Le Grand Club se refait une beauté! Plus que quelques jours avant son lancement, merci de votre patience!

vickie6535

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le concours...

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L’été 1973 est passé, je me retrouve au secondaire... Dans une nouvelle école, ou on parle beaucoup de hockey, mais surtout et évidemment DU Canadien... Ah! Là je suis en terrain connu... Du moins, je croyais... Le lendemain d’une partie, les gens ne parlaient que du match et la plupart connaissait le résultat final... Chez moi, je devais me coucher après la fin de la deuxième période et, le matin venu, pas de journaux à la maison, juste un poste de télé qui présente des dessins animés le matin... Aucuns résultats sportifs…

J’ai demandé à mon père la possibilité que nous devenions abonnés au journal, mais la même réponse que nous n’étions pas assez riche revenait encore... De toutes façons, mon père m’indiqua qu’il préférait que je ne lise pas trop les journaux parce qu’ils relataient pleins de mauvaises choses... Moi, je ne voulais lire que la section sportive... Je ne voulais qu’arriver à l’école un peu mieux informée afin de pouvoir assurer une discussion sans avoir l’air fou... Je devais alors prendre les grands moyens…

Vers la fin de septembre, j’appris que le camelot de mon secteur abandonnait sa route... J’appelai tout de suite la direction du journal et une personne est venue chez moi... Trop jeune!... Le verdict était tombé... J’étais trop jeune et trop frêle pour soulever les lourds journaux... L’édition du samedi était beaucoup trop lourde pour une fille comme moi... Et de toute façon, la très grande majorité des camelots étaient des garçons... Les filles gardaient les enfants... Moi, je ne voulais que lire la section sportive…

J’ai débuté ma carrière de camelot le lundi suivant... J’étais trop jeune et trop frêle, mais ils avaient vraiment besoin d’un camelot... Je devais me lever trois quarts d’heures plus tôt, et je devais me lever le samedi matin... Le dimanche était la seule journée de congé... Mais il n’y avait pas de problèmes... Dorénavant, je pourrais enfin lire la section sportive…

Le livreur m’apportait le paquet de journaux quelques minutes seulement avant que je me lève... Donc, pas le temps de lire la section sportive avant de partir « travailler »... Je développai donc le principe de la lecture pendant le « travail »... Dans ma belle ville, le journal local était Le Nouvelliste... Ce n’était pas un format tabloïd comme Le Journal de Montréal, c’était un journal pleines pages comme La Presse... Pas très facile de lire un grand journal tout en « travaillant »…

J’ai du apprendre à lire en marchant, et à lire en traversant la rue... Pas très sécuritaire, mais je me renseignais sur LE Canadien... Les jours de pluie, je ne pouvais lire en marchant, alors je marchais plus vite et je prenais une petite pause à la moindre petite abri de chacune des maisons... Un « car port » faisait très bien l’affaire... Suffisait d’avoir terminé mon « travail » avant qu’il soit temps de prendre l’autobus pour l’école…

Il n’y avait que deux semaines d’écoulés que j’avais déjà appris beaucoup de choses... Comme le fait que l’édition du samedi était vraiment plus volumineuse et lourde que celle des autres jours... Le premier matin, je n’arrivai même pas à soulever mon sac... J’ai du couper le nombre de copies de moitié et faire mon trajet en deux parties... Et vraiment pas facile de lire un journal si épais tout en marchant…

Un lundi matin bien comme les autres, le livreur est venu m’apporté mon paquet de journaux et il y avait une feuille de couleur qui accompagnait les journaux... Un concours de recrutement... Pour chaque nouveau client trouvé, il y avait une récompense... Un nouveau client, un petit cadeau... Deux nouveaux clients, un cadeau un peu plus gros... Trois nouveaux clients, un cadeau moyen... Et ainsi de suite jusqu’à huit nouveaux clients, un billet pour LE Canadien, au Forum de Montréal…

Je venais de lire les mots magiques: un billet pour LE Canadien, au Forum de Montréal... Je n’ai pas lu le journal ce lundi matin... Je n’ai lu que la feuille du concours et ses règlements... Puis je l’ai relue... Puis je l’ai relue... Puis j’ai rêvé... Puis j’ai re-rêvé... Une sortie au Forum de Montréal, pour voir évoluer LE Canadien... Je n’ai jamais vu jouer LE Canadien « en vrai »... Et je n’ai jamais été à Montréal…

Le concours stipulait que nous n’avions que quatre semaines pour trouver les nouveaux clients... Et les nouveaux clients devaient s’abonner pour un minimum de dix semaines... Au souper, je demandai à mon père la possibilité que nous devenions abonnés au journal, mais la même réponse que nous n’étions pas assez riche revenait encore... Je suppliai mon père mais la réponse resta la même... Comment mon propre père pouvait-il me faire faux bond?…

Le premier soir venu, dès l’arrivée de l’école, je m’empressai d’entreprendre mon porte-à-porte à la recherche de nouveaux abonnés sur mon secteur... Mais je ne trouvai aucune réponse affirmative... Le lendemain, je fis le reste de ceux qui n’étaient pas abonné, et un de ceux-là accepta... J’avais un premier nouveau client!... Le huitième du chemin était parcouru... Mais, j’avais frappé à toutes les portes que je pouvais…

J’appelai mon représentant des camelots et il m’expliqua que je pouvais trouver un nouveau client peut importe son adresse, peut importe son secteur, en autant qu’il habite un secteur desservi par le journal... Je fis donc du porte-à-porte tous les trois soirs restant de la semaine, dans des rues toujours de plus en plus loin de la mienne, et je trouvai un deuxième client...

