir à Sotchi, dans un an et demie… ».

Et bien Richard, je peux te confirmer que tu y seras. Et à Rio, aussi…

Avec nous tous.

Adieu Le Grand. Je t’aime.

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Julie Landreville a dit...

Quel grand homme! Sa voix et ses connaissances nous manqueront lors des prochains Jeux Olympiques, mais son souvenir perdurera dans le cœur des québécois.

guy rochette a dit...

Mr Houde quel billet ,je suis certain que vous venez d'écrire un des plus beaux hommages que mr.Garneau pouvait recevoir!!!

motscrus motscrus a dit...

Très priviliégiés , les gens qui ont cotoyés ce type de personne... et de ces gens, très généreux sont ceux qui prennent de leur temps et de leur tribune pour nous en parler... le bien vient de perdre un haut-gradé, mais combien de soldats se sont enrolés tout au long de son parcours... de par son exemple... les gens bien, entretiennent l'espoir, la vie...

claude laporte a dit...

oui c etait un grand et aimais le sport et le souvenir de lui c est d avoir fait la course sur le mt royale le demie marathon de l universite de mtl il courais avec un autre sportif jo malejac va toujours me souvenir de ce moment la

matthei a dit...

Si Richard Garneau le disait, c'est par ce que c'était ca !

Personne ne meurt t'en et aussi longtemp que l'on se souvient.

Bon voyage M'sieur Garneau.

luc rock a dit...

Merci Pierre pour ce très beau témoignage. Vous avez été un super duo aux jeux.

André Lamarche a dit...

Merci Pierre de nous avoir parlé de ce grand homme. Il manquera aux canadiens-français à l'éendue du Canada. merci encore

Sylvain Poupart a dit...

Je n'ai qu'un mot qui me viens a l'esprit pour dire ce que je pense de M.Garneau ''CLASSE''.

Andre Pepin a dit...

Suite...

Je partage votre peine M. Houde et je suis certain que votre ami, même s'il vous manquera, saura tout de même accrocher un sourire à votre visage quand vous vous remémorerez les bons moments passés avec lui!

P.S. J'ai fêté mon 52e anniversaire de naissance hier et je me disais que le temps passait trop vite. Bizarrement, je me suis mis à penser à mon enfance et à l'école primaire où j'allais... L'école St-Ernest, à Duvernay, Laval... La même que vous avez aussi fréquenté si je ne me trompe pas. J'avais même dans ma classe, en première année, votre soeur Johanne! Saluez-là pour moi SVP... bien qu'il est probable qu'elle ne se souvienne plus de moi! :)

Andre Pepin a dit...

J'aimerais vous offrir mes plus sincères condoléances Pierre. Ce n'est jamais facile de perdre un être cher... D'autant plus que M. Garneau était quelqu'un d'unique en son genre. Cultivé, sportif, aimable, passionné et humaniste!

La voix de Richard Garneau! Je me ferme les yeux et je l'entend... Ça me rappelle les samedis soirs de mon enfance et de mon adolescence où je regardais les matchs du Canadien, presque sans exceptions, à Radio-Canada. Avec René Lecavalier et Gilles Tremblay, ils formaient un trio hors-pair à la description et l'analyse des matchs. J'écoutais aussi Richard à la description des match à la radio. Puis il y eut aussi les 23 Jeux Olympiques qu'il a couverts toujours avec la même verve et la même passion. Merci M. Garneau pour tous ces beaux moments!

Yves Morest a dit...

@ Monsieur Pierre Houde,
Très bel hommage rendu à votre ami et collègue Richard Garneau. J' ai eu l' immense plasir de le rencontrer, à l' inaguration de la statue de Maurice Richard à Gatineau, il y a quelques années. J 'ai d' ailleurs conservé l' excellente photo prise en sa compagnie. Il était très sympathique et de très bonne compagnie. Un monsieur, une légende qui a marqué la Radio et la télévision, par son professionnalisme et la qualité avec laquelle il décrivait pour les auditeurs ou téléspectateurs le sport. J' offre à la famille, aux nombreux amis et collègues de travail, mes plus sincères condoléances. Yves Morest

gady a dit...

10 étoiles

placide regis a dit...

bonjour pierre excelent billet

Stéphane Despins a dit...

Quel beau témoignage, je suis vraiment très ému!!!!

normik a dit...

Super témoignage Pierre sur un de nos plus grands! Bravo,bien écrit! RIP M.Richard Garneau!

Serge Gélinas a dit...

Vous êtes un digne successeur, M Houde continuez la tradition le flambeau est passé.

so31 a dit...

Il a fais 23jeux olympic cetais un grand homme je nai que 30 ans mais je lai bcp suivi,mes parents mon bcp raconté des anecdotes a son sujets cétais un des plus grand ici merci pour tous ont vous aimes beaucoups m.garneau

balou10 a dit...

Bonjour M. Houde.
Merci pour ce texte très touchant. Je me suis levé ce matin, et, tout en préparant mon café, j'ai ouvert la télévision à LCN. Votre frère Paul y racontait des anecdotes. Tout endormi encore, sans même réaliser de quoi il s'agissait, j'ai deviné. Et en regardant l'écran j'y ai vu la nouvelle: <<Dernière heure: Décès de Richard Garneau>>.
Bien que je sois encore jeune, 44 ans, bientôt 45, j'ai grandi en regardant La Soirée du Hockey à Radio-Canada. J'ai grandi avec René Lecavalier,Richard Garneau, Gilles Tremblay et Lionel Duval. Il faisait partie de <<la famille>> en quelque sorte. Il m'a fait aimer l'athlétisme. Au Jeux Olympiques, je ne manquais jamais ces épreuves, sachant que c'était lui le descripteur.
Sans vous manquer de respect monsieur Houde, après René Lecavalier, le maître dans le domaine, il fut le plus grand descripteur au hockey.

Le monde du sport a perdu le Jean Béliveau des descripteurs sportifs.

Adieu MONSIEUR Garneau...

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