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le prêté...

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Il évolua à une époque ou il était « monnaie courante » que les équipes de la NHL prêtent un ou des joueurs à une autre équipe, rivale, surtout en temps de guerre alors que certains joueurs s’étaient enrôlés dans l’armée... Nécessairement, on aurait pu être porté à croire que le joueur prêté ne donnerais pas son plein effort lorsqu’il aurait à affronter l’équipe pour laquelle il appartenait, mais il n’en était rien puisque le joueur prêté en était un qui n’était pas suffisamment bon pour être un joueur régulier de l’équipe, tout en étant trop bon pour n’être qu’un substitut... L’équipe qui le prêtait espérait qu’il obtienne un temps de glace de qualité et continue sa progression, alors que le joueur prêté désirait profiter de l’occasion pour démontrer son talent afin qu’une autre équipe puisse s’intéresser à lui…

Dans son cas, la situation ne l’avantagea vraiment pas lors du deuxième match de la demie finale de la Coupe Stanley, le 23 mars 1944, alors que l’équipe à laquelle il appartenait, LE Canadien, était opposée à l’équipe à laquelle il avait été prêté, les Maple Leafs de Toronto... Maurice Richard se moqua de son coéquipier « prêté », gardien de but, en le déjouant pas une fois, ni deux fois, mais bien à cinq reprises dans une victoire DU Canadien, 5 à 1... Le journaliste Charles Mayer décerna les trois étoiles de la rencontre à Maurice Richard, pendant que le pauvre « prêté » rentrait au vestiaire après avoir fait de son mieux toute la soirée devant ses filets…

Paul-Emile « Babe » Bibeault est né le 12 avril 1919, à Montréal, en la province de Québec, au Canada... C’est du moins ce qu’indique son extrait de naissance, alors que tous les sites internet et autres documents officiels indiquent qu’il soit né le 13... Fils d’Albert P. Bibeault, commis, et d’Anna Neveu, Paul-Emile fut baptisé le même jour, à la paroisse Sainte-Elizabeth-du-Portugal, de Montréal... Arsène Latraverse fut son parrain et Maria Plouffe sa marraine…

Gardien de but de 5 pieds 9 pouces, 160 livres, qui attrapait de la gauche, Bibeault entama sa carrière chez les Maple Leafs juniors de Verdun, de la Ligue de Hockey Junior du Québec (LHJQ), lors de la saison 1938-39... Il remporta neuf des onze parties auxquelles il prit part, et annula les deux autres, ce qui lui valu le fait d’être invité par les Maple Leafs séniors de Verdun, de la Ligue de Hockey Sénior du Québec (LHSQ) pour une partie éliminatoire... Il participa également à la Coupe Mémorial de 1939…

Les Maple Leafs sénior lui confièrent le filet la saison suivante, et Bibeault performa assez bien pour être nommé sur la deuxième équipe d’étoiles de la LHSQ... Il rejoint ensuite les Canadiens séniors de Montréal, également de la LHSQ, lors de la saison 1940-41 et impressionna suffisamment la direction DU Canadien pour qu’elle lui demande d’apposer sa signature sur un contrat, le 6 mars 1941... Immédiatement, Bibeault fut appelé à garder les buts du tricolore pour les quatre parties restantes de la saison…

Bibeault arriva au moment ou LE Canadien était sixième d’une ligue composée de sept équipes, et au moment où Bert Gardiner était le gardien numéro un... L’entraineur Dick Irvin, nommé à ce poste en début de la saison, désirait voir comment Bibeault réagirait face aux joueurs du calibre de la grande ligue, et la jeune recrue, qui porta les numéros 1 et 14, se débrouilla fort bien... Il accorda quinze buts en trois parties et demies, remporta l’une des parties auxquelles il prit part, perdit deux d’elles, et eut l’occasion de partager le premier blanchissage conjoint de l’histoire de la NHL avec Gardiner, le 15 mars, alors que l’entraineur Irvin alterna les deux gardiens à toutes les sept minutes, pendant toute la partie, remportée 6 à 0 par LE Canadien sur les Americans de New York...