La semaine suivante, je trouvai mon troisième client... Beaucoup plus facile de trouver des « non » et même des insultes... Souvent, la personne essayait de rester gentille tout en m’expliquant qu’on frappait régulièrement à sa porte pour l’inciter à s’abonner et que sa réponse resterait négative de toute façon... Je sentais qu’il serait probablement impossible de trouver huit nouveaux clients... Je devais trouver d’autres idées…

Pas facile de trouver de bonnes idées lorsque l’on n’a que douze ans, mais quand on veut à tout prix, on peut à tout prix... La fin de semaine suivante, je me parquai donc en face du magasin Woolco, juste devant les portes d’entrée et sollicitai les clients... Certaines personnes n’écoutaient même pas ce que j’avais à dire... Finalement, j’ai obtenu mon quatrième nouveau client... J’étais à prendre les coordonnées de la dame lorsqu’un employé du Woolco sortit et me demanda de partir sur le champ, que je n’avais pas de permis pour faire ce que je faisais... Je devais trouver d’autres idées…

J’essayai devant le restaurant A&W mais sans aucun succès, l’aventure n’aura durée que quelques minutes... J’essayai devant l’épicerie Dominion et j’ai eu l’impression qu’ils m’avaient vue venir, ce fut un non catégorique... Pas de sollicitation... Le soir venu, je fabriquai une petite annonce que j’allai placer sur le babillard qu’il y avait au Dominion... Deux jours plus tard, l’annonce n’y étant plus et on m’appela pour me dire qu’il fallait une autorisation pour afficher... Je devais trouver d’autres idées…

J’essayai de trouver des nouveaux clients par téléphone, mais je tombais toujours sur quelqu’un qui me disait être déjà abonné... La fin de semaine suivante, j’essayai devant le nouvel aréna... Il aura fallut plus de deux heures pour que je trouve mon cinquième nouveau client... J’essayai du mieux que j’ai pu, mais je n’avais plus d’idée et de moins en moins d’espoirs, la date limite étant le lundi matin suivant...

Le dimanche matin, nous revenions de l’église, lorsque le téléphone sonna... Un homme voulais me parler et me dit qu’il désirait s’abonner... Il avait trouvé mon numéro, par hasard, au babillard de l’épicerie Dominion... Je lui ai dit qu’il était trop tard, que de toutes façons, je ne trouverais pas les huit nouveaux abonnés nécessaires... Mais il tenait absolument à ce que je vienne chez lui et que je lui explique pourquoi c’était si important pour moi ce concours... Je n’avais rien à faire, c’était très loin, mais j’y allai…

L’homme habitait une très belle maison... Il m’offrit un verre de lait et je lui expliquai ma passion pour LE Canadien... Il aimait... Il écoutait et semblait aimer LE Canadien mille millions de fois plus que moi... « Dans ce cas, si tu veux vraiment aller au Forum pour voir LE Canadien, j’ai deux nouveaux abonnés pour toi! », me dit-il... J’étais folle comme un balai... Je lui ai fait mention que, grâce à lui, il ne me manquait plus qu’un seul nouvel abonné... Il me dit d’attendre un peu dans le salon, et qu’il reviendrait…

Le salon était rempli de prix, d’honneurs et de photos de tous genres... Sur chacune des photos, il y avait un homme que je ne connaissais pas, et qui ressemblait étrangement à celui qui m’avait accueillit... Il y avait aussi la photo de notre nouvel aréna, l’« Aréna Jean-Guy Talbot »... Ce nom revenait sur chacun des prix et honneurs... L’homme revint, et je lui demandai s’il était Jean-Guy Talbot... Il sourit, et me dit fièrement que oui... Et je répondit : « WOW!... c’est vous qui avez construit l’aréna! »... Il me sourit…

Il avait en main le nom d’un nouvel abonné... « Ou trouvez-vous tous ces personnes? »... « Tu sais, je connais beaucoup de gens ici, et beaucoup de gens me connaissent... Tu es heureuse? »... Je n’entendais même plus ce qu’il disait... Une seule idée me trottait par la tête... Je le serrai dans mes bras, en larmes, et je parti en sautillant... Grâce à l’homme qui avait construit l’aréna, j’irais voir LE Canadien au Forum de Montréal... Je n’arriverai pas à dormir d’ici là, c’est sûr, mais c’est tant pis…

La semaine qui suivi, mon représentant des camelots m’indiqua que la direction du journal avait conclu qu’ils avaient mit la barre trop haute... Tous ceux qui avaient trouvé quatre nouveaux abonnés et plus seraient du voyage... J’étais quand même celle qui en avait trouvé le plus... J’étais très fière de ce que j’avais accompli et, peut importe, j’irais voir LE Canadien…

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le déménagement...

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Il y a de ces journées qui ne ressemblent en rien aux autres... Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas… La journée du jeudi 28 décembre 1944 serait banale pour certains, mais pas pour d’autres... Certains même s’en rappelleraient toute leur vie... Lors d’une entrevue donnée au journaliste Jean-Paul Sarault, dans les années ’80, Maurice Richard confiait que son meilleur moment en carrière, il l’a connu en ce 28 décembre 1944…

Richard n’en était alors qu’à sa troisième saison chez LE Canadien, sa deuxième complète... Il avait marqué cinq buts en seize parties lors de sa saison recrue, puis trente-deux en quarante-six parties la saison suivante... Il ajouta douze buts en neuf parties éliminatoires... Cette saison s’annonçait encore meilleure, ayant dix-neuf buts en vingt rencontres... Puis, il y eut le 28 décembre 1944…

Richard, aidé de l’un de ses frères, passa la journée à déménager sa petite famille du troisième étage d’un logement de la rue des Érables à un deuxième plancher de la rue Papineau, pas très loin de là... Il se présenta ensuite à temps au Forum pour y affronter les Red Wings de Détroit, prenant soin de prévenir ses coéquipiers de ne pas compter sur lui parce qu’il était complètement exténué... Il avisa également l’entraîneur Dick Irvin qu’il se sentait trop fatigué et pas suffisamment en forme pour disputer le match...

« Je lui ai demandé congé », confia Richard... « Il insista pour que je joue car un match contre Detroit était toujours primordial »... Dick Irvin avait beaucoup confiance en Richard à ce moment-là et lui avait dit de ne pas s’en faire, de simplement faire de son mieux, qu’il commencerait la partie et qu’il verrait ensuite...

La partie était d’une très grande importance... LE Canadien, fort d’une fiche de quatorze victoires, quatre défaites et deux matchs nuls, trônait au premier rang de la ligue avec trente points au classement en vingt parties... Les Red Wings suivaient de très près un point derrière et les Maple Leafs étaient à cinq points de Détroit... Cependant, les Red Wings étaient considérés comme une puissance en attaque, ayant marqué 102 buts, quinze de plus que les Bruins, vingt de plus que les Maple Leafs, et vingt-huit de plus que LE Canadien... Défensivement, LE Canadien n’avait accordé que 47 buts, vingt de moins que les Red Wings, et vingt-trois de moins que les Maple Leafs... Forts de leur puissante offensive, pour cette partie, les Red Wings optèrent de jouer un style très ouvert...

Les encouragements de Dick Irvin ont portés fruits dès le début du match... Le jeu n’était vieux que d’une minute et 17 secondes lorsque Richard ramassa le rebond du tir de Léo Lamoureux et logea la rondelle dans le filet des Red Wings... LE Canadien conserva une pression constante et obtint une bonne douzaines de chances avant que Détroit ne puisse tirer une seule fois sur le gardien Durnan... Puis Toe Blake marqua le deuxième but DU Canadien, vers la fin de la période, à 16 minutes 52 secondes, lors d’une mêlée devant le filet des Red Wings... Richard et Lamoureux obtinrent des assistances...

LE Canadien a tourné le jeu en rigolade à la deuxième période lorsque Richard marqua deux buts en seulement huit secondes d’intervalle, dans la première minute et demi de jeu... Son premier fut marqué à 1 minute 19 secondes et le deuxième à 1 minute 27 secondes... Lach et Blake, ont obtenus chacun une aide sur chacun des deux buts... On s’est vite aperçu que Richard allait connaître une de ces soirées ou il semble avoir la touche d’un génie du hockey... Il faisait des jeux à faire dresser les cheveux sur la tête que lui seul est probablement capable de faire...

Elmer Lach a marqué le cinquième but DU Canadien, à 8 minutes 3 secondes, lorsqu’il a sauté sur un rebond de Richard, puis Richard a marqué son quatrième de la rencontre, à 16 minutes 58 secondes, sur une passe de Eddolls, portant la marque à 6 à 0 pour LE Canadien... Richard avait six points…

LE Canadien était partout sur la glace et la rondelle semblait les suivre partout ou ils allaient... Même les passes les plus difficiles semblaient être devenues faciles... Buddy O’Connor, qui a joué du très bon hockey, dans les deux sens de la patinoire toute la partie, a marqué le septième filet pour LE Canadien, quand il a accepté une passe de Dutch Hiller, à 18 minutes 12 secondes, pour clore le score de la deuxième période... Richard n’obtint pas de point…

Le gérant des Red Wings était si furieux après la deuxième période qu’il retira Don Grosso, qui avait pour mandat de surveiller Richard, pour le remplacer par Carl Liscombe... Mais le mal était déjà en bonne partie fait... Dans la dernière période, la foule record de 12744 partisans du Forum, conscient que Richard était sur la voie à un nouveau record, se levait en bloc et rugissait de joie chaque fois que Richard touchait la rondelle...

A 9 minutes et 17 secondes de la dernière période, Richard a volé la rondelle à un joueur des Red Wings et s’en alla seul contre le gardien Lumley... Il fit une feinte qui sortit le gardien de son filet et lança le disque dans une cage devenue déserte, un but sans assistance... Richard venait d’inscrire son cinquième but de la rencontre, son vingt-quatrième de la saison, et récoltait un septième point dans cette rencontre, égalant le record de la NHL jusque alors détenu par trois joueurs…

Carl Liscombe, des Red Wings de Détroit, avait marqué trois buts en plus de récolter quatre assistances, le 5 novembre 1942, dans une victoire sur les Rangers de New York et le gardien Buzinski... Max Bentley, des Black Hawks de Chicago, avait récolté quatre buts et trois assistances dans une victoire contre les Rangers de New York et le gardien Bill Beveridge, le 28 janvier 1943... Don Grosso, des Red Wings de Détroit, marqua un but et amassa six assistances, le 3 février 1944, contre les Rangers de New York et le gardien McAuley... Syd Howe, des Red Wings de Détroit détenait le record de la NHL pour le nombre de buts dans une même partie, avec six…

Un peu après la mi-chemin de la période finale, à 13 minutes 16 secondes, Syd Howe, co-détenteur du record, a bousillé les chances de jeu blanc de Bill Durnan et évité la risée pour les Red Wings, quand il a tiré la rondelle dans le filet DU Canadien lors d’une mêlée... Bruneteau et Grosso ont été créditées d’assistances...

La foule continuait à retenir son souffle lorsque Richard a eu une très belle chance de marquer un sixième but, mais Lumley fit un arrêt impossible... Finalement, à quelques secondes de la fin de la partie, Richard s’est emparé de la rondelle du coin de la patinoire, a fait une passe savante à Blake qui le relaya aussitôt à Lach qui marqua, à 19 minutes 47 secondes... Ce fut l’hystérie totale dans le Forum et, lorsque l’annonceur maison indiqua officiellement que Blake et Richard récoltaient une assistance sur le but, les partisans haussèrent encore plus le ton…

Richard venait de récolter un huitième point et battait le record de la ligue... Il termina donc la rencontre avec cinq buts et trois assistances, Lach termina sa soirée de travail avec deux buts et trois assistances, et Blake termina avec un but et deux assistances… Au total, le trio a récolté huit buts et huit assistances...

L’arbitre du match était Clancy et Murray et Mullins étaient les juges de lignes... Une foule record de 12744 spectateurs s’étaient entassés comme des sardines partout dans le Forum... LE Canadien termina la rencontre avec 34 tirs au but contre 19 pour les Red Wings... Mosdell et Wochy ont été punis en première période alors que Richard le fut en deuxième...

Ces performances permirent à Blake d’accentuer son avance en tête des pointeurs avec 37 points, Richard se retrouvait deuxième avec 33, à égalité avec Cowley des Bruins de Boston, et Lach monta quatrième avec 31... A la fin de la saison, Lach termina premier de la ligue avec 26 buts 54 assistances et 80 points, Richard était deuxième avec 50 buts 23 assistances et 73 points, et Blake termina troisième avec 29 buts 38 assistances et 67 points... Ce total de 220 points pour le trio sensationnel éclipsait celui de 219 établi l’année précédente par Bill Mosienko, Clint Smith et Doug Bentley des Black Hawks de Chicago…

“Jamais au cours des récentes années, un joueur avait mis une telle énergie, une telle détermination, un tel enthousiasme dans son jeu... Et si Richard a fourni hier soir la plus sensationnelle exhibition de sa carrière, ce n’est pas exclusivement parce qu’il a compté tous ces points, mais bien par son jeu électrisant toute la soirée et la façon dont il a enregistré ses divers buts…”, selon le journal La Presse…