En début de la saison 1941-42, LE Canadien assigna Bibeault aux Lions de Washington, de l’American Hockey League (AHL) et lança une invitation au gardien Dave Kerr, des Rangers de New York, dans le but d’en faire le substitut de Gardiner... Celui-ci réfléchit longuement et déclina l’invitation, en novembre, préférant prendre sa retraite... L’entraineur Irvin décida alors de rappeler Bibeault des Lions et de leur envoyer Gardiner... Bibeault enfila le chandail numéro 1 et termina la saison chez LE Canadien, qui se classa à nouveau sixième sur sept équipes…

La saison 1942-43 marqua l’arrivée de Maurice Richard avec LE Canadien... Bibeault eut la chance de protéger le filet de l’équipe lors de chacune des cinquante parties de la saison, pendant que Gardiner était prêté pour la saison aux Black Hawks de Chicago... Celui qui portait fièrement le numéro 1 opta également pour le numéro 16, et devint le premier, et le seul joueur de l’histoire DU Canadien, à porter le numéro 0... LE Canadien enregistra une fiche de dix neuf victoires, dix neufs défaites et douze parties nulles... IL termina quatrième d’une ligue maintenant composée des six équipes « Original six »…

Après avoir servit brièvement dans l’armée canadienne lors de la Deuxième Guerre Mondiale, Bibeault ne put reprendre sa place devant les filets du tricolore à son retour... LE Canadien avait vendu les droits de Gardiner aux Bruins de Boston, le 29 octobre 1943, et avait réussi à convaincre Bill Durnam, un gardien de vingt sept ans des Royals de Montréal, de la LHSQ, à signer un contrat avec le Bleu-Blanc-Rouge... Bibeault, âgé de vingt quatre ans, fut donc prêté, le 22 décembre, aux Maple Leafs de Toronto, pour le restant de la saison…

Durnam entama sa saison recrue avec une fiche de onze victoires et trois parties nulles en quatorze parties, garda les buts du tricolore pour chacune des cinquante parties de la saison, et remporta le trophée Vézina remit annuellement au gardien considéré le meilleur de la ligue... Bibeault connut une magnifique saison à Toronto et fut nommé sur la deuxième équipe d’étoiles de la ligue... LE Canadien, maintenant propulsé par le trio de la Punch Line, Toe Blake, Elmer Lach et Maurice Richard, termina premier de la ligue, et les Maple Leafs terminèrent troisième... C’est lors des séries éliminatoires de 1944 que Bibeault accorda cinq buts à Richard, dans une même partie, alors que LE Canadien était en route pour la cinquième conquête de la Coupe Stanley de son histoire…

Mais LE Canadien préférait tout de même faire confiance à Durnam... Ne voulant pas abandonner son « deuxième » gardien, l’organisation se tourna, le 27 décembre 1944, du côté des Bruins de Boston, qui venaient de perdre leur gardien Frank Brimsek, enrôlé dans l’armée, et leur prêta Bibeault... Durnam protégea les filets DU Canadien à nouveau lors de chacune des cinquante parties et remporta à nouveau le trophée Vézina, pendant que Bibeault connaissait une saison difficile chez une équipe qui perdit deux fois plus souvent qu’elle ne gagna... Le 25 septembre 1945, LE Canadien vendait les droits de Bibeault aux Bruins…

Petit à petit, Bibeault s’acclimatait bien à son nouvel uniforme jaune et noir... Les Bruins montraient une équipe améliorée et faisait la lutte AU Canadien pour la première position de la ligue, lorsque Durnam se blessa à la main, le 6 janvier 1946... LE Canadien ne put faire appel à Gerry McNeil, celui qui était maintenant considéré comme le gardien substitut de l’équipe, puisque celui-ci du se faire opérer pour une appendicite... IL réussit donc à rapatrier Bibeault de Boston, le 8 janvier, en retour de Mike McMahon…

Bibeault garda les buts DU Canadien pour les dix parties restantes de la saison régulière, et eut l’occasion de participer à une centième partie dans l’uniforme tricolore, le 25 janvier 1946, au Forum de Montréal, face aux Rangers de New York... Durnam revint au jeu dès le début des séries éliminatoires, remporta à nouveau le trophée Vézina, et aida LE Canadien à remporter la sixième Coupe Stanley de son histoire...

Le 23 septembre suivant, LE Canadien échangeait à nouveau Bibeault, tout en conservant un droit de rappel, aux Black Hawks de Chicago, en retour de George Allen... Bibeault connut une saison difficile chez les Black Hawks, qui terminèrent dernier de la NHL, et évolua même pour les Rangers de Fort Worth, de la United State Hockey League (USHL) pour onze rencontres régulières et neuf parties éliminatoires... Les Black Hawks récupérèrent Allen à la fin de la saison 1946-47, pendant que LE Canadien faisait de même avec Bibeault... Sa carrière dans la NHL était toutefois terminée…

En sept saisons dans la NHL, Bibeault aura évolué pour quatre des six formations « Original Six »... Il prit part à 214 parties, récolta 81 victoires, subit 107 défaites, enregistra 25 parties nulles et réussit 10 blanchissages... Sa moyenne de buts alloués par partie s’élève à 3,65... Il prit également part à 20 parties éliminatoires, dont six lui furent créditées à titre de victoires...

Chez LE Canadien, Bibeault montre 41 victoires en 102 parties, en plus de 46 défaites, 14 parties nulles et 3 blanchissages... Sa moyenne de buts alloués par partie est de 3,55... Il a prit part à huit parties éliminatoires et est sorti vainqueur de deux d’elles…

Au printemps 1947, Bibeault épousa Evelyn Alphonsine Selke, fille de Frank Selke, directeur général DU Canadien... Il avait fait la connaissance d’Evelyn quatre ans auparavant, alors qu’il évoluait pour les Maple Leafs de Toronto, dont Selke était alors directeur général…

Il poursuivit sa carrière de gardien de but chez les Bisons de Buffalo, de l’AHL, lors de la saison 1947-48, puis chez les Texans de Dallas, de l’USHL, la saison suivante, ou il participa aux soixante cinq parties de la saison régulière en plus de quatre parties éliminatoires... Il performa assez bien pour être nommé sur la première équipe d’étoiles de l’USHL et remporter les trophées Charles-Gardiner, décerné au gardien par excellence de l’USHL, et Herman-W.-Paterson, remis au joueur par excellence de l’USHL...

A l’automne 1949, Bibeault devint le directeur général des Mohawks de Cincinnati, de l’AHL, et continua d’évoluer à titre de gardien auxiliaire de l’équipe lors des saisons 1950-51 et 1951-52... Il prit part à trois parties lors de la saison 1953-54, puis à deux autres la saison suivante, avant de quitter les Cyclones et prendre le chemin de Rochester, en 1956, ou il devint le directeur de l’aréna War Memorial et le directeur général des Americans de Rochester, de l’AHL…

Bibeault revint enfin au Québec en 1964 et devint le directeur de l’aréna de Pointe-Claire, en plus d’être directeur de la billetterie d’Expo 67 en 1967... Il est décédé le 2 août 1970, à l’âge de 51 ans, des suites d’un cancer, dans la ferme familiale des Selke, à Rigaud, en la province de Québec, au Canada, et repose au cimetière Sainte-Madeleine de Rigaud, aux côtés de son épouse Evelyn, décédée en 1995, et de son beau-père et sa belle-mère, Francis Joseph Selke et Mary Agnès Schmidt…

Références
http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Bibeault
http://en.wikipedia.org/wiki/Paul_Bibeault
http://notrehistoire.canadiens.com/player/Paul-Bibeault
http://ourhistory.canadiens.com/player/Paul-Bibeault
http://www.nhl.com/ice/player.htm?id=8449823#&navid=nhl-search
http://www.legendsofhockey.net/LegendsOfHockey/jsp/SearchPlayer.jsp?player=18433#.UQb2-5GoArg
http://www.goaliesarchive.com/canadiens/indexbibeault.html
http://www.goaliesarchive.com/leafs/bibeault.html
http://www.goaliesarchive.com/bruins/indexbibeault.html
http://www.goaliesarchive.com/hawks/indexbibeault.html
http://www.hockeydb.com/ihdb/stats/pdisplay.php?pid=13338
http://www.findagrave.com/cgi-bin/fg.cgi?page=gr&GRid=8529321
http://www.ancestry.com

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goalpoke a dit...