« Ce Maurice Richard est le meilleur joueur de hockey que j’ai vu au cours des vingt dernières années », a déclaré Jack Adams, gérant des Red Wings de Détroit, au journaliste du journal La Presse après la partie... « Il est supérieur à Syl Apps, à Milt Schmidt et à tous les grands centres des temps modernes... Je vous dis qu’il est vraiment merveilleux », ajouta-t-il... Adams dut certainement regretter de ne pas avoir observé les conseils de Happy Day, des Maple Leafs, qui lui avait déclaré que la seule façon de livrer une lutte contestée AU Canadien était de jouer sur la défense, de surveiller étroitement tous les mouvements de la première ligne DU Canadien et surtout ceux de Richard…

Richard était là souriant et écoutant d’une oreille, répondant modestement en soulignant Lach et Blake chaque fois que quelqu’un venait le félicite... “Il ne se sentait pas très bien avant le match... Le soir qu’il se sentira bien, il va bien obtenir au moins dix buts”, a déclaré l’heureux et excité Getliffe... Le Rocket gardait un grand sourire... C’était la plus belle soirée de sa carrière sensationnelle de hockey…

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l'écoeurantite...

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Papa, maman…

Je ne sais pas à quel âge ça commence, probablement c’est différent pour chacun, mais je crois que, dès que tu as tes premiers contacts avec le hockey, dès que tu as tes premiers contacts avec LE Canadien, tu veux apprendre à patiner, tu veux apprendre à jouer au hockey, et tu veux jouer pour LE Canadien... Tu ne te demandes pas si tu as le talent inné de pouvoir un jour jouer pour LE Canadien... Tu te dis tout simplement qu’un jour, tu joueras toi aussi pour LE Canadien...

Après avoir tanné tes parents mille fois que tu voulais avoir une paire de patin, pour apprendre à patiner et pour jouer pour LE Canadien un jour, ils ont fini par te dire que tu en auras à Noël, si tu as été sage... A ce moment-là, c’est le Père Noël qui te les apportera... Toute ta future carrière est entre ses mains... La balle est dans ton camp, c’est à toi d’être sage... Et si tu n’es pas sage, peut importe ton talent, ta carrière n’aura jamais lieu... Tu ne joueras jamais pour LE Canadien…

Le Père Noël a décidé que tu avais été sage, et tu as eu ta première paire de patin... Un jour, tu seras un joueur DU Canadien!... Tu apprends à patiner, puis tu demandes un bâton de hockey, une rondelle et un gilet DU Canadien... Tes parents finissent par t’acheter tout cela... Tu apprends à jouer au hockey, puis tu te rends compte que le talent ne suffit pas... Le tien, en tout cas... Il va falloir travailler un peu, et pratiquer...

Vient tout de même un temps ou tu te rends compte que tu es bon... Du moins, que tu es supérieur à la moyenne des autres joueurs de l’équipe... Dans mon cas, j’ai vite cru que j’étais le meilleur... Déjà, au niveau novice, on m’a classé « BB » dès la première année, et j’ai même été appelé à remplacer des absents dans la catégorie « AA »... A la deuxième saison dans ce niveau, on m’a immédiatement classé « AA » et j’ai même été appelé à remplacer des absents dans un niveau plus élevé…

Très vite, d’autres gens ont commencé à se rendre compte que j’étais bon... Du moins, que j’étais supérieur à la moyenne des autres joueurs de l’équipe... Dans mon cas, ils ont vite cru que j’étais le meilleur... Lorsque tu es assez bon pour ressortir à travers les autres, les parents des joueurs de ton équipe s’en rendent compte bien assez vite... Les parents des joueurs des autres équipes s’en rendent comptent bien assez vite aussi... Et tes parents à toi, ils s’en sont rendus compte encore plus vite…

Je me suis senti comme un super joueur... J’étais comme une super-vedette... Je me suis dit qu’un jour, je serais un joueur DU Canadien... Je me voyais dans l’uniforme bleu blanc rouge, arborant fièrement le logo historique, et portant fièrement mon nom, Tremblay-Tanguay, au dos, avec mon numéro « 50 », mon numéro préféré...

A partir de ce moment, tu n’as plus à demander... Il te faut de nouveaux patins, ceux de l’an passé sont trop petits... Il te faut un nouveau bâton, celui de l’an passé est trop lourd... Il te faut un nouveau casque protecteur, celui de l’an passé est trop petit... Il te faut un nouveau gilet, celui de l’an passé est trop petit... Il te faut de nouveaux gants, ceux de l’an passé ne sentent plus bon... Il te faut de nouveaux bas, ceux de l’an passé sont délavés... Il te faut une nouvelle coquille, celle de l’an passé…

Tout t’arrives parce qu’un jour, tu seras un joueur DU Canadien... Il n’y a plus que toi qui y croit, tes parents aussi, les parents des joueurs de ton équipe, et les parents des joueurs des autres équipes y croient aussi... Il n’y a que ta petite sœur qu’y n’y croit pas... Du moins, elle aimerait pouvoir y croire... Parce que elle, elle aimerait bien faire du patin artistique, ou autre, mais elle ne peut plus... Tes parents investissent de plus en plus d’argent sur toi et il n’en reste plus pour la petite sœur...

Tout est beau, merveilleux et parfait, jusqu’au jour ou ils ne croient plus que tu seras un joueur DU Canadien... Ils en ont la conviction... Tu n’es plus un joueur de hockey qui vient à l’aréna pour participer à une partie de hockey entre joueur de ton âge et ton calibre... Plus rien ne ressemble au jeu que tu pratiquais sur l’étang gelé, avec les copains, alors que les équipes étaient divisées comme bon va le vent, et alors que les points n’étaient souvent pas comptés... La participation est devenue compétition…

Je n’ai jamais eu de problème avec la compétition, du moins, lorsque elle est saine... A l’école, ils ont enlevé une bonne partie de la compétition... On essaie de niveler par le bas et il ne faut pas dire aux pas bons qu’ils ne sont pas bons, ils pourraient abandonner... Il ne faut pas dire à ceux qui ont de la difficulté qu’ils sont inférieurs à la moyenne, on a enlevé la moyenne de groupe des bulletins... Plus moyen de se comparer entre nous... Mais moi, j’ai toujours eu un esprit de compétition avancé... Il est important pour moi d’être le meilleur de la classe... Et, sans fausse modestie, je le suis...

J’ai tourné beaucoup autour du pot jusqu’ici... Si je vous écrit cette lettre, chers parents, c’est que je sens que j’ai mal... Je sens que j’ai une écoeurantite aigue... Je ne sais pas comment le dire, mais je n’aime plus jouer au hockey, je ne m’amuse plus, je décroche... Certains diront que je ne suis pas fait fort, que j’abandonne facilement, que je ne supporte pas la pression, mais ce n’est une plus pression saine... J’en ai assez de me faire critiquer et crier après inutilement et de la mauvaise façon...

Je me rappelle de ce match, il y a deux ans, à ma dernière année pee-wee... Le fameux match ou nous étions à égalité au classement avec les Marmottes, et que le gagnant représenterait les petits Canadiens au Tournoi International de Hockey Pee-wee de Québec... Je sais à quel point ce match était si important, les entraîneurs nous en faisaient mention à tous les matchs et à toutes les pratiques... Je me rappelle que le jour du match, chacun de mes coéquipiers avaient l’estomac noué par le stress relié à cette partie…

Je n’aurais jamais du frapper le joueur adverse... Ce que j’ai fait, en ce début de troisième période, n’était qu’un automatisme... Vous me connaissez, le banc des punitions, je ne le connais pas vraiment... Mais, il y a de ces occasions, lorsque le stress est à son maximum, que rien n’est prévu d’avance, on réagit... Et je n’aurais jamais du réagir à sa charge... Je n’aurais jamais du utiliser mon bâton pour le frapper... Mais, lorsque tu fais un tel geste, faut-il vraiment que la planète entière te tombe dessus?…

Lorsque j’ai frappé le joueur adverse, il n’a suffit que d’une fraction de seconde pour que je réalise que je venais de faire une erreur... Je devais apprendre de mon erreur, et ne plus jamais refaire un tel geste... Je devais m’infliger une punition à moi-même et en tirer les conclusions qui s’imposaient...

Mais, l’arbitre s’en est en bonne partie chargé pour moi... Une pénalité majeure de cinq minutes, un désavantage numérique de cinq minutes à ton équipe qui mène par deux buts... Quand tu vois l’arbitre t’infliger une telle pénalité, tu sens que le monde vient de s’effondrer... Que va-t-il arriver, est-ce que les joueurs de ton équipe pourront réparer ton erreur, est-ce qu’ils réussiront à écouler le désavantage numérique sans conséquences... Tu te sens cheap, et l’arbitre est là pour te le faire sentir encore plus…

Pendant que tu retraites au banc des pénalités, il y a tous tes coéquipiers qui te regardent d’un air méprisant et te punissent à leur façon... Tu t’assoies au banc des pénalités, et tu vois ta copine qui te regarde d’un air découragé et te puni à sa façon... A la fin de la partie, elle était déjà partie... Et tous les spectateurs, tous les parents des joueurs de ton équipe, n’ont plus aucun encouragement pour toi... Tu es devenu la tête de turc...

Les joueurs de l’équipe adverse ne manqueront pas l’occasion de te punir à leur façon... Ils ont marqué pas moins de trois buts, pendant ce cinq minutes, et ont pris l’avance par un... Et tu sais que le tour de l’entraîneur viendra... Tu as beau être le meilleur marqueur de l’équipe, il te cloue au banc jusqu’à la fin de la partie... Il ne te dit pas un mot, il te puni à sa façon... Tu sais que ton équipe perd par un point, tu sais que tu pourrais faire la différence... Mais le score est resté intact, j’ai fait perdre mon équipe... A la fin de la partie, personne ne te parle dans le vestiaire... Tu es seul, dans un coin de la douche…

Tu embarques dans l’auto, et tu sais que tu vas passer un mauvais quart d’heure... En fait, ton père ne dit pas un mot... Pas un seul, jusqu’à deux coins de rues de chez toi... Puis, c’est le déluge, les écluses sont ouvertes... Il entre violemment dans la maison, puis c’est ta mère qui demande : « Bon, qu’est-ce qu’il a encore fait? »... Comme si c’était régulièrement la même chose... Il explique brièvement ce qui s’est passé, à sa façon, et ta mère poursuit avec sa façon de te punir à son tour... Tu as droit à un : « Vas réfléchir dans ta chambre! »... Tu montes et tu croises ta sœur, dans le cadre de sa chambre, qui te regarde, sans dire un mot, mais avec un sourire tellement dévastateur... Ce soir, elle pourra faire tous les coups pendables, rien ne lui sera reproché…

Je n’ai jamais compris pourquoi nous avions quand même représenté les petits Canadiens au tournoi de Québec, au lieu des Marmottes... Ce que je me souviens surtout, c’est l’accueil que les partisans nous ont réservé, tout au long du tournoi, et surtout lors du match nous opposant aux petits Nordiques... L’annonceur maison avait beau répéter : « On ne hue pas un pee-wee, on l’applaudit », mais rien à y faire...

J’ai longtemps cru qu’un jour, je serais un joueur DU Canadien... J’ai longtemps cru que je pourrais jouer au hockey pour m’amuser... Mais, je ne m’amuse plus... Désolé…

Pierre-Luc-Olivier Tremblay-Tanguay…

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le corbeau...

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Il a été considéré comme l’un des défenseurs les meilleurs et des plus robustes de son époque, probablement l’un des premiers défenseurs offensifs de la National Hockey League... Du haut de ses 5 pieds 11 pouces, et de ses 200 livres, il n’hésitait pas à donner les coups d’épaules... Premier joueur à avoir porté autant l’uniforme DU Canadien que celui des Maple Leafs, son nom est gravé sue la précieuse Coupe Stanley, tout comme celui de son frère Con…

Bertram Orian “Pig Iron” Corbeau est né le 9 février 1894 à Penetanguishene, en la province de l’Ontario, Canada... Penetanguishene est un nom indien Ojibwa qui signifie « lieu des sables blancs en mouvement »... La ville est située dans le comté de Simcoe County, en Ontario, au sud-est de la baie Georgienne... Incorporée le 22 février 1882, sa petite communauté est composée environ du quart de résidents francophones, alors que le trois-quarts est anglophone... Parmi les joueurs ayant évolués dans la National Hockey League, outre Bert Corbeau, Patrick DesRochers et Chris Kontos sont aussi originaires de Penetanguishene…