Aye on en apprend des choses sur ton blogue ma chère Vickie!!
Un vrai cour d'histoire hockey en un seul lieu.

Yves M a dit...

du bonbon tes billet Vickie ;-)

vickie6535 a dit...

@Michel
effectivement, j'avais indiqué 1944 en haut du billet et 1943 plus loin...j'ai apporté la correction, un gros merci de l'avoir soulignée...

Michel Vigneault a dit...

«C’est lors des séries éliminatoires de 1943 que Bibeault accorda cinq buts à Richard, dans une même partie, alors que LE Canadien était en route pour la cinquième conquête de la Coupe Stanley de son histoire».
Tu voulais sans doute dire en 1944, car c'est Detroit qui a gagné la coupe en 1943.

Toujours excellente.

noully a dit...

Encore un autre excellent billet!

Vickie,c'est vraiment avec un réel plaisir que je "savoure" tes billets qui m'apprennent beaucoup sur des personnages du hockey que je n'ai jamais entendu parler.
C'est de la belle job que tu fais là ma belle.Il y a beaucoup de recherches et de la passion.
En tout cas,tu m'en apportes beaucoup et je t'en remercie.
Parlant de Bibeault,je suis sure qu'il est né le 13 Avril,c'est la plus belle date de l'année!:)
Le but premier des prêtés était louable,chacun pouvait en retirer une satisfaction,c'était utile à l'un comme à l'autre.Le joueur qui pouvait s'améliorer et aussi le défit de se faire valoir aux yeux de son équipe d'origine.
Merci vickie!Bonne continuité!

Denis Beauchamp a dit...

Vraiment encore un excellent billet ma chère. Qu'il est intéressant de lire l'histoire de notre équipe favorite et d'en apprendre toujours plus grâce à une aussi belle plume que la tienne. Ce n'est pas tout de faire les recherches, il faut ensuite mettre les mots un à la suite de l'autre pour en faire une phrase. Ensuite, il faut mettre d'autres phrases pour quelles deviennent des paragraphes et tout cela, de façon cohérente pour tes lecteurs.

Vraiment, tu es une excellente raconteuse, tu me fais vivre ce temps, j'y suis avec lui, avec eux! Bravo Vickie et surtout, continu de nous divertir et renseigner sur le Canadien de Montréal!

Louis Fournier a dit...

Bon billet, Vickie, comme à l'accoutumée. Quand on aime l'histoire du hockey, c'est un plaisir de remonter dans le temps. À la prochaine !

vickie6535 a dit...

@Cynthia
merci beaucoup...ça se faisait effectivement dans le temps, surtout lorsque la Deuxième Guerre Mondiale a éclatée et que les équipes ont perdus beaucoup de joueurs partis au front...ça ferait vraiment drôle de voir cela aujourd'hui, genre LE Canadien, qui a huit défenseurs, en prête un à une autre équipe pour pouvoir le garder plutôt que de l'échanger...

Cynthia Lessard a dit...

Bel article :) je savais pas qu'il était permis de prêté des joueurs comme ca.

vickie6535 a dit...

@Jacques
effectivement...il ne fut pas le meilleur de son époque, mais plutôt deuxième à une période ou les équipes n'utilisaient généralement qu'un gardien...il a du faire ses valises bien souvent, il eut confiance en lui et a persévéré, et a réussi à participer à 214 parties dans la NHL...

Jacques P Morin a dit...

vickie6535 , merci chère consoeur pour cette narration fort intéressante de la carrière de Monsieur Bibeau.
Il faillait aimer sa profession de hockeyeur pas à peu près pour endurer toutes ces incertitudes et cela avec un rémunération plutôt humble...

Je connaissais un peu qui était Paul Bibeau mais grâce à vous, je vais me coucher ce soir un peu moins ignorant !

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