Corbeau a joué son hockey junior de 1910 à 1912 avec l’équipe Penetang Hockey Club... En 1913, il signe son premier contrat professionnel avec les Crescents de Halifax, de la Maritime Professionnal Hockey League... Il y joue une saison, récoltant cinq buts en vingt-deux parties…

Le 23 décembre 1914, il signe avec LE Canadien de Montréal de la National Hockey Association, au poste de défenseur... Il est alors âgé de vingt ans... Il portera le numéro 11... Il obtient un but et une assistance en dix-huit parties…

C’est lors de la saison 1915-16 que Corbeau démontre ses réels talents... Il opte, cette saison, pour le numéro 3... Participant à vingt-trois matchs, il n’hésite pas à délaisser son poste de défenseur pour mener une montée en zone adverse, trouvant le fond du filet à sept reprises... C’est aussi lors de cette saison que ses adversaires découvre le joueur robuste qu’il est... Il terminera la saison premier au niveau des minutes de punition, avec 134 minutes... Il ajoutera 35 autres minutes, en cinq parties, lors de la première conquête de la Coupe Stanley par LE Canadien, la seule que Corbeau gagnera…

La saison suivante, son jeu est tout aussi robuste, récoltant 103 minutes de punition, mais Corbeau se concentre un peu plus sur son jeu offensif… Il récolte neuf buts et amasse cinq assistances en dix-neuf parties... Il participe à la finale de la Coupe Stanley, mais LE Canadien s’incline face aux Metropolitans de Seattle, de la Pacific Coast Hockey League…

Un nouveau règlement adopté par la National Hockey Association, fait en sorte que Corbeau se voir créditer d’un but sans même avoir lancé au filet... Lors d’une rencontre contre les Wanderers, le 6 janvier 1917, Corbeau s’élance seul contre le gardien... Un joueur des Wanderers lance son bâton pour empêcher Corbeau de marquer... L’arbitre du match siffle l’arrêt du jeu et décerne une pénalité “match foul”, ce qui accorde automatiquement le but au joueur qui allait tirer... LE Canadien remporte cette partie par un pointage de 9 à 4, et c’est Corbeau qui revendique le but gagnant, un vrai cette fois…

Lors de la dissolution de la National Hockey Association, le 26 novembre 1917, LE Canadien retient ses droits à l’occasion de la création de la National Hockey League... Corbeau fera son entrée dans la nouvelle ligue avec le numéro 2... Lors de cette première saison dans la NHL, il marque huit buts et ajoute huit assistances en vingt-une parties... LE Canadien ne participe pas à la finale de la Coupe Stanley…

La saison suivante, en 1918-19, il obtient deux buts en plus d’ajouter trois assistances, en seize parties... Il participe aux séries éliminatoires de la Coupe Stanley, alors que LE Canadien de Montréal dispute la finale aux Metropolitans de Seattle de la Pacific Coast Hockey Association, mais ne verra pas son nom gravé sur le précieux trophée... Alors que la série est égale, après cinq matchs, chacune des deux équipes ayant récoltés deux victoires, et un match ayant été nul, on décide d’annuler la finale à cause des ravages faits par la pandémie de la grippe espagnole... Corbeau est alors l’un des joueurs alités…

En 1919-20, il atteint un sommet personnel de dix-sept points, composé de onze buts et six assistances en vingt-trois parties... La saison suivante, il reprend le numéro 3... Il récolte à nouveau onze buts, et ajoute deux assistances en vingt-quatre parties... Son jeu robuste fait qu’il termine la saison dans les meneurs de la LNH avec 86 minutes de pénalité... Il joue une dernière saison avec LE Canadien, en 1921-22, récoltant trois buts et sept assistances en vingt-deux parties…

Mais Corbeau s’ennuie de plus en plus de sa famille, de sa femme et de ses enfants... Il demande AU Canadien de l’échanger, si possible, aux Tigers de Hamilton... LE Canadien exauce son souhait, le 1er octobre 1922, alors qu’il l’envoie aux Tigers en retour d’une somme d’argent…Il marque alors dix buts et ajoute quatre assistances en vingt une parties…

Mais Corbeau ne restera qu’une saison à Hamilton... Les Tigers l’échangent en compagnie de Amos Arbour et de George Carey, le 14 décembre 1923, aux St. Patricks de Toronto, contre Ken Randall, les droits sur Corb Denneny et une somme d’argent... Il récolte huit buts et six assistances en vingt-quatre parties en 1923-24, quatre buts et six assistances en trente parties la saison suivante, puis cinq buts et cinq assistances en trente-six parties lors de la saison 1925-26... Il est toutefois puni pour un total de 121 minutes et devient le premier joueur de la National Hockey League à atteindre le plateau des 100 minutes de punition en une seule saison…

Par la suite, les St. Patricks deviennent les Maple Leafs et Corbeau devient donc un des membres de la formation originale... Il devient aussi le premier joueur à avoir évolué à la fois pour LE Canadien de Montréal et pour les Maple Leafs de Toronto... Il récolte un but et deux assistances en quarante-une parties dans ce qui devait constituer sa dernière saison en tant que joueur de la National Hockey League…

Il signe en tant que agent libre, le 20 octobre 1927, avec les Falcons de Toronto de la Canadian Professionnal Hockey League, et y joue une saison... Il récolte cinq buts et deux assistances en quarante-une rencontres, ajoutant 112 minutes de punition... La saison suivante, en 1928-29, il signe avec les Panthers de London, de la même ligue, comme joueur et entraîneur... Il y joue neuf parties, sans obtenir aucun point, puis il se retire comme joueur mais demeure l’entraineur des Panthers…

Pour une décennie, il est arbitre de la National Hockey League... Puis, par la suite, il est entraineur de différentes équipes séniors de l’Ontario et de l’est des Etats-Unis... De 1939-40 à 1941-42, il est entraineur des Sea Gulls d’Atlantic City de la Eastern Hockey League... Son équipe remporte le United States National Championships en 1940-41…

Finalement, Corbeau délaisse le hockey et retourne vivre à Penetanguishine ou il deviendra directeur de l’usine Midland Foundry and Machine Company, une usine produisant différents biens utilisés par l’armée canadienne lors de la deuxième guerre mondiale…

Corbeau est décédé le 21 septembre 1942 lors d’un accident de bateau dans la Baie Georgienne, en Ontario... Après avoir complété avec succès un important contrat, Corbeau invita les gens de son usine à venir célébrer... Quarante-deux personnes acceptèrent son invitation, mais seulement dix-sept reviendront... Au retour du voyage, le bateau de Corbeau, le Wawinet, s’enlisa dans un banc de sable à l’extrémité sud de l’île Beausoleil…

Il était environ 21 heures 50 lorsque la tragédie prit forme... De grands jets d’eau s’engouffrèrent dans le navire à partir des hublots ouverts... Malgré les avertissements de Corbeau, les hommes en panique, se sont précipités à la sortie côté bâbord et le bateau pencha encore plus de ce côté, en prenant plus d’eau... Le bateau a rapidement commencé à couler... Corbeau a tout fait pour sauver le maximum de gens possible, y laissant sa propre vie…

En 1923-24, la compagnie de chocolat William Paterson émet une série de quarante cartes, dont celle de Corbeau... Bien que chacune des cartes communes de cette série, nommée V145-1, soient évaluées aujourd’hui à 100$, et que la carte numéro 15 de Howie Morentz vaut 3000$, la carte numéro 25 de Bert Corbeau est évaluée à 20000$... Une raison bien simple explique la valeur de la carte de Corbeau... La compagnie William Paterson avait promis une paire de patin en échange d’une série complète... Ne voulant pas distribuer trop de patins, la compagnie décida de tirer la carte de Corbeau en un nombre d’exemplaire très limité…

Son frère Connie “Con” Corbeau est né le 8 mai 1885, aussi à Penetanguishene… Con a joué au hockey avec une multitude d’équipes… On retrouve les équipes seniors de Toronto St. Georges et Victoria Harbour... On retrouve les équipes professionnelles de Professionals de Pittsburgh, des Miners de Calumet, des Canadien Soo, des Pros de Toronto, avec qui il participe à la finale de la Coupe Stanley, gagnée par les Wanderers de Montréal, puis l’équipe Pittsburh PAC, les Comets de Haileybury, les Dutchmen de Berlin, les Tecumsehs de Toronto, puis avec les Blueshirts de Toronto, avec qui il aura la chance de remporter la Coupe Stanley... Il a finalement joué avec les Miners de Glace Bay... Il fut également brièvement entraineur... Il est décédé le 14 juin 1920, à l’âge de 45 ans, à cause d’une hémorragie interne de son cœur…

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Mes premiers contacts avec le hockey auront été les cartes de hockey, ces bouts de carton colorés à l’effigie de chacun des joueurs de hockey... Par la suite, quand nous avons eu la télévision pour la première fois, après avoir vu quelques parties de hockey, j’apprenais à mieux connaître ce sport et je commençais à discuter de hockey à l’école... J’ai, un jour, dit que j’aimais bien les Bruins, et ce fut l’étonnement total chez mes amis…

Encore plus tard, lorsque j’ai voulu défendre mon amie et que j’ai frappé Normand, lui faisant saigner le nez, c’était un peu, en quelques sortes, à cause du hockey... Pour moi, c’était surtout pour défendre mon amie, mais pour lui, c’était surtout parce que ma tuque était aux couleurs DU Canadien, et qu’il était partisan des Bruins... Il se développait une certaine rivalité... Est vite venue la question : « Pour quelle équipe tu prends? »…

Je ne m’étais pas particulièrement posé la question jusqu’ici... Il fallait prendre pour une équipe en particulier?... Lorsque j’en discutai avec mon amie, elle me demanda tout bonnement : « Vickie, lorsque tu regardes une partie, pour quelle équipe tu prends? »... A bon!... Jusque là, je regardais le jeu et j’aimais bien lorsqu’un joueur marquait un but, ou lorsqu’un gardien faisait un bel arrêt... Mais pour moi, ce n’était qu’un jeu et, bien qu’il était important que l’une des deux équipes gagne, ça ne l’était pas vraiment pour moi…

Quand nous jouions au hockey bottine dans l’entrée, je cherchais à m’amuser... Même que l’on ne comptait pas toujours les points... Mais mon amie me demanda : « Lorsque tu regardes une partie, quelle équipe aimes-tu le mieux voir gagner la partie? »... « Je ne sais pas, Louise!... Les Bruins? »... Mes amis ne comprenaient pas... « Pourquoi tu prends pour les Bruins? »... « Je crois que je trouve leur uniforme bien beau »…

Je me souviens très bien que les deux premières parties de hockey que j’ai vues à la télé opposaient LE Canadien aux Bruins de Boston... Bien que notre télévision eusse été en noir et blanc, par le biais des cartes de hockey, j’avais associé que les Bruins étaient tout en jaune, blanc et noir... J’aimais bien le jaune, et j’aimais surtout le noir... Les Bruins étaient beaux dans leurs uniformes jaunes, blancs et noirs…

« Tu ne peux prendre pour les Bruins!... Ce sont nos adversaires! »... Eh oui!, ce sont des adversaires pour des partisans DU Canadien, mais tous ne sont pas des partisans DU Canadien... non?... On m’expliqua tout simplement qu’ici, tout les gens étaient partisans DU Canadien, que c’était comme cela, que c’avait toujours été comme cela... « Mais pourquoi LE Canadien? »... « Tout simplement parce que c’est notre équipe, notre équipe à nous, celle qui nous représente... On ne prend pas pour une équipe d’ailleurs! »…

Une équipe d’ailleurs!... C’était bien beau, mais pour moi, ailleurs était ou?... Je demeurais à Saint Louis de France, juste à côté de Cap-de-la-Madeleine, juste à côté de Trois-Rivières... Je ne suis même pas sûre que j’aie déjà été à Trois-Rivières une seule fois... Comment savoir ou est Montréal?... Comment savoir ou est Boston?... « Montréal, c’est ailleurs!... LE Canadien n’est pas notre équipe! »…

J’ai demandé à mon père pour quelle équipe il prenait... Mais mon père ne répondait jamais aux questions, il répliquait toujours avec une autre question... « Et toi, pour quelle équipe tu prends? »... « Euh, je ne suis pas trop sûre, j’aime bien les Bruins de Boston, et peut-être LE Canadien? »... L’étonnement avait envahie la figure de mon père... « J’ai toujours cru que tu prenais pour LE Canadien... C’est quoi cette histoire de prendre pour les Bruins?... Notre équipe, c’est LE Canadien! »…

J’ai demandé à ma grand-mère, farouche partisane DU Canadien, vous l’ais-je déjà dit?... Évidemment, je connaissais la réponse bien avant d’avoir posé la question... Pourquoi ma grand-mère était une farouche partisane DU Canadien, au point de s’emporter lorsque quelqu’un parlait en mal DU Canadien?... Parce que ma grand-mère était partisane DU Canadien, parce que mon père était partisan DU Canadien, devais-je nécessairement être partisane DU Canadien?…

Ma grand-mère ne me fut pas de grand recours, du moins à court terme... Elle ne voulait pas décider pour moi... Elle m’expliqua tout simplement qu’il en est une question de goût, de feeling... « Je ne crois pas que l’on naît avec une préférence pour une équipe... Je ne crois pas que l’on devient partisane d’une équipe en particulier pour une raison... Je crois que c’est quelque chose que l’on développe avec le temps à partir d’une multitude de raisons »…

« Quand tu regardes les parties de hockey, il va bien y avoir quelque chose qui va finir par t’attirer... Il y a un joueur qui, pour toi, va se démarquer des autres parce qu’il compte de beaux buts, parce qu’il fait de belles feintes, parce qu’il fait de beaux arrêts... Peut-être que ça ne sera pas pour son jeu sur la glace, mais pour sa façon d’être en dehors de la patinoire... Peut-être que tu n’aimeras pas un joueur en particulier mais plutôt un ensemble de joueur, une équipe »…

« Il y a autant de raison d’aimer une équipe en particulier qu’il y a de partisans... Moi, je préfère la crème glacée à la vanille et je n’aime pas celle au chocolat... Pour ton grand-père, c’était tout le contraire... Je ne peux expliquer pourquoi j’aime la crème glacée à la vanille et je ne peux expliquer pourquoi je n’aime pas celle au chocolat... Il y a des choix, des goûts, des attirances que l’on fait tout naturellement, sans se poser de questions »…

« Ton « nouvel » ami, Normand, qui est partisan des Bruins a ses raisons, et elles sont aussi bonnes que les tiennes... Tu m’as dit que son père était originaire du Vermont, probablement qu’il a toujours été un partisan des Bruins depuis sa tendre enfance et qu’il a transmit sa passion à son fils... L’important, ma grande fille, c’est que tu sois bien dans ton choix, et que tu respecte celui des autres »…

« Je ne te dirai pas pour quelle équipe tu devrais prendre, même si pour moi il n’y a qu’un choix logique, je sais que tu vas trouver de toi-même... Mais dis toi que le fait de prendre pour LE Canadien te viendra probablement naturellement... La plupart de tes amis sont partisans DU Canadien... Les gens parlent DU Canadien... La radio parle DU Canadien... La télévision parle DU Canadien... Les parties télévisées impliquent toutes LE Canadien... et si tu veux assister sur place, en personne, à une partie de hockey à laquelle TON équipe prends part, il en sera toujours plus facile d’aller au Forum que ailleurs…

Je ne voulais pas faire comme tous les autres et prendre nécessairement pour LE Canadien... Je m’étais dite que mon choix serait éclairé et non le fruit du hasard... Mais le hasard aura voulu que LE Canadien termine la saison au premier rang de la ligne, loin devant les Bruins, deuxième... LE Canadien n’avait connu que dix défaites de toutes la saison... Par contre, le meilleur marqueur de la ligue fut Phil Esposito, un Bruins…

La fin de l’année scolaire arrivait à grand pas... Comme à chaque année que je réussissais, ma grand-mère me félicitait d’un petit cadeau... Le hasard fit que cette année, ma grand-mère m’acheta un gilet DU Canadien... Un vrai de vrai, comme celui que porte les joueurs... Et, comme nous avions un voyage scolaire de fin d’année, ma grand-mère m’offrit le cadeau quelques jours plus tôt, afin que je puisse porter le gilet lors de ma sortie scolaire…

La sortie scolaire avait lieu à Frontier Town, un village thématique de cow-boys et d’indiens, à North Hudson, dans l’état de New York, de l’autre côté des frontières... J’étais fébrile juste à l’idée qu’il fallait traverser les frontières et changer de pays... J’étais rarement allée à Trois-Rivières, la grande ville de ma région, à moins de dix kilomètres de chez moi... Aucun voyage de plus de dix kilomètres, imaginez aller aux États-unis…

La journée fut superbe, jusqu’au moment ou notre groupe, alors que nous étions dans un petit train, s’est fait attaqué par des indiens... Ils sont entrés dans le train, puis m’ont vu... Deux d’entre eux m’ont prise de force et m’ont emmenée hors du train, avec eux, pendant que je hurlais et pleurais de peur... Pendant ce temps, d’autres volaient des bijoux et des montres aux autres... Tout était tellement réel…

Mais ce n’était que du théâtre, bien moche à mon goût... Au bout d’un certains moment, ils nous ont indiqué qu’il s’agissait d’une plaisanterie, et ont tout remis à leur place... Pour ma part, comme j’avais été la « vedette du jour », on me remis pleins de souvenirs de Frontier Town, et... un petit appareil photo... Je n’avais jamais eu de cadeau aussi précieux... Je serais une photographe... Je pourrais même être une journaliste…

Je n’ai jamais compris pourquoi ils m’avaient choisie... Mon professeur croyait que c’était à cause de mon gilet DU Canadien... « Ils ont devinés que tu étais une touriste, que tu n’étais pas américaines!... Ils ont compris que tu venais de Montréal! »... « Mais je ne viens pas de Montréal! »... « Je sais Vickie… Mais pour eux, c’est tout pareil... disons qu’ils ont compris que tu venais du Québec! »…

Il y avait quatre heures de routes à faire en autobus jaune, de North Hudson à Trois-Rivières... Tout le long du parcours, je n’avais d’yeux que pour mon appareil photo, et mon gilet DU Canadien... Ils avaient su que j’étais québécoise juste à mon gilet... Ils m’avaient reconnue... J’étais fière d’être québécoise... J’aimais beaucoup mon gilet... J’étais fière d’être partisane DU Canadien…

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